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1er centre de lutte contre le cancer en Europe, 3 000 professionnels mobilisés

Le 31 mai 2015

Thérapies ciblées : en monothérapie ou en association, efficaces dans différentes pathologies

Quatre communications orales sur des thérapies ciblées sont présentées lors du 51e congrès ASCO dont trois lors de la session consacrée au cancer du poumon le 31 mai et une lors de celle dédiée aux sarcomes le 1er juin.

Le Pr Jean-Charles Soria, chef du Département  d’Innovations Thérapeutiques et Essais Précoces (DITEP),  présente les résultats de deux études. L’une, l’étude LUX-lung 8, est la plus grande étude randomisée réalisée en seconde ligne du carcinome épidermoïde bronchique. Cet essai de phase III compare l’efficacité de deux thérapies ciblées, l’afatinib et l’erlotinib, en deuxième intention chez des patients souffrant d’un cancer épidermoïde du poumon. L’autre démontre l’efficacité d’un inhibiteur d’EGFR de 3e  génération dans le cancer du poumon non à petites cellules avec mutation EGFR.

Le Dr David Planchard, pneumo-oncologue au Département de Médecine Oncologique de Gustave  Roussy, rapporte les premières données d’une étude de phase II d’efficacité de l’association dabrafenib-trametinib dans les cancers bronchiques B-RAF mutés. Le Dr Olivier Mir, oncologue et pharmacologue au Département de Médecine Oncologique de Gustave Roussy, présente les résultats prometteurs de l’étude REGOSARC, essai clinique de phase II randomisé, testant le régorafenib chez des patients souffrant de sarcomes  des tissus mous

Comparer deux thérapies ciblées en deuxième intention

Le carcinome épidermoïde des poumons fait partie des cancers du poumon non à petites cellules. Les options thérapeutiques  pour les patients à un stade avancé après une chimiothérapie de première intention à base de platine sont limitées. L’afatinib et l’erlotinib sont des thérapies ciblant les voies de signalisation impliquées dans l’oncogenèse notamment dans cette pathologie. L’erlotinib étant pour celle-ci l’un des traitements standards actuels. L’essai de phase III ouvert et randomisé LUX-Lung 8 présenté  par le Pr Jean-Charles Soria, chef du DITEP, a comparé les effets de l’afatinib à l’erlotinib  sur la survie globale et la survie sans progression de la maladie de patients souffrant d’un carcinome épidermoïde des poumons. Ces derniers étaient en échec  thérapeutique après une chimiothérapie à base de platine.

Les résultats ont montré une supériorité de l’afatinib sur l’erlotinib avec une diminution de  19% du risque de progression mais aussi une diminution du risque de décès associé à une meilleure qualité de vie avec de meilleures  réponses.

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Preuve d’efficacité d’un inhibiteur d’EGFR de 3e génération dans le cancer du poumon

Dans une étude de phase I/II,  le Pr Jean-Charles Soria, chef du DITEP, a rapporté les résultats encourageants de la prescription d’un inhibiteur d’EGFR de 3e génération (rociletinib) chez des patients atteints d’un cancer du poumon non à petites cellules portant la mutation T790M et ayant été traités auparavant par un ou plusieurs autres inhibiteurs d’EGFR. 456 patients ont participé à cette étude. Les résultats présentés  indiquent un taux de réponse objective de 60% et un taux de contrôle de 90%. La survie sans progression de la maladie est de 10,3 mois. Cette étude démontre également que la mutation T790M peut être détectée dans le plasma et que dans ce cas le taux de réponse reste de 57%. Les effet secondaires les plus couramment observés concernaient moins de 15% des patients. Il s’agissait principalement d’hyperglycémie, de diarrhée, de nausée, de fatigue et de diminution de l’appétit.

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Associer des thérapies ciblées

Le Dr David Planchard, pneumo-oncologue au Département de Médecine Oncologique de Gustave Roussy, présente les premiers résultats d’un essai clinique de phase II évaluant l’efficacité et le    profil de toxicité de l’association de molécules dabrafenib-trametinib chez des patients ayant un cancer du poumon non à petites cellules et porteurs d’une mutation BRAF V600E (environ 2% des cancers pulmonaires). Ces deux thérapies ciblées agissent sur la même voie de signalisation intra-cellulaire de la prolifération tumorale mais à 2 étages différents. Le dabrafenib est un inhibiteur très spécifique de la protéine mutée BRAF-V600E et le trametinib est un inhibiteur spécifique de la protéine  MEK. Il s’agit de 2 molécules qui se prennent per os, une fois par jour pour le Trametinib et deux fois par jour pour le Dabrafenib.

Le Dr Planchard avait déjà montré Il y 2 ans à l’ASCO les résultats très prometteurs du dabrafenib en monothérapie dans  les cancers bronchiques mutés BRAF-V600E en progression après chimiothérapie avec un taux de réponse global de 32% et une durée médiane de traitement prolongée de 9.6 mois. L’étude actuelle montre que l’association du Dabrafenib avec le Tramétinib augmente significativement l’efficacité avec un taux de réponse tumorale objective de  63% sans augmentation des effets secondaires (voir une diminution notamment sur les effets cutanés). La plupart des effets secondaires sont de faible grades (grade 1 ou 2), parfaitement contrôlés et ne nécessitant pour la plupart pas d’arrêt de traitement (uniquement 6% arrêt de traitement) mais éventuellement une diminution de dose. Il s’agit d’une véritable avancée  thérapeutique potentielle pour ces patients mutés BRAF-V600E et donc potentiellement d’une  nouvelle arme thérapeutique. Il faudra attendre les résultats définitifs de cette étude pour confirmer cela puisque une grande majorité de patients poursuivent encore le traitement et qu’il s’agissait ici des résultats préliminaires.

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Une nouvelle  thérapie ciblée dans les sarcomes des tissus mous

L’étude de phase II randomisée REGOSARC a démontré une activité prometteuse du régorafenib chez des patients atteints de sarcomes des tissus mous (STM), avec un profil de toxicité acceptable.
Le Dr Olivier Mir, oncologue et pharmacologue au Département de Médecine Oncologique de Gustave Roussy, a mené au sein du Groupe Sarcomes Français cette étude auprès de 175 patients répartis en 4 bras selon le type de sarcome dont ils souffraient : léiomyosarcome, synovialosarcome, liposarcome, et  autres STM. Dans chaque cohorte, les patients étaient randomisés (1 :1) pour recevoir le régorafenib ou un placebo. Les patients dont la maladie progressait sous placebo pouvaient ensuite recevoir le régorafenib.

Les résultats ont montré dans la cohorte « autres STM » une amélioration de la survie sans progression de la maladie (médiane : 4,6 mois sous régorafenib contre 1 mois sous placebo). Chez les patients  atteints de léiomyosarcomes,  le régorafenib améliorait significativement la survie globale (HR 0.37, soit une réduction du risque de décès de 63%).  

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Pour en savoir plus sur les thérapies ciblées

> Lire notre dossier Décryptage sur les thérapies ciblées

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