Le trimestre dernier, nous avons aussi appris que la protéine MAdCAM-1 pourrait devenir un biomarqueur pronostique chez les patients atteints d’un cancer du rein, qu’une thérapie ciblée peut cibler plusieurs types de cancers, que l’hormonothérapie est plus efficace quand elle est associée à d’autres traitements et qu’une forme rare du cancer du poumon (mutation RET) est sensible à une nouvelle thérapie ciblée.

Lorsque les patients atteints d'un cancer du rein métastatique présentent une résistance aux traitements, cette dernière peut être causée par une perturbation dans la production de la protéine MAdCAM-1, en lien avec un déséquilibre du microbiote intestinal.
Afin d'identifier plus tôt et plus efficacement les patients qui développeront une telle résistance, les chercheurs ont mesuré dans le sang le taux de la protéine MAdCAM-1, sous sa forme soluble, chez plus de 1 000 patients atteints d'un cancer du rein métastatique. Les résultats démontrent que plus ce taux est faible, moins le pronostic des patients est favorable.
Ainsi, entre un groupe de patients présentant un taux élevé de MAdCAM-1 dans le sang et un groupe présentant un taux faible, la survie sans progression de la maladie peut passer de 13,9 mois à 8,4 mois. Ces résultats confirment MAdCAM-1 soluble comme un biomarqueur intéressant dans les cancers du rein, et ouvrent la voie à des essais cliniques où il pourrait guider des interventions ciblant le microbiote intestinal pour contrer la résistance aux traitements.
Soluble MAdCAM-1 as a biomarker in metastatic renal cell carcinoma
C. Alves Costa Silva, et al., Nat Med 32, 671–681 (2026).
La fusion du gène NTRK avec un autre gène est une anomalie biologique rare, retrouvée dans environ 0,7 % de l’ensemble des tumeurs solides. Certaines formes de cancer sont toutefois plus concernées, notamment des cancers rares du sein ou des glandes salivaires.
Cette anomalie joue un rôle clé dans le développement des cellules cancéreuses et constitue une cible thérapeutique intéressante, déjà exploitée par plusieurs inhibiteurs de TRK dits de 1ère génération. Cependant, avec le temps, une résistance à ces traitements peut apparaître.
L’essai clinique TRIDENT 1 s’est intéressé à un inhibiteur de TRK de 2ème génération ciblant cette fusion génétique : le repotrectinib. Cette étude a inclus plus de 120 patients adultes atteints de différents types de tumeurs solides et présentant toutes une fusion du gène NTRK, qu’ils aient déjà reçu ou non un inhibiteur de TRK auparavant.
Les résultats montrent une efficacité prometteuse du repotrectinib. Chez les patients n’ayant jamais reçu d’inhibiteur de TRK, près de 6 patients sur 10 ont répondu au traitement, avec une absence de progression de la maladie pendant plus de deux ans en moyenne. La tolérance du traitement a été bonne. Chez les patients déjà traités par une molécule de la même famille, près d’un patient sur deux a également répondu au repotrectinib. C’est la première fois qu’un traitement démontre une telle efficacité chez des patients déjà exposés à un inhibiteur de TRK. Enfin, le traitement s’est montré efficace pour traiter les métastases cérébrales, difficiles à prendre en charge.
Repotrectinib in NTRK fusion–positive advanced solid tumors: a phase 1/2 trial
B. Besse, et al., Nat Med 32, 682–689 (2026).
L’essai de phase III VIKTORIA-1 a évalué une nouvelle thérapie ciblée, le gedatolisib, chez des patientes atteintes d’un cancer du sein métastatique HER2 négatif, en échec thérapeutique après plusieurs lignes de traitements. Le gedatolisib vise à renforcer l’efficacité de l’hormonothérapie en bloquant la voie PI3K/AKT/mTOR, qui permet à la maladie de progresser.
Dans cet essai clinique international, le gedatolisib a été évalué en association avec le palbociclib et le fulvestrant, une hormonothérapie utilisée depuis plusieurs décennies. Cette trithérapie innovante a montré des résultats encourageants : les patientes qui en ont bénéficié ont atteint une survie sans progression de 9,3 mois, contre 7,4 mois pour celles traitées par gedatolisib et fulvestrant seuls, et 2 mois pour celles n'ayant reçu que le fulvestrant.
Ces résultats témoignent de l’intérêt du gedatolisib, qui, administré en combinaison avec le palbociclib et le fulvestrant, permet d’augmenter significativement la survie sans progression de la maladie de patientes en échec thérapeutique. Une deuxième analyse de l’étude VIKTORIA a été présentée lors du congrès de l’ASCO 2026 à l’oral.
VIKTORIA-1 Trial of Gedatolisib Plus Fulvestrant With or Without Palbociclib in Hormone Receptor–Positive/HER2−/PIK3CA Wild-Type Advanced Breast Cancer
S. A. Hurvitz, et al., J Clin Oncol 44, 1108-1119(2026), volume 44, number 12.
Les cancers du poumon non à petites cellules comptent pour environ 85 % de l’ensemble des cancers du poumon[1]. Environ 1 à 2 % de ces tumeurs présentent une fusion du gène RET, ce qui constitue un moteur de la croissance tumorale et une cible thérapeutique identifiée.
L’étude ARROW a évalué l’efficacité et la sécurité du pralsetinib, un inhibiteur de RET, dans le traitement de ces tumeurs. Au total, 281 patients ont reçu cette molécule, et les résultats finaux démontrent l’efficacité du pralsetinib. Le taux de réponse s’est élevé à 78 % pour les patients n’ayant jamais reçu de traitement, et à 63 % pour ceux traités précédemment par chimiothérapie. Enfin, pour l'ensemble des patients inclus, la survie globale médiane a atteint 44,3 mois, un résultat très encourageant pour une pathologie au pronostic sombre, au prix d’une toxicité acceptable (hypertension notamment).
Les résultats de l’étude ARROW ont motivé la décision de l’agence américaine du médicament (Food and Drug Administration) d’approuver le pralsetinib dans le traitement des cancers du poumon non à petites cellules et des cancers de la thyroïde présentant des fusions du gène RET.
Final Efficacy and Safety Data From the Phase I/II ARROW Study of Pralsetinib in Patients With Advanced RET Fusion–Positive Non–Small Cell Lung Cancer
B. Besse, et al., J Clin Oncol 44, 1190-1197(2026), volume 44, number 13.
[1] Institut national du cancer. (2023, 4 juillet). Cancer du poumon : l'essentiel. cancer.fr. https://www.cancer.fr/personnes-malades/les-cancers/poumon/comprendre-la-maladie/l-essentiel