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Cancer de l’estomac
Responsable :
Pr Michel Ducreux
Contact :
+33 (0)1 42 11 57 99
E-mail
Comprendre la maladie
Le cancer de l’estomac est associé à plusieurs facteurs de risque, notamment à une infection à la bactérie Helicobacter pylori provoquant une inflammation chronique de l’estomac (gastrite chronique), au tabagisme, à une alimentation riche en produits salés et à une consommation insuffisante de légumes et de fruits frais, à des antécédents familiaux de cancer de l'estomac, ou encore à une prédisposition génétique augmentant le risque de développer un cancer de l'estomac.
Dans 90 % des cas, les cancers gastriques se développent à partir des cellules de la couche superficielle interne de l'estomac (muqueuse). Il s’agit alors d’adénocarcinomes. Les adénocarcinomes peuvent se former dans n'importe quelle partie de l’organe : sur les deux tiers supérieurs de l'estomac au niveau du corps ou du fundus (tumeurs proximales) ou sur le tiers inférieur de l'estomac, au niveau de l'antre (tumeurs distales).
Plus rarement, les cancers de l’estomac se développent sous la forme de tumeurs neuro-endocrines, de tumeurs stromales gastro-intestinales (GIST) ou de lymphomes. Ces types de cancers gastriques rares sont traités différemment de l'adénocarcinome.
Qu’est-ce que l’estomac ?
L’estomac est un organe clé du système digestif. Situé dans la partie supérieure de l’abdomen, entre l’œsophage et l’intestin grêle, il agit comme une véritable « chambre de transformation » des aliments. Après la déglutition, les aliments arrivent dans l’estomac où ils sont mélangés à des sucs gastriques puissants qui permettent de les fragmenter et de commencer leur digestion.
L’estomac joue également un rôle de régulation : il libère progressivement les aliments digérés vers l’intestin grêle, où les nutriments seront absorbés. Sa paroi interne est protégée par un mucus spécifique qui le défend contre l’acidité de ses propres sécrétions. Lorsque cet équilibre est perturbé, certaines maladies peuvent apparaître, allant de l’inflammation à des lésions plus complexes.
Le cancer de l’estomac en chiffres
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4 657
nouveaux cas en France chaque année.
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65 %
des nouveaux cas sont diagnostiqués chez des hommes.
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90 %
des cancers de l’estomac sont des adénocarcinomes.
Chiffres : Institut national du cancer.
Prévention et facteurs de risque
Lorsqu’un cancer de l’estomac apparaît, il se développe souvent progressivement à partir de lésions préexistantes de la muqueuse gastrique. Certaines inflammations chroniques, des infections comme Helicobacter pylori, ou encore des facteurs liés au mode de vie peuvent fragiliser l’estomac au fil du temps. Identifier et réduire ces facteurs permet de diminuer le risque et, dans certains cas, de détecter plus tôt des anomalies précancéreuses.
L’infection chronique par la bactérie Helicobacter pylori est l’un des principaux facteurs de risque du cancer de l’estomac. Elle provoque une inflammation durable de la muqueuse gastrique, pouvant évoluer vers des lésions précancéreuses. Le dépistage et le traitement de cette infection permettent de réduire significativement le risque de développer un cancer gastrique.
Le tabac augmente le risque de cancer de l’estomac en favorisant l’inflammation de la paroi gastrique et en altérant les mécanismes de réparation des cellules. L’arrêt du tabac constitue une mesure de prévention essentielle, car il réduit progressivement le risque de développer une tumeur gastrique.
Une alimentation riche en sel, en aliments fumés ou conservés par salaison peut irriter la muqueuse de l’estomac et augmenter le risque de cancer. À l’inverse, une alimentation variée, riche en fruits et légumes, contribue à protéger la paroi gastrique grâce à ses apports en fibres et en antioxydants.
Certaines formes de cancer de l’estomac sont associées à des prédispositions génétiques ou à des antécédents familiaux. Dans ces situations, un suivi médical adapté peut être proposé afin de surveiller l’apparition de lésions précoces et d’intervenir rapidement si nécessaire.
Le risque augmente avec l’âge, en raison de l’exposition prolongée aux facteurs irritants ou infectieux. Certaines maladies chroniques de l’estomac, comme la gastrite atrophique ou les polypes gastriques, peuvent également favoriser l’apparition de lésions précancéreuses. Un suivi régulier permet d’en assurer la surveillance.
Symptômes
Le cancer de l’estomac provoque souvent peu de symptômes au début, ce qui peut retarder son diagnostic. Lorsque des signes apparaissent, ils sont liés à l’irritation ou à l’altération progressive de la muqueuse gastrique et à l’évolution de la maladie. Ces symptômes incluent :
- Douleurs ou gêne abdominale : Une douleur persistante ou une sensation de brûlure dans la partie haute de l’abdomen peut être un signe d’atteinte de l’estomac.
- Perte d’appétit et amaigrissement : Une diminution de l’appétit, parfois associée à une perte de poids involontaire, est fréquente.
- Nausées, vomissements ou troubles digestifs : Des nausées, une digestion difficile, une sensation de lourdeur après les repas ou des vomissements peuvent accompagner la maladie.
- Satiété précoce : Le fait de se sentir « rassasié » très rapidement, même après de petites quantités de nourriture, peut être un signe d’obstruction ou d’inflammation.
- Fatigue persistante : Une fatigue durable peut être liée à une anémie provoquée par des saignements digestifs discrets mais répétés.
- Présence de sang dans les selles ou vomissements sanglants : Ces signes peuvent traduire d’un saignement de la paroi gastrique et nécessitent une consultation médicale rapide.
- Ballonnements ou inconfort après les repas : Une sensation de gonflement ou de malaise après avoir mangé peut apparaître lorsque l’estomac ne fonctionne plus normalement.
Diagnostic
Les symptômes du cancer gastrique sont peu spécifiques et peuvent se manifester par des douleurs épigastriques, voire par une perte de poids. Les symptômes étant peu spécifiques, une série d’examens est indispensable pour établir le diagnostic.
Le premier examen est la gastroscopie (fibroscopie) qui permet de visualiser la lésion, de la localiser précisément au sein de l’estomac et de réaliser des biopsies.
Il est également recommandé de compléter le bilan par un scanner du thorax et de l’abdomen pour évaluer l’extension de la maladie et rechercher d’éventuelles métastases. Selon la présentation, des examens plus poussés peuvent être proposés comme une cœlioscopie exploratrice, des dosages de marqueurs, des analyses moléculaires, une échographie transgastrique, un PET-scanner, etc.
Prise en charge
Gustave Roussy assure le diagnostic et le traitement du cancer de l’estomac, mais accueille également les patients ayant déjà un diagnostic établi.
L’ensemble des disciplines impliquées dans la prise en charge du cancer gastrique sont présentes à Gustave Roussy. Des équipes expertes en chirurgie, en oncologie digestive, en radiologie interventionnelle et en radiothérapie ont à leur disposition des plateaux techniques de dernière génération (PET-scan, IRM, salle hybride, chirurgie robotique…) et peuvent proposer à chaque patient le traitement le plus adapté.
Les décisions concernant les modalités de traitement sont prises lors de réunions pluridisciplinaires (RCP). Ces réunions font intervenir plusieurs médecins de disciplines différentes : oncologues digestifs, chirurgiens, radiothérapeutes et radiologues interventionnels. Un compte rendu de RCP est rendu pour chaque patient.
Nutrition
L’unité de nutrition de Gustave Roussy est particulièrement impliquée dans la prise en charge des cancers gastriques. Cette expertise permet de limiter les effets négatifs de la dénutrition en s’adaptant à chaque pathologie. Dans le cadre du cancer gastrique, elle encadre le retour à une alimentation normale en améliorant la qualité nutritionnelle des repas en hospitalisation comme à domicile.
Traitements
Le pronostic du cancer gastrique est variable. Son traitement doit être adapté et personnalisé en fonction des résultats d’examens
L’équipe de Gustave Roussy est pionnière et présente une expertise rare dans la prise en charge chirurgicale des cancers gastriques par voie robotique. L’établissement a été le premier en Europe à travailler avec le modèle le plus performant et à pouvoir développer cette prise en charge innovante.
La résection chirurgicale consiste à retirer une partie ou l’ensemble de l’estomac en fonction de la localisation de la tumeur. Cette intervention peut se faire par voie robot-assistée afin d’améliorer les suites post-opératoires. L’introduction de la chirurgie robotique permet aujourd’hui d’élargir les indications à travers la meilleure dextérité du geste et la visualisation 3D.
Cette intervention permet le retour à une vie normale dans la plupart des cas. L’équipe de Gustave Roussy est pionnière et présente une expertise rare dans la prise en charge chirurgicale des cancers gastriques par voie robotique. L’établissement a été le premier en Europe à travailler avec le modèle le plus performant et à pouvoir développer cette prise en charge innovante.
→ Plus d’informations sur la chirurgie robotique [notes : liens à revoir]
La chimiothérapie encadre le plus souvent la chirurgie. Le choix des molécules de traitement dépend de la présentation de chaque patient. Elle est adaptée au stade mais aussi à l’état général du patient. Elle dépend également du statut moléculaire de la maladie. De nombreuses études menées à Gustave Roussy ont permis d’affiner la prise en charge médicale des cancers de l’estomac.
Les thérapies ciblées sont des traitements à base de médicaments qui agissent sur des mécanismes spécifiques aux cellules cancéreuses. Actuellement, le principal médicament de thérapie ciblée autorisé à être utilisé dans le traitement du cancer gastrique est un inhibiteur de HER2. D’autres molécules sont en cours d’évaluation dans le cadre d’essais cliniques.
Le péritoine (membrane entourant tous les organes de l’abdomen) peut être touché en cas de cancer de l’estomac. Les équipes médicales et chirurgicales de Gustave Roussy sont référentes dans la prise en charge des atteintes du péritoine et ont développé tout un arsenal de traitements intra-péritonéaux, dont la PIPAC (chimiothérapie appliquée par aérosol) ou la CHIP (chimiothérapie intra-péritonéale hyper-thermique) qui peuvent être proposés en fonction des situations cliniques.
Gustave Roussy est spécialisé dans la prise en charge des atteintes du péritoine. Toutes les techniques de traitement locorégional sont disponibles et la plupart ont été développées au sein même de l’établissement.
La destruction tumorale percutanée et la radiothérapie peuvent permettre de traiter certaines lésions secondaires.
La destruction percutanée consiste en une technique mini-invasive guidée par l’imagerie qui détruit la tumeur par la chaleur (radiofréquence) ou par le froid (cryothérapie), permettant de diminuer très nettement les risques de complication. L’intervention se fait à travers la peau et est réalisée sous anesthésie générale par un radiologue interventionnel spécialisé dans les traitements assistés par imagerie médicale.
La radiothérapie stéréotaxique peut être indiquée notamment pour des patients avec une atteinte secondaire localisée.
L’efficacité de l’immunothérapie est hétérogène dans la prise en charge des cancers gastriques. Votre oncologue médical sera présent pour répondre à toute question sur les indications de ce traitement.
Recherche
Selon les caractéristiques et le stade du cancer, Gustave Roussy peut proposer aux patients de participer à des protocoles de recherche clinique. Les innovations thérapeutiques de ces protocoles permettent aux patients d’accéder aux nouvelles molécules et à une médecine de précision via la caractérisation moléculaire de chaque tumeur. Si elle est adaptée, l’orientation vers un essai thérapeutique sera évoquée avec les patients lors de leur prise en charge par leur oncologue référent, leur permettant d’accéder à des traitements innovants.
Rejoindre un essai clinique
De nombreux essais cliniques sont ouverts aux patients atteints cancers. Participer à un essai thérapeutique permet d'accéder à un traitement innovant, tout en contribuant au développement de nouvelles thérapies.
Contacts
Responsable :
Pr Michel Ducreux
Contact :
Tél. : +33 (0)1 42 11 57 99
E-mail : avis.digestif@gustaveroussy.fr
Le cancer de l’estomac est souvent lié à une infection par la bactérie Helicobacter pylori, à une alimentation déséquilibrée (riche en aliments salés ou fumés, pauvre en fruits et légumes), au tabagisme, à une consommation excessive d’alcool, ou à des antécédents familiaux. Certaines maladies chroniques de l’estomac, comme la gastrite atrophique, peuvent aussi augmenter le risque.
Les signes les plus fréquents incluent des douleurs persistantes à l’estomac, des difficultés à avaler, des nausées ou vomissements répétés, une perte de poids inexpliquée, une fatigue intense ou des saignements digestifs (selles noires ou vomissements sanglants). Il est important de consulter un médecin si ces symptômes durent plus de deux semaines.
Le diagnostic repose principalement sur une endoscopie digestive haute (gastroscopie) avec biopsie, complétée par des examens d’imagerie comme un scanner ou une échographie endoscopique. Des analyses sanguines peuvent aussi être réalisées pour affiner l’évaluation.
Helicobacter pylori est une bactérie qui infecte la muqueuse de l’estomac. Elle est responsable de la majorité des ulcères gastroduodénaux et constitue le principal facteur de risque de cancer de l’estomac. Cette infection, souvent contractée dans l’enfance, peut provoquer une inflammation chronique (gastrite) et, à long terme, favoriser l’apparition de lésions précancéreuses. Un test simple (sérologie, test respiratoire ou recherche dans les selles) permet de la détecter, et un traitement par antibiotiques peut l’éradiquer.