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Le 1er juin 2015

Immunothérapie : étude et gestion des effets secondaires et combinaison d’immunothérapie

Deux communications écrites (poster-discussion et poster) ont présenté des avancées en immunothérapie dans le mélanome et le cancer du poumon non à petites cellules ce 1er juin au 51ème congrès ASCO.

La communication sur le mélanome a porté sur la description et la gestion des effets secondaires dus à un anticorps monoclonal, le nivolumab, dirigé contre le récepteur PD-1. La communication sur le cancer du poumon non à petites cellules porte sur le design innovant d’un essai de phase III qui vise à évaluer l’efficacité et le profil de sécurité de 2 immunothérapies, seules ou en association, par rapport au traitement standard.

Les anticorps monoclonaux permettent de réveiller le système immunitaire pour se défendre contre la tumeur. La preuve du concept est faite notamment dans le cas du mélanome avancé pour lequel il existe une autorisation de mise sur le marché aux Etats-Unis pour le pembrolizumab et le nivolumab (deux anticorps anti-PD1) et peut être bientôt en Europe. L’immunothérapie pourrait à court terme changer la prise en charge dans différents cancers.

Mieux gérer la toxicité d’une immunothérapie : analyse rétrospective du profil de sécurité du nivolumab (anticorps monoclonal anti-pd1) chez des patients atteints de mélanome métastatique.

Le Dr. Caroline Robert, dermatologue et cancérologue et chef du service de Dermatologie à Gustave Roussy (Villejuif), a présenté les résultats d’une analyse du profil de toxicité du nivolumab (un anticorps monoclonal anti PD-1) basée sur 4 essais cliniques de phase I à III, chez des patients atteints de mélanome métastatique et sur la façon de gérer les effets indésirables de ce médicament. Les résultats de cette analyse confirment que la grande majorité des effets indésirables sont de type immunitaire et montrent que les évènements indésirables sévères (de grade 3-4) du nivolumab en monothérapie peuvent être assez facilement contrés par l’utilisation d’un traitement immunomodulateur (essentiellement des corticoïdes) tout en maintenant la réponse anti-tumorale. On confirme également, sur cette plus large population de patients, que la plupart des évènements indésirables de cette molécule sont de bas grade. Les patients ayant reçu de l’ipilimumab avant le nivolumab ne sont pas plus enclins à souffrir d’effets indésirables de haut grade que les autres.

Les essais cliniques sélectionnés ont été menés auprès d’un total de 576 patients recevant une dose de 3mg/kg de nivolumab deux fois par semaine jusqu’à la progression de la maladie ou à une toxicité inacceptable pendant une durée médiane de 3,7 mois. 54% d’entre eux avaient reçu auparavant de l’ipilimumab. Les effets indésirables les plus fréquents étaient la fatigue (25%), le prurit (17%), la diarrhée (13%), un rash (13%). Les effets de grade 3-4 sont apparus chez 10% de l’ensemble des patients et chez 8% des patients ayant reçu de l’ipilimumab. Les symptômes apparaissaient au bout de 5 semaines de traitement sur la peau et jusqu’à 15 semaines pour les effets indésirables rénaux. Des immuno-modulateurs ont été prescrits à 35% des patients en phase III et 24% des patients ont reçu des corticostéroïdes pour gérer les effets indésirables. Le temps médian pour venir à bout de ces évènements étaient de 3 semaines quand le foie était affecté et de 29 semaines quand il s’agissait de la peau.

Le taux de réponse objective était de 44% chez les patients ayant reçu un immuno-modulateur et de 36% chez les autres.

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Design innovant d’un essai clinique de phase III : comparer des immunothérapies seules ou en combinaison au traitement standard dans le cancer du poumon non à petites cellules

Le Dr David Planchard, pneumo-oncologue à Gustave Roussy (1er auteur) et le Pr Jean-Charles Soria (dernier auteur), ont présenté le design d’une étude multicentrique de phase III cherchant à inclure 900 patients au total qu’ils coordonneront respectivement au niveau national et international. Cette étude cherchera d’une part à évaluer l’efficacité et la sécurité d’emploi du MEDI4736 un anticorps monoclonal anti PD-L1 versus le traitement standard (gemcitabine, vinorelbine ou erlotinib) chez des patients souffrant d’un cancer bronchique non à petites cellules dont la tumeur surexprime les récepteurs PD-L1 (sous-étude A). D’autre part, les chercheurs évalueront l’efficacité de l’association du MEDI4736 en association avec le tremelimumab, un anticorps anti CTLA4 versus l’une ou l’autre de ces molécules en monothérapie mais également versus le traitement standard chez les patients dont les cellules tumorales ne surexpriment pas le récepteur PD-L1. (sous-étude B)

Des données pré-cliniques ont montré qu’en bloquant à la fois les récepteurs CTLA4 et PD-L1 on obtenait une réaction additive ou synergique anti-tumorale. Par ailleurs, l’essai de phase Ib (NCT02000947) testant le MEDI4736 en association au tremelimumab chez des patients atteints de cancer bronchique non à petites cellules à un stade avancé a montré une sécurité d’emploi et des signes d’activité clinique de cette association.

Les patients éligibles souffrent d’un cancer bronchique non à petites cellules localement avancé ou métastatique qui ont déjà reçu au moins deux traitements dont une chimiothérapie à base de platinum. Les patients porteurs d’une mutation EGFR et d’un réarrangement du gène ALK ne sont pas éligibles.

300 patients seront affectés à la sous-étude A randomisée et 600 patients à la sous-étude B randomisée.

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Pour en savoir plus sur l'immunothérapie

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