Le congrès de l’American Society of Clinical Oncology (ASCO) représente un des temps fort de la recherche dédiée aux cancers, organisé chaque année à Chicago, aux États-Unis. Les experts de Gustave Roussy ont participé à 107 présentations au programme de cette édition 2026, avec un focus particulier sur les anticorps conjugués-médicaments (ADC), en plein développement dans de nouvelles pathologies. À Gustave Roussy, ce développement clinique est adossé à des programmes médico-scientifiques internationaux, à l’instar d’OASIS ou d’Icarus.

Centré sur le développement clinique des dernières avancées en oncologie, le congrès de l’ASCO réunit chaque année des milliers de spécialistes du cancer venus du monde entier pour échanger autour des dernières avancées dans le traitement des patients atteints de cancer. Au total, les experts de Gustave Roussy ont participé à 107 présentations dévoilées cette année à Chicago, dont :
De nombreuses études seront présentées directement par un médecin-chercheur de Gustave Roussy, dont deux présentations orales centrées sur les anticorps conjugués-médicaments, une nouvelle classe thérapeutique aux résultats cliniques prometteurs, qui allie l’efficacité de la chimiothérapie à la précision des anticorps. En ciblant une protéine spécifiquement exprimée à la surface des cellules cancéreuses, le traitement va délivrer la molécule de chimiothérapie au cœur de la tumeur tout en épargnant les cellules saines.
Le Pr Yohann Loriot, chef adjoint du Département des Innovations Thérapeutiques et des Essais Précoces (DITEP) de Gustave Roussy, dévoilera lors d’une session orale les résultats d’une étude de phase I/II évaluant un nouveau traitement chez les femmes atteintes d’un cancer du col de l’utérus en rechute ou métastatique, une situation qui bénéficie actuellement de peu d’options thérapeutiques. Ce nouveau traitement, le CRB-701, est un anticorps conjugué-médicament qui cible la protéine nectin-4. Ce traitement novateur a déjà démontré une activité thérapeutique encourageante dans certains cancers ORL et de la vessie.
Afin de faire progresser l’efficacité thérapeutique des anticorps conjugués-médicaments et mieux comprendre les mécanismes de résistance à l’œuvre chez certains patients, le Pr Antoine Italiano, oncologue médical à la tête du programme de médecine de précision de Gustave Roussy, a dirigé une étude inédite visant à cartographier les tumeurs de plusieurs patients atteints de cancers du poumon, de la vessie, de l’estomac et de l’endomètre. Grâce à une technique d’immunohistochimie, les chercheurs ont été en mesure d’identifier quelles protéines étaient exprimées ou non dans chaque tumeur, en quelle quantité, ainsi que leur répartition spatiale. L’objectif ? Prescrire l’anticorps conjugué le plus adapté à la tumeur de chacun, en se basant sur ses caractéristiques biologiques.
Le Pr Fabrice André, directeur de la recherche de Gustave Roussy, est le dernier auteur d’une présentation concernant les résultats finaux de l’étude de phase I/II DESTINY-BREAST07, dévoilés lors d'un symposium de science clinique. Cette étude s'est intéressée à un anticorps conjugué, le trastuzumab deruxtecan (T-DXd), prescrit en première ligne en association avec le durvalumab, une immunothérapie anti-PD-L1, chez des patientes atteintes d'un cancer du sein inopérable ou métastatique HER2+. Cet anticorps conjugué cible la protéine HER2, exprimée à la surface des cellules cancéreuses des cancers du sein dits HER2 positifs, qui représentent environ 20 % de l'ensemble des cancers du sein. Le T-DXd a déjà démontré des résultats positifs en deuxième ligne de traitement. Évaluer cette combinaison dès la première ligne pourrait redéfinir le standard de soins pour ces patientes et augmenter les chances de survie dès le début de leur prise en charge.
Le projet OASIS, pour Optimal methods to characterize ADC resistance in Solid tumors and Identify clinically useful biomarkerS, est un programme de recherche européen centré sur l’optimisation des anticorps conjugués (ADCs), une nouvelle classe de thérapies contre le cancer. Ces traitements innovants ciblent les cellules cancéreuses avec précision, réduisant ainsi les dommages aux tissus sains. Coordonné par Gustave Roussy et dirigé par la Dr Barbara Pistilli, le projet vise à développer des outils permettant aux cliniciens de choisir l'ADC le plus adapté à chaque patient, en tenant compte de ses caractéristiques cliniques et de la biologie de sa tumeur.
La Pr Sophie Postel-Vinay, oncologue médicale et médecin-chercheuse au sein du DITEP, présentera les dernières avancées autour d'une stratégie innovante : exploiter les failles génétiques des tumeurs pour mieux les cibler. Environ 15 % de tous les cancers, dont les tumeurs du poumon, du cerveau, du pancréas, les mésothéliomes et certains lymphomes, présentent la perte d'un gène appelé MTAP. Cette anomalie provoque un déséquilibre métabolique à l'intérieur des cellules tumorales, qui les rend alors dépendantes d'une autre enzyme appelée PRMT5 pour survivre. C'est précisément cette dépendance que les nouveaux traitements cherchent à exploiter : en bloquant PRMT5, on fragilise la tumeur sans toucher aux cellules saines.
Une nouvelle génération de médicaments, plus ciblée et mieux tolérée que les premières molécules développées, fait aujourd'hui l'objet de plus de 65 essais cliniques dans le monde. La Pr Postel-Vinay présentera les résultats disponibles ainsi que les perspectives de combinaison avec d'autres traitements anticancéreux. Longtemps cantonnée aux inhibiteurs de PARP, cette approche de léthalité synthétique s'élargit aujourd'hui à de nouvelles cibles, offrant des perspectives prometteuses à des patients qui manquent souvent d'options thérapeutiques.
Les essais de phases précoces sont primordiaux en oncologie. Sans eux, aucun nouveau traitement ne pourrait être commercialisé. Ils correspondent aux premières étapes de la vie d’un médicament, une fois sorti des laboratoires de recherche. Ces essais dits de phase I ou I/II ont pour ambition d’administrer pour la première fois chez l’homme de nouveaux traitements oncologiques, afin d’évaluer les premiers signes d’efficacité anti-tumorale, mais aussi le profil de toxicité qu’ils peuvent engendrer, d’établir le bon dosage de traitement à prescrire, à quel rythme et pendant combien de temps.
Gustave Roussy est le premier centre européen pour les essais cliniques précoces, via son département d’innovation thérapeutique et des essais précoces (DITEP).
Sur les 516 essais thérapeutiques menés en 2025 à l’Institut, 1/3 étaient des essais de phases précoces.
Les experts de Gustave Roussy présenteront parallèlement cinq études en session orale rapide, dont deux centrées sur les vaccins thérapeutiques :