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Tumeurs du cerveau
Responsable : Dr Sophie Bockel
Contact : 33 (0)1 42 11 62 20
Comprendre la maladie
L’expertise de Gustave Roussy
Gustave Roussy prend en charge plusieurs types de tumeurs cérébrales de l’adulte, notamment les gliomes, les méningiomes, les épendymomes, les lymphomes cérébraux, certaines métastases cérébrales, les chordomes et d’autres tumeurs de la base du crâne. La stratégie thérapeutique est définie de façon pluridisciplinaire et peut associer les équipes de centres partenaires pour la neurochirurgie.
Une tumeur du cerveau correspond à une prolifération anormale de cellules à l’intérieur du crâne. Elle peut naître dans le cerveau ou ses enveloppes, mais aussi être une métastase provenant d’un cancer situé dans un autre organe.
Les tumeurs cérébrales forment donc un ensemble très hétérogène. Leur évolution, leurs symptômes et leurs traitements dépendent notamment de leur localisation, de leur type cellulaire, de leur grade et de leurs caractéristiques moléculaires.
Toutes les tumeurs du cerveau ne sont pas cancéreuses. Certaines sont dites bénignes car elles n’envahissent pas les tissus voisins. Elles peuvent néanmoins nécessiter un traitement lorsqu’elles compriment une région cérébrale ou perturbent une fonction neurologique. Les tumeurs malignes infiltrent plus volontiers les tissus environnants et peuvent évoluer rapidement.
Qu’est-ce que le cerveau ?
Le cerveau appartient au système nerveux central, avec la moelle épinière. Il reçoit, analyse et transmet des informations qui permettent notamment de parler, de mémoriser, de bouger, de percevoir son environnement et de réguler de nombreuses fonctions de l’organisme. Ses différentes régions n’ont pas toutes le même rôle. C’est pourquoi les manifestations d’une tumeur varient selon sa localisation et son retentissement sur les structures voisines.
Les principaux types de tumeurs
Ils se développent à partir des méninges, les enveloppes qui entourent le cerveau et la moelle épinière. Beaucoup évoluent lentement, mais leur localisation, leur taille et leur grade peuvent justifier une surveillance ou un traitement.
Ce sont des lymphomes qui se développent dans le système nerveux central. Leur diagnostic et leur traitement diffèrent de ceux des gliomes et reposent principalement sur des traitements médicamenteux adaptés.
Elles correspondent à la diffusion au cerveau de cellules provenant d’un cancer situé dans un autre organe. Leur prise en charge tient compte du cancer d’origine, du nombre et de la localisation des lésions, des symptômes et de l’état général.
Le cerveau et les structures voisines peuvent être concernés par d’autres tumeurs, notamment les épendymomes, les médulloblastomes, les chordomes et certaines tumeurs de la base du crâne. Chacune nécessite une expertise diagnostique et thérapeutique spécifique.
Facteurs de risque et prévention
Pour la grande majorité des tumeurs primitives du cerveau, aucune cause précise n’est retrouvée et il n’existe pas de mesure de prévention spécifique. Ces tumeurs ne sont pas dues à un comportement individuel. Quelques facteurs de risque sont néanmoins établis ou suspectés dans des situations particulières.
Une irradiation du crâne réalisée antérieurement pour traiter une autre maladie peut augmenter, à long terme, le risque de certaines tumeurs cérébrales. Ce risque reste rare et doit être mis en perspective avec le bénéfice du traitement reçu.
Certaines maladies héréditaires peuvent augmenter le risque de tumeur du système nerveux central. Une consultation d’oncogénétique peut être proposée lorsqu’un contexte personnel ou familial le justifie.
Une diminution importante des défenses immunitaires peut favoriser certains lymphomes du système nerveux central. Cette situation concerne des contextes médicaux particuliers.
Symptômes
Les symptômes dépendent de la localisation, du volume et de la vitesse d’évolution de la tumeur. Ils peuvent s’installer progressivement ou apparaître plus rapidement. Aucun de ces signes n’est spécifique d’une tumeur cérébrale, mais leur persistance, leur aggravation ou leur association doit conduire à consulter.
- Des maux de tête inhabituels, persistants ou d’intensité croissante, parfois accompagnés de nausées ou de vomissements.
- Une première crise d’épilepsie ou la modification de crises déjà connues.
- Une faiblesse, un engourdissement ou une difficulté à coordonner un bras ou une jambe.
- Des troubles de la parole, de la compréhension, de la mémoire, de l’attention ou du comportement.
- Des troubles de la vision, de l’équilibre, de l’audition ou de la sensibilité.
- Une somnolence inhabituelle ou une altération progressive de l’état général.
Quand consulter en urgence ?
L’apparition brutale d’un déficit neurologique, d’un trouble de la parole, d’une perte de connaissance ou d’une première crise convulsive nécessite un appel immédiat aux services d’urgence. Ces signes peuvent avoir de nombreuses causes et doivent être évalués sans délai.
Le diagnostic
Le diagnostic repose d’abord sur l’examen clinique et neurologique, puis sur l’imagerie cérébrale. Dans de nombreux cas, l’analyse d’un prélèvement tumoral est indispensable pour identifier précisément la maladie et orienter le traitement.
Le médecin recherche des signes liés à une atteinte du système nerveux. Il évalue notamment la force, la sensibilité, les réflexes, l’équilibre, la coordination, le langage et certaines fonctions cognitives.
L’imagerie par résonance magnétique est l’examen de référence pour localiser une lésion, étudier ses rapports avec les structures voisines et rechercher plusieurs localisations. Un produit de contraste peut être injecté. Un scanner peut être réalisé dans certaines situations, notamment en urgence ou lorsque l’IRM n’est pas possible.
Lorsque cela est indiqué et possible, une biopsie ou une intervention chirurgicale permet d’obtenir du tissu tumoral. Le geste est planifié selon la localisation de la lésion, les symptômes et le rapport entre le bénéfice attendu et les risques neurologiques.
L’examen du tissu au microscope précise la nature et le grade de la tumeur. Des analyses moléculaires complètent désormais le diagnostic de nombreuses tumeurs cérébrales. Elles aident à mieux les classer, à apprécier leur évolution probable et, dans certaines situations, à orienter le traitement.
Il est adapté au diagnostic envisagé. Lorsqu’une métastase cérébrale est suspectée, des examens recherchent ou réévaluent le cancer d’origine. Pour certaines tumeurs, une imagerie de la moelle épinière ou une analyse du liquide cérébrospinal peut être discutée.
Le parcours diagnostique
Consultation et examen neurologique, IRM cérébrale, bilan complémentaire adapté, discussion neurochirurgicale si nécessaire, prélèvement ou chirurgie, analyse anatomopathologique et moléculaire, puis réunion de concertation pluridisciplinaire.
Prise en charge à Gustave Roussy
La prise en charge est personnalisée en fonction du type de tumeur, de sa localisation, de son grade, de ses caractéristiques moléculaires, de son extension, des symptômes et de l’état général du patient. Le projet thérapeutique est discuté en réunion de concertation pluridisciplinaire, réunissant les spécialités nécessaires à chaque situation.
Selon le parcours, la prise en charge peut mobiliser la neurochirurgie, l’oncologie médicale, la radiothérapie, la neurologie, la neuroradiologie, l’anatomopathologie, la biologie moléculaire et les soins de support. Certaines interventions neurochirurgicales sont réalisées dans des établissements partenaires, dans le cadre d’un parcours coordonné avec Gustave Roussy.
Une prise en charge globale
Les symptômes neurologiques, la fatigue, la douleur, les difficultés cognitives, l’anxiété, les besoins nutritionnels, sociaux ou de rééducation peuvent nécessiter un accompagnement spécifique. Les soins de support sont intégrés au parcours et adaptés à la situation de chaque patient.
Traitements et essais cliniques
La chirurgie, la radiothérapie et les traitements médicamenteux peuvent être proposés seuls, successivement ou en association. Leur objectif peut être de retirer la tumeur, d’en réduire le volume, de limiter le risque de récidive, de contrôler son évolution ou de soulager les symptômes. Le choix dépend du diagnostic précis et de la situation de chaque patient.
Lorsqu’elle est possible, la chirurgie peut permettre de retirer tout ou partie de la tumeur et d’obtenir le tissu nécessaire au diagnostic. L’étendue du geste est déterminée en tenant compte de la localisation tumorale et de la préservation des fonctions neurologiques. Dans certaines situations, seule une biopsie est indiquée.
La radiothérapie utilise des rayonnements pour détruire les cellules tumorales tout en limitant l’exposition des tissus sains. Les volumes traités, la dose et le nombre de séances sont adaptés au type de tumeur et à la situation clinique. Une irradiation stéréotaxique peut être proposée pour certaines lésions bien délimitées, notamment certaines métastases cérébrales.
La chimiothérapie peut être administrée seule ou en association avec la radiothérapie. Les médicaments, le calendrier et la durée du traitement varient selon le type de tumeur. Pour certains gliomes, le témozolomide peut être utilisé, mais il ne convient pas à toutes les situations.
Des traitements dirigés contre une anomalie moléculaire peuvent être proposés pour certaines tumeurs lorsque la cible et le médicament disposent d’un niveau de preuve suffisant. L’immunothérapie a une place dans certaines métastases cérébrales en fonction du cancer d’origine. Pour les tumeurs cérébrales primitives, son intérêt reste limité à des situations sélectionnées ou à la recherche clinique.
Des corticoïdes peuvent être prescrits pour diminuer un œdème autour de la tumeur. Un traitement antiépileptique est indiqué en cas de crise, selon l’évaluation médicale. La rééducation et les soins de support contribuent à préserver l’autonomie et la qualité de vie.
Recherche et innovation
La recherche sur les tumeurs cérébrales vise à mieux comprendre leur diversité biologique, à améliorer leur classification et à identifier de nouvelles stratégies thérapeutiques. Elle s’appuie notamment sur l’analyse moléculaire des tumeurs, l’imagerie, l’étude du microenvironnement tumoral et le développement d’essais cliniques.
À Gustave Roussy, les patients peuvent être orientés vers un essai clinique lorsque leur situation correspond aux critères d’un protocole. Participer à un essai peut donner accès à une stratégie en cours d’évaluation. Cette possibilité est discutée avec l’équipe médicale, qui présente les objectifs, les contraintes, les bénéfices espérés et les risques connus.
Rejoindre un essai clinique
De nombreux essais cliniques sont ouverts aux patients atteints cancers. Participer à un essai thérapeutique permet d'accéder à un traitement innovant, tout en contribuant au développement de nouvelles thérapies.
Contacts
Responsable du comité Neurologie : Dr Sophie Bockel
Téléphone : +33 (0)1 42 11 62 20
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La médecine nucléaire, nouvel espoir thérapeutique dans les tumeurs cérébrales
Gustave Roussy participe à l’essai clinique LUMEN-1, qui entend évaluer l’efficacité de la radiothérapie interne vectorisée dans le traitement des méningiomes, la forme la plus courante de tumeur cérébrale chez l’adulte. Il n’existe actuellement pas de standard unique de traitement pour les patients atteints d’un méningiome en rechute après échec définitif de la chirurgie et de la radiothérapie. Cet essai représente ainsi une première en neuro-oncologie, et ouvre la voie dans le cadre de tumeurs cérébrales réfractaires.
Questions fréquentes
Non. Certaines tumeurs sont bénignes et d’autres malignes. Une tumeur bénigne peut néanmoins entraîner des symptômes importants en raison de sa taille ou de sa localisation. Le diagnostic précis repose sur l’imagerie et, lorsque cela est possible, sur l’analyse du tissu tumoral.
Des maux de tête inhabituels et persistants, une première crise d’épilepsie, une faiblesse d’un membre, des troubles de la parole, de la vision, de l’équilibre ou du comportement doivent être évalués. Ces signes ont souvent une autre cause, mais un examen médical est nécessaire.
L’IRM cérébrale est l’examen d’imagerie de référence. Une biopsie ou une chirurgie peut ensuite permettre d’analyser la tumeur. L’examen anatomopathologique et les analyses moléculaires précisent le type de tumeur et contribuent au choix du traitement.
Selon la maladie, la prise en charge peut associer chirurgie, radiothérapie et traitements médicamenteux. Des traitements destinés à contrôler les symptômes et des soins de support peuvent également être proposés. La stratégie est discutée en réunion de concertation pluridisciplinaire.
Une tumeur primitive naît dans le cerveau ou ses structures proches. Une métastase cérébrale est formée par des cellules provenant d’un cancer situé dans un autre organe. Les traitements et le suivi ne sont pas les mêmes.
Oui. Un deuxième avis peut être utile pour confirmer un diagnostic, discuter une stratégie thérapeutique ou évaluer l’accès à un essai clinique. La demande doit être accompagnée d’un dossier médical complet, selon les modalités indiquées sur la plateforme dédiée de Gustave Roussy.