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N° 20
Novembre 2011
Lettre institutionnelle
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  Actualités

Une première série mondiale en chirurgie gynécologique

La chirurgie mini-invasive prend une place de plus en plus importante en gynécologie. Un nouveau pas vient d’être franchi à l’IGR, où une série de patientes atteinte d’un cancer du col de l’utérus vient d’être traitée par une technique innovante, dite Single port.

Malgré l’espoir soulevé par la vaccination, le cancer du col de l’utérus reste au niveau mondial le 2e cancer chez la femme. Grâce aux travaux du Dr Sébastien Gouy, spécialiste en chirurgie mammaire et gynécologique au département de Chirurgie générale de l’IGR, les patientes qui présentent une tumeur à un stade avancé bénéficient aujourd’hui d’une innovation technique. « Chez ces patientes, avant de débuter le traitement par radio-chimiothérapie, les ganglions lombo-aortiques situés dans l’abdomen doivent être ôtés chirurgicalement. Il existe en effet un risque d’envahissement par la tumeur qui pèse considérablement dans les facteurs pronostiques, explique le Dr Gouy. La technique que nous avons mise au point permet de réaliser cette intervention en pratiquant une seule incision cutanée très discrète, au lieu des cinq incisions habituellement nécessaires. »

Interventions mini-invasives

Concrètement, un examen d’imagerie médicale* vérifie si la tumeur s’est étendue aux ganglions. En fonction de ses résultats, la région à traiter par irradiation est élargie pour inclure les ganglions touchés. « Mais lorsque la tumeur est volumineuse – plus de 4 cm – il arrive dans 12 % des cas environ qu’elle atteigne les ganglions lombo-aortiques sans que cela ne soit détecté par l’imagerie. Le curage est la seule solution pour le vérifier et adapter le champ d’irradiation », poursuit le chirurgien. Cette intervention utilise une technique mini-invasive, la cœlioscopie, qui permet d’accéder à la cavité de l’abdomen sans ouvrir la paroi, en introduisant par de petites incisions cutanées des trocarts, sortes de grosses aiguilles. Mais elle laisse 5 ou 6 cicatrices inesthétiques, souvent mal vécues par des patientes encore jeunes. Le Dr Gouy a donc eu l’idée d’adapter une technique déjà employée en urologie ou en chirurgie digestive, dite Single port, ou trocart unique.
« Depuis janvier 2011, 19 patientes ont bénéficié de cette innovation à l’IGR ». Aucune complication n’a été à déplorer et les patientes affichent une meilleure satisfaction qu’avec la chirurgie classique. Il existe aussi probablement une atténuation de la douleur, toutefois difficile à quantifier. Désormais, le Dr Gouy pratique systématiquement cette intervention. « Mon objectif est de la pérenniser et de l’améliorer », conclut-il.

* TEP : tomographie par émission de positons.



   Décryptage

Colostomie périnéale pseudo-continente : une alternative à l’anus artificiel

Historiquement portée par l’IGR, cette technique chirurgicale peu diffusée offre une très bonne qualité de vie.

Après un cancer de l’anus ou du bas rectum, on peut être amené à retirer en totalité les sphincters de l’anus. La solution classique est alors de pratiquer une colostomie, c’est-à-dire une dérivation qui relie le côlon à la paroi de l’abdomen, où les selles sont recueillies dans une poche étanche. Cet « anus artificiel » est un système simple qui permet souvent une bonne qualité de vie. « Mais cette solution, qui altère le schéma corporel, est parfois très mal supportée », explique le Dr Frédéric Dumont, spécialiste de chirurgie digestive et hépato-biliaire à l’IGR.

Préserver l’intégrité corporelle

Dès 1990, une alternative a été  développée à l’IGR : la colostomie périnéale pseudo-continente. « L’abouchement se situe cette fois-ci au niveau du périnée. On utilise du tissu musculaire prélevé sur l’ancien côlon pour reconstituer un néosphincter, qui permet une bonne continence des selles », explique le Dr Dumont. Réservée aux patients demandeurs – souvent assez jeunes – et ne présentant pas de problèmes neurologiques, cette technique offre l’avantage majeur de préserver l’intégrité corporelle. En revanche, elle impose de pratiquer toutes les 48h. une irrigation via une sonde introduite dans la colostomie.
« L’IGR a été l’un des grands promoteurs de cette technique dans le monde, avec l’équipe toulousaine du Pr Lazorthes. Plusieurs études ont confirmé qu’elle est fiable, sûre et qu’elle offre une bonne qualité de vie», ajoute le Dr Dumont. Pourtant, la colostomie périnéale pseudo-continente n’est toujours pratiquée que par ces deux équipes pionnières en France, alors que neuf patients sur dix la plébiscitent. « Ils viennent parfois de très loin pour en bénéficier. Notre objectif est de renforcer la formation pour qu’un plus grand nombre puisse y avoir accès. »



  À noter aussi...





Une nouvelle ère : la « contractualisation »

L’IGR a officiellement lancé la « contractualisation interne », engagement pluriannuel fort pris entre la Direction générale et les départements à partir de contrats d’objectifs et de moyens (COM). La signature des deux premiers le 11 octobre 2011 a donné lieu à une table ronde qui a réuni une centaine de managers autour d’Alexander Eggermont, Directeur général, Charles Guépratte, Directeur général adjoint  et les deux chefs de départements pilotes : Jean Bourhis, (radiothérapie), Karim Fizazi (médecine oncologique).
Fondée sur la volonté d’offrir une large délégation aux acteurs de terrain, cette démarche a été unanimement reconnue par les partenaires comme facteur de modernisation des modes de gestion, d’organisation et de management, et comme levier de performance.
D’ici fin 2012, tous les départements auront signé leur COM avec la Direction générale.

Forte participation à la Journée Douleur de l’IGR

Patients et proches se sont rendus plus nombreux encore qu’en 2010 à la Journée Douleur organisée le 17 octobre dernier à l’Institut Gustave Roussy à l’occasion de la journée mondiale de lutte contre la douleur. Conçue pour favoriser les échanges et présenter les ressources de l’Institut en matière de prise en charge, la journée a permis des débats interactifs, grâce aux animations mises en place par les professionnels de l’IGR. Outre les conférences et les jeux de rôle, un film réalisé pour l’occasion a été projeté aux patients. Il invitait à réfléchir aux résistances individuelles à l’usage des opioïdes*.

* Médicaments anti-douleur dérivés de l’opium.

En savoir plus : la prise en charge de la douleur à l'IGR




Tout l'agenda de l'IGR

 
 

  3 Questions à…

Didier Motto, coordonnateur des plateaux techniques à la direction des Soins et organisateur des journées Manipulateurs Radio de l’IGR

Le 14 octobre s’est tenue la 2e journée des Manipulateurs Radio de l’IGR. Quel en a été l’objet ?

Initiée en 2010 et présidée par le Pr Schlumberger*, chef du département d’Imagerie médicale, cette journée propose aux manipulateurs en électroradiologie de l’IGR mais aussi externes ainsi qu’aux étudiants, une formation autour d’une thématique. Cette année, nous nous sommes intéressés au « Cancer de la prostate : du diagnostic aux traitements », sujet que nous avons exploré dans ses aspects aussi bien techniques, que médicaux, psychologiques ou de prise en charge de la douleur.

Pourquoi traiter ce thème de manière globale ?

C’est le concept même de cette journée : les manipulateurs radio sont des soignants à part entière, et non uniquement des techniciens. L’originalité de notre démarche est donc d’offrir des contenus sur tous les aspects de la prise en charge, qui tous concernent notre profession -quel que soit le secteur d’activité - surtout en cancérologie. Quand un patient suit par exemple un traitement de radiothérapie tous les jours pendant 5 semaines en moyenne, il est pris en charge par des manipulateurs. Il est donc important que ceux-ci soient associés à la prise en charge de la douleur et intègrent la dimension psychologique des soins.

Quel bilan faîtes-vous ?



Deux cent vingt personnes, dont 130 étudiants, ont participé à la journée, soit un peu plus que l’année dernière. Leur satisfaction s’est traduite lors des échanges, mais aussi dans les questionnaires d’évaluation. Date et thème sont déjà programmés pour l’année prochaine : le 12 octobre 2012, la journée sera consacrée aux « Cancers de l’enfant ». Nous espérons aussi avoir suscité des vocations, car même si la profession ne souffre plus de pénurie de personnels comme il y a quelques années, l’arrivée prochaine à l’IGR de nouveaux équipements nécessitera le renforcement des équipes.

* Également directeur de l’École de cancérologie de l’IGR.
  


  Portrait

Natacha Logé, infirmière principale de nuit dans le département de Pédiatrie


Soigner la nuit

Lorsque Natacha Logé obtient son diplôme d’infirmière en 1996, elle n’a qu’une envie : travailler en pédiatrie. Elle se tourne alors vers l’IGR et obtient un poste…. en équipe de nuit. Commence pour elle une vie professionnelle particulière - « de 19 h. à 7 h., 3 nuits par semaine » -, une vie en décalé qu’elle n’a jamais songé à changer car la pratique de nuit revêt des particularités auxquelles elle s’est vite attachée. « La nuit, l’Institut devient plus calme. Pour autant cela ne signifie pas que les soins s’arrêtent ! La prise en charge des patients est permanente, les soins étant administrés sur 24 h.  Notre métier est donc tout aussi technique que le jour. Des étudiants sont d’ailleurs accueillis en stage au sein de l’équipe, comme dans celles de jour. De plus, les relations humaines ont une dimension singulière. Le personnel étant moins nombreux que le jour, nous fonctionnons en équipe unique pour les 3 unités du service. Que ce soit entre collègues ou avec les patients, ce dispositif resserre indéniablement les liens », explique-t-elle.

Plus proche des patients

Outre les soins, il arrive parfois qu’il faille se substituer aux parents pour endormir les enfants. « Nous faisons fonction de maman ou de papa pour les accompagner dans le sommeil ou les aider à se rendormir. La présence des Dames en rose en début de nuit nous y aide. Cette démarche de confiance est importante pour que les parents puissent eux-aussi se reposer ». Côté qualités requises : « autonomie, discernement et réactivité sont indispensables », souligne-t-elle. Le service, qui compte 32 lits, accueille aussi les urgences, prises en charge en journée par l’hôpital de jour.
Elle ne cache pas que cette vie est assez fatigante, le plus difficile étant d’alterner les rythmes. Mais cela ne l’a empêché ni de construire une famille ni de progresser dans son métier. « Je suis la preuve qu’on peut s’épanouir et évoluer dans la profession en travaillant de nuit », insiste Natacha Logé, également diplômée en puériculture, et promue infirmière principale depuis 2005.


 


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