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Cancer du rein
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Qu'est-ce que le cancer du rein ?

Le cancer du rein est la plus fréquente des tumeurs du rein. Il s'agit le plus souvent (environ 80 % des cas) d'un adénocarcinome, appelé aussi " adénocarcinome à cellules claires ". D'autres tumeurs malignes du rein sont beaucoup plus rares : les tumeurs tubulopapillaires ou papillaires, les carcinomes à cellules chromophobes, les tumeurs de Bellini, etc.
Pour chaque type de tumeur, le traitement est bien spécifique. L'identification du type de la tumeur est faite par l'analyse au microscope de la tumeur ou d'un fragment de tumeur (biopsie).
Certaines tumeurs du rein sont " bénignes ", c'est-à-dire sans risque de métastases à distance. C'est par exemple le cas des angiomyolipomes, tumeurs graisseuses, ou des oncocytomes. Bien qu'elles soient bénignes, leur ablation est parfois nécessaire, et le recours à un spécialiste est dans tous les cas indispensable.

Le cancer du rein est-il fréquent ?

Le cancer du rein représente 3 % des cancers de l'adulte dans les pays occidentaux.
En Europe, les pays du nord semblent être plus touchés que les pays du sud.
On note une augmentation de 2 à 3 % par an. Les personnes vivant en milieu urbain sont plus touchées que celles vivant en milieu rural.
L'âge moyen de survenue est de 62 ans. Les hommes sont 2 fois plus touchés que les femmes.

Y a-t-il des facteurs de risque ?

  • Le tabac
  • L'augmentation du risque est en moyenne multipliée par 1,8 et est liée à l'importance du tabagisme. On estime que le tabac a une responsabilité majeure dans l'apparition du cancer dans 25 à 30 % des cas.
  • L'obésité
  • L'hypertension artérielle et/ou les traitements anti-hypertenseurs.
  • Les expositions professionnelles. Certains produits chimiques tels que les sels de cadmium, les hydrocarbures polycycliques aromatiques ou les chloro-éthylènes, sont fortement suspects, sans qu'un lien formel ait été établi.
  • L'atrophie des reins chez les hémodialysés favorise la survenue de cancer, et justifie une surveillance particulière

Un cancer du rein peut-il être héréditaire ?

Il s'agit de cas rares (2 % des cas), à évoquer lorsque plusieurs personnes sont atteintes de cancer du rein dans une même famille, ou lorsque la tumeur survient avant 40 ans.
Il existe alors une anomalie génétique constitutionnelle, d'un ou plusieurs gènes, touchant toutes les cellules d'un individu, pouvant être transmis à la descendance. Un conseil génétique peut être proposé.
De nombreux gènes ont été récemment rapportés. Le plus fréquent est le gène VHL (de la maladie de Von Hippel Lindau), un gène indirectement impliqué dans le contrôle de la vascularisation des tumeurs.

Quels sont les signes, ou symptômes, qui peuvent alerter ?

Le cancer du rein est longtemps asymptomatique (ne donne pas de signe clinique). Il peut alors être découvert par hasard au cours d'un examen d'imagerie.
Le sang dans les urines (hématurie) est le principal signe d'alerte. Cette hématurie peut être microscopique, non visible à l'œil nu, et donc décelée lors d'un examen urinaire (ECBU).
Moins souvent, c'est une douleur située dans la région lombaire qui donne l'alerte.
Il peut s'agir également d'une fièvre isolée ou associée à une perte de poids, de la découverte d'une masse dans la région lombaire, d'un varicocèle (dilatation des veines spermatiques au niveau du scrotum) d'apparition récente.
Une altération de l'état général avec amaigrissement, fièvre, sueurs nocturnes peut parfois révéler la maladie, souvent à un stade plus avancé. Ces symptômes, qui constituent le "syndrome paranéoplasique", semblent liés à une sécrétion hormonale en excès (érythropoïétine, rénine, prolactine, ACTH, etc.).
Enfin, le cancer du rein peut être découvert devant une métastase " révélatrice ", localisée au poumon (le plus fréquent), à l'os ou dans d'autres organes.
Le cancer du rein est découvert à un stade localisé dans environ 75% des cas, et avec déjà des métastases dans 25%.

Comment le diagnostic est-il posé ?

Quel que soit le signe révélateur, le diagnostic est confirmé par des examens cliniques et radiologiques.
L'examen clinique est le plus souvent normal. Il peut mettre en évidence une masse dans la région lombaire, régulière ou bosselée, plus ou moins mobile, correspondant à la tumeur.
La numération formule sanguine peut faire découvrir une augmentation du nombre de globules rouges circulant dans le sang (polyglobulie), liée à la production excessive d'une hormone, l'érythropoïétine, signe évocateur de cancer du rein, ou au contraire une anémie témoin de l'inflammation. La mesure de la créatinine et de l'urée est importante pour évaluer la fonction des reins et la vitesse de sédimentation est utile pour évaluer l'existence d'un syndrome inflammatoire associé au cancer. Il n'y a pas de " marqueur " sanguin spécifique du cancer du rein.

Le diagnostic est principalement fait sur les examens radiologiques :
L'échographie abdominale permet de mettre en évidence une masse solide, avec parfois des calcifications. Elle permet également de faire un bilan d'extension du cancer.
Le scanner abdominal et pelvien permet de visualiser la tumeur rénale et parfois d'évoquer sa nature histologique. Le cancer du rein se traduit par l'existence d'une tumeur déformant le rein, d'une densité importante, qui augmente lors de l'injection de produit de contraste. Cet examen permet également de rechercher des métastases, notamment au niveau du foie, et un envahissement des veines ou des ganglions au contact de la tumeur.
Ces examens peuvent être complétés par une IRM, un scanner thoracique et/ou cérébral voire une scintigraphie osseuse.
Le diagnostic sera finalement confirmé par l'analyse anatomo-pathologique de la tumeur, soit après chirurgie, soit parfois après biopsie. C'est cette analyse qui permettra de dire si le cancer est un cancer à cellules claires (le plus fréquent), un cancer papillaire ou tubulo-papillaire plus rare, ou encore une forme plus exceptionnelle.

Comment l'extension du cancer est-elle évaluée ?

A l'issue du diagnostic, il est possible de donner un stade d'extension du cancer. La classification la plus utilisée est la classification TNM, T pour tumeur, N pour ganglion (node en anglais), et M pour métastases. Dans le cas du cancer du rein, la classification TNM est la suivante :
  • T1 : Tumeur intra-parenchymateuse de moins de 7 cm
  • - T1a : < 4 cm
    - T1b : > 4 cm
  • T2 : Tumeur intra-parenchymateuse de plus de 7 cm
  • T3 : Extension péri-rénale ne dépassant pas la loge rénale
  • - T3a : Extension à la graisse péri-rénale, ou la surrénale
    - T3b : Extension à la veine rénale ou cave sous-diaphragmatique
    - T3c : Extension à la veine cave inférieure sus-diaphragmatique
  • T4 : Extension régionale au-delà du fascia de Gérota
N0 : Pas de ganglion envahi
N1 : Adénopathie unique
N2 : Adénopathies multiples

M0 : pas de métastase
M1 : métastase à distance
 
Ceci permet de différencier les formes localisées, sans métastase, et les formes disséminées. Parmi les formes localisées, l'extension locale augmente le risque de rechute. C'est dans ces situations que l'on discute actuellement l'intérêt d'un traitement adjuvant.



Page modifiée le 18/12/2013 Haut de page Imprimer la page
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