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Communiqués de presse

ESMO 2026 - Face aux effets secondaires de l’hormonothérapie, un nouveau parcours de soins alliant accompagnement numérique et expertise humaine

La Dr Maria Alice Franzoi, oncologue médicale et spécialiste de la santé numérique et de la mise en œuvre des parcours de soins, présente au congrès de l’ESMO les résultats de l’étude HOPE. Cet essai clinique a évalué un parcours hybride, reposant sur une application mobile et un suivi infirmier, afin d’épauler les femmes traitées par hormonothérapie pour un cancer du sein. L’enjeu est de réduire l’impact des effets secondaires induits par ce traitement, nécessaire pour diminuer le risque de récidive, et de renforcer le sentiment d’autogestion des femmes concernées face à leurs symptômes. À terme, cette approche vise à améliorer leur qualité de vie, l’accès aux soins de support et la poursuite de l’hormonothérapie dans la durée.

Le

Illustration ESMO skyline

Abstract n°LBA92 présenté à l’oral par la Dr Maria Alice Franzoi le lundi 26 octobre à 8 h 40. 

Cet oral figure parmi la centaine de présentations au programme de cette édition 2026 de l’ESMO auxquelles prennent part les médecins-chercheurs de Gustave Roussy. L’Institut est présent dans de nombreux champs d’expertise, témoignant de la qualité de la recherche qui y est menée et de sa reconnaissance à l’international.  

Environ 70 %[1] des cancers du sein diagnostiqués dans le monde sont hormonodépendants (HR+). Cela signifie que la croissance de la tumeur des patientes est stimulée par les hormones, principalement les œstrogènes. Dans ce type de cancer, l’hormonothérapie est prescrite après les traitements curatifs, pour une durée pouvant aller de cinq à dix ans, afin de réduire le risque de rechute. Elle sert à bloquer la production naturelle des hormones, afin d’empêcher la stimulation des cellules cancéreuses qui auraient pu persister dans le corps.

Malgré leur efficacité démontrée, ces traitements peuvent être difficiles à supporter, en lien avec les effets secondaires parfois lourds qu’ils entraînent : bouffées de chaleur, douleurs articulaires, sécheresse vaginale, insomnie, troubles cognitifs ou encore fatigue anormale. Ces symptômes se déclenchent alors que les patientes ont terminé leurs traitements curatifs et que le suivi médical devient moins fréquent, avec des consultations généralement espacées de six mois. 

Ces effets secondaires sont souvent responsables de l’arrêt du traitement. Une étude[2] de la cohorte française CANTO a ainsi montré que 16 % des femmes traitées par tamoxifène ne suivaient déjà plus correctement leur traitement après seulement un an, multipliant par 2,3 leur risque de rechute par rapport aux femmes suivant correctement leur hormonothérapie.

« Afin de renforcer l’observance des femmes à leur traitement d’hormonothérapie, plusieurs approches de soins de support ont déjà montré leur intérêt individuellement pour diminuer le poids des symptômes, à l’image de l’activité physique adaptée ou des thérapies cognitivo-comportementales. Toutefois, ces interventions restent souvent fragmentées et rarement proposées de manière coordonnée. Jusqu’à présent, aucune étude n'avait évalué un parcours global associant des outils numériques pour le suivi des symptômes, l’accès à des ressources éducatives, plusieurs programmes de soins de support et un accompagnement humain personnalisé, spécifiquement conçu pour les patients recevant une hormonothérapie », explique la Dr Maria Alice Franzoi, qui dévoile les résultats de l’étude HOPE au congrès de l’ESMO.

Gustave Roussy à l'ESMO 2026 - Dr Maria Alice Franzoi

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Retrouvez les explications de la Dr Maria Alice Franzoi en vidéo.

Un parcours hybride

L’essai HOPE repose sur la volonté de développer un véritable parcours de soins structuré, combinant technologie et intervention humaine, afin d’aider les patientes à mieux gérer leurs symptômes au quotidien et à gagner en autonomie. Développé dans une démarche de co-construction associant patientes et professionnels de santé, le parcours a été pensé pour être réaliste et facilement intégrable en pratique clinique et dans la vie courante. 

HOPE repose sur deux composants majeurs. D’abord, une application mobile, permettant la saisie régulière des symptômes, l’accès à des contenus éducatifs ainsi qu’à des programmes d’autogestion de soins de support validés scientifiquement, portant notamment sur l’activité physique adaptée, le yoga, la méditation et les thérapies cognitives comportementales. Ensuite, sur un accompagnement infirmier personnalisé : les patientes bénéficient d’un entretien initial avec une infirmière, afin d’identifier les principaux effets secondaires, de les prioriser, mais aussi de les orienter vers les modules les plus adaptés. Lorsque les symptômes ne s’améliorent pas ou lorsqu’une faible utilisation de l’application est détectée, les infirmières peuvent prendre contact avec les patientes pour comprendre et agir sur les difficultés rencontrées. 

L’essai HOPE, promu par Gustave Roussy, est une étude de phase III, randomisée et multicentrique, qui a évalué l’efficacité de ce parcours hybride sur la réduction de la charge symptomatique, mesurée via des questionnaires portant sur plusieurs symptômes fréquemment associés à l’hormonothérapie. Un autre critère d’évaluation concernait le sentiment d’autogestion des femmes face à leurs symptômes. Les 180 patientes recrutées ont été réparties entre un groupe bénéficiant du parcours HOPE et un second recevant la prise en charge habituelle. 

« L’une des forces de notre étude est la grande diversité de femmes que nous avons réussi à recruter, qui reflète notre patientèle. Elles étaient âgées de 29 à 87 ans, avec des niveaux de diplôme distincts. Plus d’une quinzaine de langues différentes étaient parlées au domicile des personnes recrutées. C’est un public que nous avons habituellement du mal à inclure dans des études », salue la Dr Maria Alice Franzoi. 

Autonomie et autogestion des symptômes

Les résultats à trois mois montrent une réduction moyenne de la charge symptomatique de 3,41 points pour les femmes ayant bénéficié du parcours HOPE, par rapport aux femmes ayant suivi un parcours standard. « Cette amélioration va dans le sens attendu, mais reste insuffisante pour être statistiquement significative », précise la Dr Franzoi. Les analyses suggèrent néanmoins que les patientes ayant davantage utilisé l'application présentent une diminution plus importante de la charge symptomatique, de l'ordre de 4,26 points. 

Par ailleurs, l'étude a mis en évidence une amélioration significative du sentiment d'autonomie des patientes dans la gestion de leurs symptômes. Les femmes accompagnées par le parcours HOPE se déclaraient plus confiantes dans leur capacité à comprendre, surveiller et gérer les effets indésirables liés à l'hormonothérapie que celles ayant bénéficié de la prise en charge habituelle.

L’évaluation de la mise en œuvre du parcours a également montré des résultats encourageants, avec un niveau élevé d’adoption : 66 % des patients ont complété plus de 50 % du programme de soins de support, et 90 % ont jugé le parcours utile et adapté à leurs besoins et le recommanderaient à d’autres patients. L’intérêt organisationnel du dispositif a également été souligné par les patients et les professionnels de santé, qui y voient une approche pratique et pragmatique permettant de proposer un accompagnement personnalisé, structuré et adapté aux besoins des patients. 

Les femmes incluses dans l’étude continuent désormais d'être suivies pendant un an et conservent l'accès à l'application. Plusieurs analyses complémentaires sont encore attendues, relatives à l’évolution du poids des symptômes à six et à 12 mois de suivi, ainsi qu’à l’impact du parcours HOPE concernant l’adhésion à l’hormonothérapie, ainsi qu’aux métriques objectives d’activité physique et de sommeil.

« Cette étude montre qu'il est possible d'accompagner efficacement des patientes très différentes et de renforcer leur capacité à gérer elles-mêmes les symptômes liés à leur traitement. Les résultats obtenus nous encouragent à poursuivre le développement de cette approche. Un projet HOPE 2 est déjà en préparation afin de proposer un accompagnement encore plus personnalisé et prolongé, notamment pour les jeunes femmes recevant des stratégies d'hormonothérapie intensifiées, avec de nouveaux modules dédiés aux bouffées de chaleur et aux symptômes les plus invalidants », conclut la Dr Maria Alice Franzoi.

[1] Kim, N., & Lukong, K. E. (2025). Treating ER-positive breast cancer: a review of the current FDA-approved SERMs and SERDs and their mechanisms of action. Oncology reviews, 19, 1564642. https://doi.org/10.3389/or.2025.1564642

[2] Pistilli, B., et al (2020). Serum Detection of Nonadherence to Adjuvant Tamoxifen and Breast Cancer Recurrence Risk. Journal of clinical oncology, 38(24), 2762–2772. https://doi.org/10.1200/JCO.19.01758 

 

Abstract n°LBA92 

HOPE: Phase III randomized trial of a personalized digital supportive-care pathway (DP) for endocrine therapy (ET) symptoms in early breast cancer (BC).
Proffered paper session présentée par la Dr Maria Alice Franzoi. 
Lundi 26 octobre 2026 | 8 h 40.

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    Photographie enfant pédiatrie