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N° 4
Octobre 2010
Lettre Scientifique

  Actualités


Pr Alexander Eggermont
nouveau Directeur général
de l’IGR

Le professeur néerlandais Alexander Eggermont a été nommé Directeur général de l’IGR à compter du 1er octobre 2010, pour une durée de 5 ans, succédant au Pr Thomas Tursz, qui quitte ses fonctions après 16 ans de mandat.

Alexander Maximiliaan Marie Eggermont est professeur de chirurgie oncologique à l'Université Erasmus de Rotterdam (Pays-Bas). Il dirige actuellement le département de chirurgie oncologique du centre universitaire de lutte contre le cancer Daniel den Hoed de Rotterdam. Il s'est spécialisé dans la recherche en immunothérapie et le soin des mélanomes et sarcomes, dans la recherche fondamentale en pathophysiologie et immunologie des tumeurs. Il a assuré la présidence de l'EORTC (European Organization for Research and Treatment of Cancer) de 2003 à 2006 et de l'Ecco (European CanCer Organization) de 2008 à 2010. Il préside actuellement l'Académie européenne des sciences du cancer.
Il doit sa bonne connaissance de la France a des parents professeurs de langue et à sa bourse d'études obtenue en 1975 pour un cycle de médecine interne à la Pitié-Salpêtrière. Un séjour qui lui a permis de suivre en même temps des cours de littérature française et de musicologie à la Sorbonne.

Une dimension internationale affirmée pour l’IGR

C’est la première fois qu’un ressortissant européen non français prend la tête d’un Centre de lutte contre le cancer (CLCC). Un signal fort pour l’Institut qui, à l’issue d’un processus collectif de redressement et de modernisation entamé depuis 2005, démontre aujourd’hui sa capacité à attirer des profils médico-scientifiques européens de premier plan.
Cette nomination vient souligner l’extraordinaire potentiel de développement scientifique de l’IGR. Elle représente également un atout de taille pour la candidature conjointe portée par l’Université Paris-Sud XI et l’IGR en vue de la reconnaissance en tant qu’institut hospitalo-universitaire.


   Décryptage

Cancer ORL : vers une meilleure qualité de vie

Responsable du Comité ORL à l’Institut Gustave Roussy (IGR), le Dr Stéphane Temam revient sur les spécificités de la prise en charge des tumeurs de la tête et du cou.

« Cette prise en charge est pluridisciplinaire, 60% des patients présentant des comorbidités associées, liées souvent à l’intoxication alcoolo-tabagique », explique-t-il. Elle prend en compte les dégradations résultant de la maladie et du traitement – difficultés à s’alimenter, atteintes de la phonation et de la déglutition, impact esthétique... – ainsi que leurs répercussions psychologiques, relationnelles et sociales.

La RCMI, nouvel atout thérapeutique

La tomographie par émission de positons (PETScan) est utile dans le cadre du bilan d’extension. En matière de traitement, le bénéfice en survie de la chimiothérapie concomitante à la radiothérapie est aujourd’hui confirmé aux stades avancés. « Pour les stades précoces, la radiothérapie conformationnelle par modulation d’intensité (RCMI ou IMRT en anglais) permet de mieux délimiter la tumeur et d’augmenter les doses d’irradiation sur le volume thérapeutique, tout en protégeant les organes autour, souligne Stéphane Temam. Elle réduit les séquelles post-thérapeutiques, notamment l’hyposialie, la sclérose des tissus et la dysphagie. » Exigeante en moyens humains et techniques, la RCMI peine à s’imposer en France. « À l’IGR, 30% de nos patients en ont bénéficié ces derniers mois et l’objectif est de passer à 80% », se félicite Stéphane Temam.
Quant à la chirurgie, elle progresse également,  avec une augmentation des interventions par voie endoscopique pour les tumeurs laryngées et pharyngées, l’avènement de la technique du ganglion sentinelle pour la cavité buccale et les développements de la chirurgie de reconstruction immédiate par lambeau micro-anastomosé.

Diagnostic en 1 jour : bilan positif

Première en France, le « diagnostic en 1 jour » a été mise en place à l’IGR en 2004 par le Dr Suzette Delaloge, responsable du Comité de Pathologie mammaire, pour réduire le temps de doute et d’errance diagnostique en cas de suspicion de cancer du sein. Avec un recul de 6 ans, le bilan est positif. Près de 9000 patientes ont été accueillies durant cette consultation hebdomadaire pluridisciplinaire. Elles ont rencontré en moyenne deux médecins et bénéficié des examens nécessaires ; 75% ont pu avoir leur diagnostic dans la journée (tumeur maligne dans 45% des cas). Malgré un impact émotionnel parfois important, les patientes se déclarent satisfaites à 90% et intègrent bien les informations délivrées. À partir du 28 septembre 2010, l'Institut met en place un second créneau « diagnostic en 1 jour », dédié aux femmes nécessitant une prise en charge diagnostique urgente.

L'équipe du Comité ORL


   En Bref





Des guides d’accueil patients réactualisés et multilingues

Le nouveau Guide d’accueil des patients et de leurs proches est paru. Contacts, démarches, services et activités, ce livret accompagne les patients et leur entourage lors de leur prise en charge à l’IGR. Il est disponible à tous les accueils de l’IGR. Pour la pédiatrie, le Guide d‘accueil pour les enfants et leurs parents 2009 est disponible au 9e étage, au sein du Département de pédiatrie. Une version en langue anglaise et arabe (adulte et enfants), Hand Book for patients and their relatives, est également proposée depuis le mois de septembre. Ce guide multilingue est mis à la disposition des patients aux accueils (central, hôpital de jour, pédiatrie, bureau d’Hassana Soudane au 6e étage pour l’accueil des patients de langue arabe).

Tous ces livrets sont téléchargeables ICI

Rapport annuel 2009

Le rapport annuel de l’année 2009 vient de paraître. L’occasion de faire un focus sur les 27 équipes de recherche ainsi qu’un point sur les résultats et objectifs de l’Institut.

Le consulter : téléchargement


 
 

  Portrait

Fabrice André, directeur de l’unité Biomarqueurs prédictifs et nouvelles stratégies moléculaires en thérapeutique anticancéreuse


À 38 ans, le Dr Fabrice André est l’un des piliers de la recherche translationnelle à l’IGR. Il a créé avec plusieurs de ses collègues l’unité U981.


Cette nouvelle unité est issue de la fusion de plusieurs unités. « Son objectif est d’accélérer l’identification de nouveaux biomarqueurs et de nouvelles cibles thérapeutiques », résume Fabrice André. Une nouvelle étape dans une carrière déjà bien remplie... Couronné par un prix au congrès de l’ASCO dès 2002, le médecin chercheur rejoint l’IGR en 2007 après un séjour au M.D. Anderson Cancer Center de l’université du Texas. Il y engage des recherches visant à identifier les anomalies moléculaires à l’origine des cancers du sein, à mettre au point des kits moléculaires de diagnostic et de dépistage et à développer des traitements personnalisés. Dans ce dernier domaine, il est responsable de deux larges essais thérapeutiques visant à démontrer l’intérêt des analyses génomiques à haut débit pour mieux sélectionner le traitement anticancéreux.
L’équipe a par ailleurs mis en évidence des perturbations de l’épissage qui constituent des cibles thérapeutiques et diagnostiques potentielles, et d’autres nouvelles cibles font aujourd’hui l’objet de validation fonctionnelle (FGFR1, CHEK1, récepteur à l’acide rétinoïque). D’autres recherches encore portent sur l’identification de biomarqueurs prédictifs de rechute ou de résistance à la chimiothérapie.
Plus largement, chaque équipe de l’UMR 981 poursuit ses recherches selon de grands axes définis par organe. À titre d’exemple, le groupe thorax dirigé par Jean-Charles Soria a démontré le rôle de la protéine de réparation de l’ADN ERCC1 comme marqueur prédictif de la résistance au cisplatine dans les cancers bronchiques et cherche aujourd’hui à définir de nouveaux biomarqueurs. L’équipe prostate dirigée par Anne Chauchereau travaille sur la résistance au docétaxel. « Mais l’unité a aussi pour objectif de développer de nouvelles technologies telles que les analyses moléculaires sur cellules circulantes (sous la direction de Françoise Farace) et le développement d’une puce d’analyse des kinases », ajoute Fabrice André.

En savoir plus sur l'unité du
Dr Fabrice André



  3 questions à...

Pr Michel Ducreux,  Secrétaire du Comité de pathologie digestive

Quelles sont les tumeurs malignes du péritoine traitées à l’IGR ?

Si l'on exclut les localisations péritonéales métastatiques, qui constituent la masse des cas rencontrés, les tumeurs malignes primitives du péritoine sont rares puisqu’on estime leur incidence en France à moins de 200 cas par an. À l’IGR, qui est pourtant l’un des plus grands centres de référence en France avec celui de Lyon, nous ne rencontrons ainsi qu’une dizaine de cas par an, essentiellement des mésothéliomes, des pseudomyxomes et des carcinomes séreux primitifs.

L’IGR vient d’être labellisé Centre expert régional des tumeurs rares du péritoine par l’Institut national du cancer (INCa)... Quelles sont ses nouvelles missions ?

L’organisation en réseau est incontournable tant pour le recueil d’informations que pour la standardisation des traitements. L’IGR a été intégré au réseau RENAPE (Réseau national des tumeurs malignes primitives du péritoine) dès 2007. Sa principale mission en tant que Centre expert régional est de coordonner la prise en charge des patients, notamment en assurant une activité de recours qui permet à chaque médecin du réseau de solliciter un avis sur les cas les plus complexes. Ceux-ci feront l’objet d’une discussion systématique en réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP) de recours. Par ailleurs, l’IGR doit participer activement à la recherche et colliger les cas rencontrés.

Cette labellisation récompense un travail de longue date...

Effectivement. L’IGR est pionnier dans le domaine de la chirurgie associée à la chimio-hyperthermie intrapéritonéale (CHIP), mise au point par le Dr Dominique Elias. Cette méthode innovante, qui associe à la chirurgie un bain de chimiothérapie chauffé à 42°C, est aujourd’hui parfaitement maîtrisée et a fait chuter le taux de récidive de 90% à 15 à 20%. Si le traitement reste lourd, le taux de mortalité est désormais inférieur à 4%. C’est donc un nouvel espoir qui s’offre aux patients...

Le Comité de pathologie digestive



Photo : Tomodensitometrie de pseudomyxome

 
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