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Cancer colorectal
Responsable :
Pr Michel Ducreux
Contact :
+33 (0)1 42 11 57 99
E-mail
Comprendre la maladie
Dans la majorité des cas, les cancers colorectaux se développent à partir d’un polype, une lésion initialement bénigne de la muqueuse du côlon ou du rectum, qui peut évoluer progressivement vers une tumeur maligne en l’absence de dépistage et de traitement. Détectée à un stade précoce (localisé), cette pathologie présente un taux de survie à cinq ans supérieur à 90 %. Mais la faible participation au dépistage national et l’absence de symptômes au début de la maladie retardent de nombreux diagnostics.
Le cancer colorectal en chiffres
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47 000
nouveaux cas en 2023
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3e
cancer le plus fréquent
-
35 %
des personnes concernées participent au dépistage
-
71 ans
âge moyen au diagnostic
Les facteurs de risque
Gustave Roussy propose des consultations d'oncogénétique pour les personnes à risque élevé ou très élevé de cancers colorectaux, permettant d’obtenir un avis sur la surveillance et la prise en charge spécifique des patients jeunes atteints d'une prédisposition et des membres de la famille.
Alimentation déséquilibrée : une consommation élevée de viande rouge ou transformée et un apport insuffisant en fibres augmentent le risque.
Sédentarité et surpoids : le manque d'activité physique et l'obésité, en particulier abdominale, sont des facteurs bien établis.
Tabac et alcool : leur consommation régulière est associée à une hausse significative du risque.
Antécédents familiaux : avoir un parent du premier degré atteint d'un cancer colorectal multiplie le risque par 2 à 3.
Syndromes héréditaires : certaines mutations génétiques rares, comme le syndrome de Lynch ou la polypose adénomateuse familiale (PAF), exposent à un risque très élevé dès le jeune âge.
Polypes intestinaux : certains polypes (adénomes) peuvent évoluer vers un cancer s'ils ne sont pas détectés et retirés à temps.
L'âge : le risque augmente significativement après 50 ans, ce qui justifie le dépistage organisé proposé à partir de cet âge en France.
Maladies inflammatoires chroniques : la maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique (RCH) augmentent le risque, surtout en cas d'évolution prolongée.
Symptômes
Avec plus de 43 000 personnes touchées chaque année, le cancer colorectal fait partie des quatre cancers les plus fréquents en France.
Les symptômes à surveiller sont :
- Des troubles du transit intestinal, avec une constipation qui s’aggrave, une diarrhée qui ne passe pas.
- Des nausées et vomissements récurrents.
- Un besoin pressant d’aller aux toilettes.
- Des selles plus étroites que d’habitude.
- Une sensation d’évacuation incomplète du rectum.
- La présence de sang dans les selles.
Dépistage
Un dépistage national est proposé par l’Assurance maladie pour les personnes âgées de 50 à 74 ans. Malheureusement, entre 2021 et 2022, seulement 34,3% des personnes concernées ont réalisé le test de dépistage. Ce dernier, gratuit et réalisé à domicile, vise à détecter la présence de sang invisible à l’œil nu dans les selles. En cas de résultat positif, la personne est invitée à réaliser une coloscopie.
Pour plus d’informations sur le dépistage national du cancer colorectal :
- Davantage dépister le cancer colorectal pour sauver des vies
- Dépistage du cancer colorectal : ce qu’il faut savoir
Parallèlement, pour les personnes à haut risque de développer un cancer colorectal, comme dans le cas du syndrome de Lynch, le programme Interception, développé à l’Institut, propose un parcours dédié, dont l’objectif est d’accompagner et de proposer un suivi personnalisé à ces personnes en lien avec leur hygiène de vie.
Enfin, depuis mars 2026, un parcours du programme Interception est pensé pour les personnes à risque augmenté de cancer colorectal, mais sans prédisposition génétique.
Prise en charge
Gustave Roussy accueille chaque année plus de 3 000 patients atteints de cancer colorectal, pris en charge par le comité de pathologie digestive.
Le seul examen qui permet de faire le diagnostic du cancer colorectal est la coloscopie. La coloscopie virtuelle, examen d’imagerie comparable à un scanner abdomino-pelvien, n’est proposée qu’en cas d’échec de la coloscopie.
Le comité digestif de Gustave Roussy dispose d'un plateau technique d'endoscopie permettant aisément la réalisation d'endoscopies sous anesthésie générale :
- À but diagnostique : fibroscopie oeso-gastro-duodénale, coloscopie, écho-endoscopie
- À but thérapeutique :
- Ablation de polypes coliques par polypectomie endoscopique et/ou mucosectomie, dissection sous muqueuse.
- Traitement des sténoses des voies biliaires (CPRE - cholangiopancreatographie rétrograde, ou écho-endoscopie – anastomoses extra-anatomiques cholédoco-bulbaires, cholédoco-duodénale).
Avant toute décision thérapeutique, d'autres examens sont à réaliser pour apprécier l'importance de la tumeur et son extension locale, pour rechercher l'existence de métastases et pour évaluer l'état général du patient. Un bilan physique (examens cliniques, prélèvements sanguins, ECG) et psychologique est indispensable.
Le parcours COLODÉPIST
À Gustave Roussy, une consultation privilégiée de dépistage, appelée "Colodépist", vous est proposée en cas de test positif ou si vous avez des antécédents familiaux de cancer du côlon motivant une coloscopie.
Le parcours Colodépist est proposé uniquement aux patients habitant en Île-de-France.
Cette consultation est accompagnée d’un rendez-vous avec l’anesthésiste afin de programmer une coloscopie dans les meilleurs délais : elle sera organisée dans un délai de deux semaines par nos équipes. Cet examen est réalisé en ambulatoire, c’est-à-dire sans hospitalisation, sauf en cas de contre-indication. Vous pourrez donc rentrer chez vous le soir et manger normalement. Les résultats vous seront communiqués le jour même. L’analyse éventuelle des biopsies sera réalisée dans la semaine.
Pour prendre rendez-vous, merci de contacter le service d'endoscopie aux : +33 (0)1 42 11 57 99
Traitements et essais cliniques
Le choix du traitement du cancer colorectal dépend du stade, de la localisation du cancer et de l'état général du patient.
Ces traitements peuvent associer :
- La chirurgie, qui consiste à retirer le segment de côlon où se situe la tumeur. Grâce à l'expertise de ses équipes et à un robot chirurgical de pointe, Gustave Roussy effectue certaines interventions en chirurgie robot-assistée, pour limiter autant que possible les séquelles opératoires et préserver au mieux la qualité de vie des patients.
- La radiothérapie.
- La chimiothérapie.
- Les thérapies ciblées.
Rejoindre un essai clinique
De nombreux essais cliniques sont ouverts aux patients atteints cancers. Participer à un essai thérapeutique permet d'accéder à un traitement innovant, tout en contribuant au développement de nouvelles thérapies.
Recherche
L’équipe de recherche dirigée par Fanny Jaulin à Gustave Roussy est spécialisée dans la modélisation biologique des cancers colorectaux. Ce travail repose sur l’utilisation d’organoïdes, des répliques de tumeurs cultivées en laboratoire à partir de cellules tumorales prélevées directement chez le patient, généralement par biopsie. Les cellules tumorales sont ensuite multipliées au laboratoire afin de créer un avatar de la tumeur propre à chaque patient.
Ces organoïdes visent à comprendre les mécanismes d’invasion des cellules cancéreuses, ainsi que leur capacité à se disséminer dans l’organisme pour former des métastases, la principale cause de décès par cancer. Mais ces avatars sont aussi utilisés pour tester en amont l’efficacité de différents traitements afin d’identifier celui qui serait le plus efficace pour chaque patient. Les chercheurs ne se limitent pas aux traitements standards validés pour le cancer colorectal, mais étendent leur recherche aux médicaments utilisés dans d’autres cancers, afin de déterminer s’ils peuvent être efficaces pour un patient donné.
Qu'est-ce qu'un organoïde ?
Un organoïde est une réplique miniature d'une tumeur, cultivée en laboratoire à partir de cellules prélevées directement chez le patient par biopsie. Véritable avatar tumoral, il permet de reproduire fidèlement les caractéristiques biologiques propres à chaque patient.
Contact
Responsable : Pr Michel Ducreux
Contact :
Tél. : +33 (0)1 42 11 57 99
E-mail : avis.digestif@gustaveroussy.fr
Témoignage
Questions fréquentes
C'est un cancer qui se développe dans le côlon ou le rectum, à partir de petites lésions appelées polypes. C'est l'un des cancers les plus fréquents en France, mais aussi l'un des plus guérissables s'il est détecté tôt.
Sang dans les selles, changement durable du transit (diarrhée ou constipation inhabituelle), douleurs abdominales persistantes ou fatigue inexpliquée. Ces symptômes ne signifient pas forcément un cancer, mais méritent une consultation.
Tout le monde peut être concerné, mais le risque augmente après 50 ans. Avoir un parent proche ayant eu ce cancer, souffrir de maladies inflammatoires intestinales, ou avoir un mode de vie sédentaire avec une alimentation pauvre en fibres sont aussi des facteurs de risque.
En France, un test de dépistage gratuit est proposé tous les 2 ans aux personnes de 50 à 74 ans. Ce test simple se fait chez soi à partir d'un petit prélèvement de selles. En cas de résultat positif, une coloscopie est ensuite réalisée.
Oui, dans la majorité des cas s'il est pris en charge tôt. Détecté à un stade précoce, le taux de survie à 5 ans dépasse 90 %. C'est pourquoi le dépistage régulier est essentiel, même sans symptôme.