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1er centre de lutte contre le cancer en Europe, 3 000 professionnels mobilisés

Villejuif, 19 avril 2016

Thérapies ciblées : deux études cliniques, portées par Gustave Roussy, remarquées au congrès de l’American Association for Cancer Research

Lors du congrès de l’American Association for Cancer Research (AACR – New Orleans, Louisiane, 16-20 avril 2016), un des grands rendez-vous mondiaux de la recherche contre le cancer, les présentations orales ou les posters portant sur les travaux des médecins-chercheurs de Gustave Roussy étaient représentés dans 18 sessions. Cette année, le Pr Jean-Charles Soria, chef du Département de l’Innovation Thérapeutique et des Essais Précoces à Gustave Roussy, était membre plénier du comité scientifique de l’AACR en tant que «co-chairperson».

Zoom sur deux présentations orales concernant des essais cliniques qui évaluent des thérapies ciblées. 


Cancers localisés du sein // Première démonstration du bénéfice important d’une thérapie ciblée avant la chirurgie

Lundi 18 avril, en conférence plénière, le Dr Monica Arnedos, oncologue à Gustave Roussy, a présenté les résultats de l’essai clinique POP. L’objectif de cet essai était d’évaluer l’effet antiprolifératif d’une thérapie ciblée, le palbociclib, administrée en comprimé sur une courte période à des femmes qui vont être opérées d’un cancer localisé du sein (95% des cancers du sein) par rapport à des patientes qui ne recevaient pas de traitement pré-chirurgical.

Les résultats ont démontré que le palbociclib éteignait la prolifération de certains cancers dits hormono-dépendants (60 à 70% des cancers du sein). Plus précisément, les chercheurs ont mis en évidence que le taux de la protéine Ki67 qui est un marqueur de la prolifération cellulaire avait diminué chez 72% des patientes contre 5% des femmes qui ne recevaient pas de traitement. «Nous ne nous attendions pas à une telle réponse. Ces premiers résultats sont très prometteurs pour les femmes atteintes d’un cancer du sein hormono-dépendant. Nous poursuivons nos recherches sur l’expression des gènes» commente le Dr Arnedos.

Aux Etats-Unis, le palbociclib est autorisé depuis juillet 2015 uniquement en association avec une hormonothérapie chez des femmes atteintes d’un cancer métastatique du sein n’exprimant pas HER2. Il cible les cyclines CDK4/6 qui sont très largement impliquées dans la prolifération et la croissance de nombreux cancers dont le cancer du sein.
Dans l’essai POP, les patientes reçoivent le palbociclib isolément « ce qui va contribuer à mieux comprendre son mode d’action et identifier des biomarqueurs prédictifs d’efficacité » précise le Dr Arnedos. C’est la première étude qui prouve l’efficacité du palbociclib en mono-thérapie sur des cancers localisés du sein.

Promu par Gustave Roussy, POP est un essai clinique randomisé de phase II qui a inclus 100 femmes atteintes d’un cancer localisé du sein. 74 patientes ont reçu 125 mg de palbociclib par voie orale avant la chirurgie, une fois par jour pendant 14 jours. 26 patientes n’ont reçu aucun traitement. Les biopsies étaient réalisées au moment du diagnostic et à l’exérèse chirurgicale.
Ce mode d’étude de courte durée est novateur et assez unique car il requiert de réunir sur un même site toute une chaine de compétences, savoir-faire et infrastructures diverses.
L’essai POP a bénéficié du soutien de la Breast Cancer Research Foundation et du laboratoire Pfizer.


Cancers du poumon métastatiques // Un essai clinique français ambitieux pour prouver le bénéfice de la médecine de précision

Egalement Président de la séance du 18 avril dédiée aux nouvelles thérapies dans les cancers du poumon non à petites cellules, le Professeur Jean-Charles Soria, Chef du Département de l’Innovation Thérapeutique et des Essais Précoces, a dressé un panorama mondial des quatre grands essais cliniques prospectifs en cours en médecine de précision dans les cancers du poumon métastatiques.
« L’essai français intergroupe SAFIR 02 Lung – UNICANCER 1305 / IFCT 1301 apparait comme le seul essai clinique qui compare de façon randomisée une stratégie guidée par la biologie à un traitement de maintenance standard. A son terme, il devrait démontrer la supériorité de la médecine de précision et valider l’utilisation de l’analyse du génome tumoral comme outil de décision thérapeutique » explique le Pr Soria.

L’originalité de SAFIR 02 Lung, par rapport aux autres essais mondiaux, réside dans sa conception. Son objectif est d’évaluer le bénéfice sur la survie sans progression de la maladie de thérapies ciblées par rapport au traitement standard actuel (chimiothérapie) chez des patients atteints d’un cancer du poumon métastatique non à petites cellules.

Dans cet essai, le portrait moléculaire tumoral de tous les patients est dressé afin d’identifier une anomalie qui pourrait être ciblée par une thérapie. C’est seulement à partir du moment où une anomalie est trouvée que les patients se voient proposer de manière randomisée soit une thérapie ciblée (8 molécules disponibles dans l’essai) soit le traitement standard.
Au cas où aucune anomalie actionnable n’est identifiée, une immunothérapie ou le traitement standard est proposé aux patients.

393 patients ont été inclus dans cette étude depuis son début en avril 2014. Il est prévu que SAFIR 02 Lung identifie 230 patients porteurs d’une anomalie actionnable par les thérapies ciblées proposées dans l’essai. De façon à l’accélérer et le compléter dans les délais impartis, SAFIR 02 Lung va être amendé afin que les portraits moléculaires tumoraux puissent être établis à partir du matériel en paraffine ou d’une prise de sang (biopsie liquide).

Promu par Unicancer et mené en étroite collaboration avec l’IFCT (Intergroupe francophone de cancérologie thoracique), SAFIR 02 Lung est un essai clinique français multicentrique (26 centres) de phase II ; 5 plateformes de séquençage y contribuent. Il a débuté en mars 2014. Le Pr Jean-Charles Soria est l’investigateur principal de l’étude et le Pr Fabrice Barlési, Chef du service d’oncologie à l’Hôpital Nord à Marseille (AP-HM) en est le co-investigateur principal.
SAFIR 02 Lung bénéficie du soutien de la Fondation ARC pour la Recherche sur le Cancer et de la mise à disposition de thérapies innovantes et de l’immunothérapie par le laboratoire AstraZeneca.

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