Bienvenue sur le nouveau site de Gustave Roussy
Un nouveau site pensé pour vous offrir une expérience plus simple, plus claire et plus intuitive. Patients, aidants, professionnels, donateurs : retrouvez plus facilement les informations, les actualités et les services.
Cancer du pancréas
Responsable :
Pr Michel Ducreux
Contact :
Tél. : +33 (0)1 42 11 57 99
E-mail
Comprendre la maladie
Le cancer du pancréas se développe lorsqu’une cellule du pancréas initialement saine se transforme (par exemple sous l’effet d’une mutation), puis se multiplie de manière incontrôlée jusqu’à la formation d’un amas de cellules cancéreuses appelé tumeur. La majorité des tumeurs se situent dans la tête du pancréas, partie de l'organe proche de l'intestin.
Dans 90 % des cas, le cancer du pancréas apparaît sous la forme d’un adénocarcinome canalaire pancréatique. Ce type de cancer se développe à partir des cellules qui produisent le suc pancréatique, nécessaire à la digestion des aliments.
Dans 10 % des cas, c’est un autre type de tumeur : une tumeur neuroendocrine qui se développe au niveau du pancréas.
On estime à environ 16 000 le nombre de nouveaux cas de cancer du pancréas par an en France, selon les données de l’Institut national du cancer. Cette pathologie touche environ autant d’hommes que de femmes.
Qu’est-ce que le pancréas ?
Le pancréas est la deuxième plus grosse glande de l'organisme. Il est situé dans la partie supérieure de l'abdomen, entre l'intestin grêle et la rate, juste derrière l'estomac, et joue un rôle essentiel dans la digestion des graisses et la régulation de la glycémie.
Le cancer du pancréas en chiffres
-
15 991
nouveaux cas en 2023.
-
71 ans
âge médian au diagnostic chez les hommes.
-
74 ans
âge médian au diagnostic chez les femmes.
Prévention et facteurs de risque
Le tabagisme est le principal facteur de risque connu du cancer du pancréas. Plus la consommation est importante et prolongée, plus le risque augmente. Il serait impliqué dans environ 20 à 30 % des cas.
Un excès de poids, en particulier lorsqu’il est associé à une accumulation de graisse abdominale, augmente le risque de développer un cancer du pancréas.
Les personnes atteintes de diabète, en particulier de type 2, présentent un risque accru de cancer du pancréas. À noter que, dans certains cas, un diabète d’apparition récente peut aussi être un signe précoce de la maladie.
La pancréatite chronique, c’est-à-dire une inflammation prolongée du pancréas, est un facteur de risque reconnu. Elle est souvent liée à une consommation excessive d’alcool.
Le risque de cancer du pancréas augmente avec l’âge, la majorité des cas survenant après 50 ans.
Une histoire familiale de cancer du pancréas ou certaines anomalies génétiques (comme les mutations des gènes BRCA) peuvent augmenter le risque.
Une alimentation riche en produits transformés et en graisses, ainsi qu’un mode de vie sédentaire, pourraient contribuer à augmenter le risque, même si ces liens restent encore en cours d’étude.
Symptômes
Les symptômes du cancer du pancréas sont souvent discrets et non spécifiques, ce qui explique que ce cancer est fréquemment diagnostiqué à un stade avancé.
Ces symptômes peuvent inclure :
- Douleurs dans la partie supérieure de l’abdomen, pouvant irradier vers le dos.
- Perte de poids inexpliquée et diminution de l’appétit.
- Jaunisse (jaunissement de la peau et du blanc des yeux).
- Fatigue persistante.
- Troubles digestifs (nausées, vomissements, diarrhées).
- Urines foncées et selles plus claires.
- Démangeaisons cutanées.
- Apparition récente d’un diabète ou déséquilibre d’un diabète existant.
- Formation de caillots sanguins dans certains cas.
Diagnostic
Gustave Roussy assure le diagnostic et le traitement du cancer du pancréas, mais accueille également les patients ayant déjà un diagnostic établi.
Plus de la moitié des patients présentent des métastases dès le diagnostic, notamment parce que les symptômes de l’adénocarcinome canalaire pancréatique sont peu spécifiques. Une série d’examens est donc indispensable pour évaluer l’état du pancréas et l’extension de la maladie afin d’établir un diagnostic précis.
Différents examens sont utilisés pour diagnostiquer un cancer du pancréas :
- Dans un premier temps, une échographie permet d'observer les organes à l'intérieur de l'abdomen et de visualiser la présence éventuelle d'une masse suspecte sur le pancréas.
Cet examen est complété par un scanner (appelé aussi TDM pour tomodensitométrie) pour observer plus précisément la tumeur détectée. Le scanner communique également des informations sur la taille de la tumeur, son emplacement, sur la distance entre la tumeur et les vaisseaux importants qui passent en périphérie du pancréas et sur son étendue éventuelle en dehors du pancréas. - En situation de tumeur localisée ou avant un éventuel traitement non chirurgical, une écho-endoscopie est réalisée dans le but de confirmer l’absence d’extension vasculaire de la maladie. Cet examen permet également d’identifier la nature de la tumeur de manière exacte en réalisant un prélèvement par voie interne.
- L’IRM hépatique joue un rôle important dans le bilan d’extension d’un adénocarcinome canalaire pancréatique. L’examen est réalisé afin de rechercher la présence de métastases hépatiques dans les cas de tumeurs résécables ou à la limite de la résécabilité.
Les décisions des modalités de traitement sont prises lors de réunions pluridisciplinaires (RCP). Ces réunions font intervenir plusieurs médecins de disciplines différentes : oncologues digestifs, chirurgiens hépatiques, radiothérapeutes et radiologues interventionnels, qui disposent d’un plateau technique de dernière génération. Un compte rendu de RCP est rendu pour chaque patient.
Instadiag
Le parcours InstaDiag pancréas
Le parcours InstaDiag pancréas, développé et proposé à Gustave Roussy, a pour objectif le diagnostic et le traitement des cancers du pancréas. Gustave Roussy a été sélectionné par l’INCa comme centre pilote pour la mise en place de ce parcours dans le cadre d’un projet d’amélioration des parcours de soins des cancers à mauvais pronostic.
[ajouter bouton liens vers page Instagiad Pancréas]
Traitements et essais cliniques
Le pronostic de l’adénocarcinome canalaire pancréatique est grandement lié à l’extension de la tumeur. Dans le cadre du traitement de cette pathologie et selon son stade d’envahissement vasculaire, trois types de tumeurs sont différenciés : les tumeurs résécables (pouvant être retirées par la chirurgie), à la limite de la résécabilité (aussi appelées borderline) et non-résécables.
La résection chirurgicale
La chirurgie est le traitement principal de l’adénocarcinome canalaire pancréatique résécable. Elle consiste à retirer la partie du pancréas sur laquelle la tumeur s'est développée. On parle de duodénopancréatectomie céphalique (DPC) pour une intervention sur la tête du pancréas ou de splénopancréatectomie gauche pour une opération sur la queue du pancréas. Une partie de l'intestin, de l'estomac, la vésicule biliaire et la rate peuvent également être enlevées pendant l'intervention pour éviter que des cellules cancéreuses se développent sur ces organes.
La chimiothérapie adjuvante
Lorsque la tumeur a été retirée par chirurgie, il est prescrit au patient une chimiothérapie dite adjuvante. Ce traitement a pour objectif de détruire les cellules cancéreuses persistantes après le retrait de la tumeur par chirurgie. Différentes molécules sont utilisées, seules ou en association (gemcitabine, 5-fluorouracil, acide folinique, oxaliplatine, irinotecan…).
La chimiothérapie néoadjuvante
La chimiothérapie est souvent le premier traitement administré pour un adénocarcinome canalaire pancréatique à la limite de la résécabilité. Elle est utilisée pour essayer de réduire la taille de la tumeur avant d’administrer d’autres traitements ou avant une opération. On la qualifie alors de "préopératoire" ou "néoadjuvante".
La radiothérapie
Il est possible de prescrire une radiothérapie ainsi qu’une chimiothérapie, ce qu’on appelle une chimioradiothérapie. Cette dernière peut être administrée après une chimiothérapie néoadjuvante si cette dernière a entrainé une réduction de la taille de la tumeur afin de compléter le traitement pré-opératoire. Si la tumeur évolue en cours de chimiothérapie, la radiothérapie est exclue puisqu’il est alors improbable d’observer une régression tumorale.
Après ces traitements, le médecin aura recours à la tomodensitométrie (TDM) pour réévaluer la tumeur.
La résection chirurgicale
Si la TDM révèle que la tumeur a régressé et si la concertation pluridisciplinaire de médecins envisage la possibilité de la retirer complètement par chirurgie après un traitement néoadjuvant, une résection chirurgicale peut alors être réalisée.
La chimiothérapie
Pour les adénocarcinomes canalaires pancréatiques localement avancés et métastatiques, la chimiothérapie est le plus souvent préconisée. En effet, des cas de rétrécissement, d’invasion du tronc porte (un des principaux vaisseaux du foie) ou d’extension artérielle empêchent toute intervention chirurgicale au niveau de la tumeur. La chimiothérapie a pour objectif de ralentir, voire arrêter, la progression de la maladie, diminuer la douleur et améliorer la qualité de vie du patient.
Radiothérapie
La radiothérapie peut être réalisée après une période de chimiothérapie afin d’augmenter la réponse au traitement médical et le temps de contrôle de la maladie. Elle peut également être prescrite pour maîtriser la douleur causée par le cancer. Il s’agit alors d’un traitement palliatif et non curatif.
Pour les cancers du pancréas, un traitement multimodal est le plus souvent mis en place, dans le respect des recommandations de bonnes pratiques, mais aussi en se basant sur les données les plus récentes de la littérature.
Gustave Roussy, centre réputé pour ses programmes de recherches cliniques, translationnelles et fondamentales, propose à chaque patient la réalisation d'un profil moléculaire personnalisé de pointe et la participation aux derniers essais cliniques innovants.
Rejoindre un essai clinique
De nombreux essais cliniques sont ouverts aux patients atteints cancers. Participer à un essai thérapeutique permet d'accéder à un traitement innovant, tout en contribuant au développement de nouvelles thérapies.
Témoignage
Recherche
Selon les caractéristiques et le stade du cancer, Gustave Roussy peut proposer aux patients de participer à des protocoles de recherche clinique. Les innovations thérapeutiques de ces protocoles permettent aux patients d’accéder aux nouvelles molécules et à une médecine de précision via la caractérisation moléculaire de chaque tumeur. Si elle est adaptée, l’orientation vers un essai thérapeutique sera évoquée avec les patients lors de leur prise en charge par leur oncologue référent, leur permettant d’accéder à des traitements innovants.
Focus sur le programme YODA
On constate une augmentation inquiétante de l’incidence des cancers gastro-intestinaux, dont les cancers du pancréas, chez les jeunes adultes (patients âgés de 20 à 49 ans). Dans la grande majorité, ces patients sont diagnostiqués à un stade métastatique et connaissent une survie plus courte puisque les directives actuelles en matière de dépistage concernent des personnes plus âgées.
Le programme de recherche YODA vise à générer des connaissances sur les facteurs de risque génétiques ou environnementaux à l’origine du développement et de la progression des cancers digestifs chez les jeunes adultes. Pour ce faire, une cohorte européenne de patients atteints de cancers digestifs précoce (patients âgés de 20 à 49 ans) et une cohorte de comparaison de patients atteints de cancers digestifs (patients âgés de 65 à 70 ans) seront constituées.
Contact
Responsable du comité gastro-digestif
Pr Michel Ducreux
Contact
Tél. : +33 (0)1 42 11 57 99
avis.digestif@gustaveroussy.fr
Questions fréquentes
Les principaux facteurs identifiés sont le tabac, le surpoids ou l’obésité, le diabète, la pancréatite chronique ainsi que certains antécédents familiaux ou prédispositions génétiques.
Dans la majorité des cas, il n’est pas héréditaire. Cependant, environ 5 à 10 % des cancers du pancréas sont liés à des mutations génétiques transmises au sein des familles.
Il n’est pas possible de prévenir totalement ce cancer, mais certains comportements permettent de réduire le risque, comme arrêter de fumer, maintenir un poids sain et limiter la consommation d’alcool.
Le cancer du pancréas évolue longtemps sans symptômes spécifiques. Les premiers signes étant discrets, le diagnostic est souvent posé à un stade avancé.