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Cancers gynécologiques
Responsable
Dr Patricia Pautier
Contact
Tél. : +33 (0)1 42 11 66 99
Comprendre la maladie
Les cancers gynécologiques concernent l’ensemble des cancers qui se développent dans les organes génitaux de la femme. Ils regroupent :
- Les cancers de l’endomètre (corps de l’utérus).
- Les cancers de l’ovaire, des trompes et du péritoine.
- Les cancers du col de l’utérus.
- Les cancers HPV induits
- Les cancers de la vulve et du vagin.
- Les tumeurs malignes rares gynécologiques ou ovariennes.
- Les sarcomes gynécologiques (utérins ou autres).
- Les maladies trophoblastiques.
L’ensemble de ces pathologies est pris en charge à Gustave Roussy, au sein du comité gynécologique.
Prévention et facteurs de risque
Le HPV est un facteur majeur dans plusieurs cancers gynécologiques. Il est responsable de la quasi-totalité des cancers du col de l’utérus et il est aussi impliqué dans une partie des cancers du vagin et de la vulve. Il s’agit d’une infection sexuellement transmissible très fréquente, le plus souvent éliminée spontanément par l’organisme, mais qui peut parfois persister et favoriser l’apparition de lésions précancéreuses puis d’un cancer.
La vaccination contre les HPV est l’un des moyens les plus efficaces pour prévenir ces cancers. En France, les HPV sont responsables de 7 130 nouveaux cas de cancers par an, et environ 30 000 lésions précancéreuses du col de l’utérus sont dépistées et traitées chaque année. La vaccination est recommandée chez les filles et les garçons de 11 à 14 ans, avec un rattrapage possible jusqu’à 26 ans pour les personnes non vaccinées plus jeunes.
Malgré son efficacité, la couverture vaccinale reste encore insuffisante en France. En 2023, elle était estimée à 54,6 % pour au moins une dose chez les filles de 15 ans, et à 44,7 % pour deux doses chez les filles de 16 ans. Santé publique France souligne que ces chiffres progressent, mais restent en deçà des objectifs de santé publique.
Le cancer du col de l’utérus peut être évité grâce à deux leviers complémentaires, la vaccination et le dépistage. Le dépistage permet de repérer des lésions précancéreuses ou des anomalies avant qu’un cancer ne se développe. Même en cas de vaccination, le dépistage reste indispensable chez les femmes concernées.
Le tabac est un facteur de risque reconnu, en particulier pour le cancer du col de l’utérus. Il peut agir en association avec une infection persistante par le HPV et favoriser le développement de lésions cancéreuses. Il est également impliqué plus largement dans de nombreux cancers.
Le surpoids et l’obésité augmentent le risque de plusieurs cancers gynécologiques, notamment celui de l’endomètre, qui est le cancer gynécologique le plus fréquent en France. Ils sont aussi associés à une augmentation du risque de cancer de l’ovaire. L’activité physique régulière joue, à l’inverse, un rôle protecteur, en particulier pour le cancer de l’endomètre.
Le diabète est un facteur de risque reconnu du cancer de l’endomètre. D’autres situations médicales peuvent également augmenter le risque selon les localisations, par exemple une infection par le VIH pour le cancer du col de l’utérus, ou certains traitements hormonaux comme le tamoxifène pour le cancer de l’endomètre.
Comme pour de nombreux cancers, le risque augmente avec l’âge. Les cancers de l’endomètre et de l’ovaire touchent plus souvent les femmes après la ménopause. Le cancer de l’ovaire est diagnostiqué à un âge médian de 70 ans, et le cancer de l’endomètre survient lui aussi le plus souvent après la ménopause.
Certaines formes de cancers gynécologiques sont favorisées par une prédisposition génétique. C’est particulièrement le cas pour le cancer de l’ovaire, où les mutations des gènes BRCA1 et BRCA2, ou plus rarement le syndrome de Lynch, constituent des facteurs de risque importants. La présence de plusieurs cas de cancers du sein ou de l’ovaire dans une même famille peut aussi justifier une vigilance particulière.
Symptômes
Les symptômes des cancers gynécologiques peuvent être discrets et peu spécifiques, en particulier à un stade précoce. Il est important de consulter en cas de signes inhabituels et persistants.
Ces symptômes peuvent inclure :
- Saignements vaginaux inhabituels (en dehors des règles, après la ménopause ou après un rapport).
- Douleurs pelviennes ou abdominales persistantes.
- Sensation de ballonnement ou augmentation du volume de l’abdomen.
- Troubles digestifs récents et persistants (constipation, nausées, sensation de satiété rapide).
- Besoins fréquents ou urgents d’uriner.
- Pertes vaginales inhabituelles (abondantes, malodorantes ou anormales).
- Douleurs lors des rapports sexuels.
- Fatigue persistante.
- Perte de poids inexpliquée.
Prise en charge
Gustave Roussy prend en charge les patientes atteintes de cancers gynécologiques suivants :
- Cancer de l'endomètre (corps de l'utérus).
- Cancer de l'ovaire, des trompes ou du péritoine.
- Cancer du col de l'utérus.
- Tumeur maligne rare gynécologique ou ovarienne.
- Sarcome gynécologique (utérin et autres).
- Maladie trophoblastique.
- Cancer du vagin ou de la vulve.
Le comité de gynécologie de Gustave Roussy a également développé une expertise dans la préservation de la fertilité ainsi que dans la prise en charge des cancers gynécologiques durant la grossesse.
Le diagnostic
L'Institut assure le diagnostic s'il n'a pas encore été établi et le traitement des cancers gynécologiques.
Le diagnostic est basé sur l'interrogatoire, l'examen clinique et l'histologie. Il est toujours nécessaire de réaliser des examens complémentaires : bilans sanguins, échographie abdomino-pelvienne, scanner, IRM (Imagerie par Résonance Magnétique), TEP (tomodensitométrie par émission de positons), colposcopie (examen du col), hystéroscopie diagnostique ou encore cœlioscopie exploratrice. La nécessité de ces examens dépend des résultats des examens cliniques, biologiques et du type de tumeur suspectée. Le diagnostic de certitude d'une lésion maligne est obligatoirement histologique.
InstaDiag
Focus sur InstaDiag gynéco
Gustave Roussy propose un parcours InstaDiag Gynéco dont l’objectif est de diagnostiquer et de proposer une prise en charge rapide et adaptée aux patientes ayant des résultats suspects à un examen réalisé en ville.
Traitements
Les décisions sur les modalités du traitement du cancer sont prises lors de la réunion hebdomadaire de la RCP de gynécologie. Les conclusions et propositions thérapeutiques sont transmises aux patientes par le médecin référent ou au cours de cette réunion.
Lorsque le diagnostic du cancer gynécologique a déjà été posé, le traitement peut reposer sur :
- La chirurgie
- La chimiothérapie
- La curiethérapie et/ou la radiothérapie externe
L'indication, les modalités et l'ordre d'administration des traitements se font en fonction du cancer traité, de l'extension de la maladie et des résultats des examens biologiques, cliniques, et/ou radiologiques.
En cas de lésion ovarienne suspecte, Gustave Roussy propose un accueil de chirurgie gynécologique en un jour, permettant de grouper les rendez-vous nécessaires avant la prise en charge chirurgicale.
Après le traitement
Après le traitement d'un cancer gynécologique, un suivi est nécessaire. Des visites auprès du médecin référent (radiothérapeute, chirurgien, oncologue médical) sont programmées à intervalles réguliers (le plus souvent tous les 4 mois, puis tous les 6 mois, puis tous les ans). Selon les antécédents personnels et/ou familiaux, la patiente peut être orientée en consultation d'oncogénétique.
Rejoindre un essai clinique
De nombreux essais cliniques sont ouverts aux patients atteints cancers. Participer à un essai thérapeutique permet d'accéder à un traitement innovant, tout en contribuant au développement de nouvelles thérapies.
Recherche
L’équipe de recherche dédiée aux cancers gynécologiques dirigée par la Pr Alexandra Leary à Gustave Roussy s’inscrit au cœur des enjeux actuels de l’oncologie, en se concentrant sur trois grandes localisations, les cancers de l’ovaire, de l’endomètre et du col de l’utérus. Ces pathologies représentent un défi majeur de santé publique, notamment en raison de leur diagnostic parfois tardif et du manque de solutions thérapeutiques efficaces en cas de rechute. L’équipe développe ainsi une approche intégrée et translationnelle, en lien étroit avec les cliniciens, pour mieux comprendre la maladie et proposer des réponses adaptées aux besoins des patientes.
Ses travaux reposent sur plusieurs axes de recherche complémentaires, allant de l’identification de biomarqueurs permettant d’anticiper l’efficacité des traitements à l’étude des mécanismes de résistance aux thérapies existantes. L’équipe s’intéresse également au développement de nouvelles stratégies thérapeutiques, notamment en immunothérapie, afin d’élargir les options de prise en charge. Cette recherche, directement nourrie par les questions issues du terrain clinique, vise à accélérer le passage des découvertes du laboratoire vers des applications concrètes pour les patientes.
L’objectif est clair : améliorer la survie et la qualité de vie des femmes atteintes de cancers gynécologiques en leur offrant un accès à des traitements toujours plus personnalisés et innovants. Portée par une forte dynamique collective et soutenue par l’engagement des patients et des donateurs, cette équipe contribue à faire évoluer les standards de prise en charge dans des cancers encore insuffisamment considérés, en plaçant les patientes au cœur de la recherche et de l’innovation.
Contacts
Responsable du comité multidisciplinaire de cancérologie gynécologique
Dr Patricia Pautier
Contact
Tél. : +33 (0)1 42 11 66 99