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Cancer de la prostate
Responsable
Pr Pierre Blanchard
Contact
+33 (0)1 42 11 47 99
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Comprendre la maladie
Le cancer de la prostate est le cancer le plus fréquent chez l'homme en France, avec près de 60 000 nouveaux cas diagnostiqués chaque année. Il représente la deuxième cause de décès par cancer chez l'homme, bien que son pronostic soit globalement favorable grâce aux progrès des traitements.
Il existe différents types de cancer de la prostate, la forme majoritaire étant un adénocarcinome qui se forme dans les cellules produisant le mucus et les fluides. D'autres formes plus rares incluent le carcinome à petites cellules, qui est plus agressif, et le carcinome urothélial. Il existe également des sarcomes et des carcinomes neuroendocrines, encore plus rares, mais souvent plus virulents. Chacune de ces formes présente des caractéristiques spécifiques qui influencent le choix du traitement et le pronostic du patient.
Dans la grande majorité des cas, ce cancer évolue lentement et reste longtemps localisé à la glande prostatique. C'est pourquoi une détection précoce est essentielle : lorsqu'il est pris en charge à un stade localisé, les chances de guérison sont très élevées.
L'agressivité du cancer est déterminée principalement par trois facteurs :
- L'extension du cancer (localisé dans la prostate, étendu aux ganglions ou dans d'autres organes)
- L'agressivité des cellules cancéreuses vues au microscope (score de Gleason).
- Le taux de PSA (Antigène Prostatique Spécifique) dans le sang.
Qu’est-ce que la prostate ?
La prostate est une petite glande de la taille d'une noix, située sous la vessie et devant le rectum, uniquement présente chez l'homme. Elle entoure le début de l'urètre, le canal qui permet l'évacuation de l'urine. Son rôle principal est de produire une partie du liquide séminal, qui nourrit et protège les spermatozoïdes. Jusqu'à la quarantaine, la prostate reste généralement stable, puis elle peut augmenter de volume avec l'âge, ce qui explique la fréquence des troubles urinaires chez l'homme vieillissant.
Le cancer de la prostate en chiffres
-
59 885
nouveaux cas en 2018
-
69 ans
âge moyen au diagnostic
Les facteurs de risque
Le principal facteur de risque du cancer de la prostate est l'âge. La maladie est rare avant 50 ans, mais son incidence augmente significativement à partir de cet âge. La grande majorité des cas est diagnostiquée chez des hommes de plus de 65 ans. C'est pourquoi une surveillance régulière est recommandée dès 50 ans, ou dès 45 ans en cas de facteurs de risque supplémentaires.
Avoir un père ou un frère atteint d'un cancer de la prostate augmente le risque d'en développer un à son tour. Certaines mutations génétiques, notamment les mutations des gènes BRCA1 et BRCA2, sont également associées à un risque accru. Ces gènes, connus pour leur rôle dans le cancer du sein, peuvent aussi prédisposer au cancer de la prostate sous une forme plus agressive.
Si certains facteurs de risque ne sont pas modifiables, adopter un mode de vie sain contribue à réduire le risque de cancer de la prostate. Une alimentation équilibrée, la pratique régulière d'une activité physique et le maintien d'un poids santé font partie des leviers de prévention identifiés.
Gustave Roussy propose aux hommes porteurs de mutations BRCA le parcours HARVEY, dans le cadre de son programme Interception. Cette journée dédiée combine des informations, des consultations individuelles et des ateliers de prévention animés par des experts en génétique, nutrition et activité physique. L'objectif : accompagner chaque homme dans la compréhension de son risque et dans la mise en place d'actions concrètes pour préserver sa santé.
Symptômes
Les symptômes à surveiller
Le cancer de la prostate engendre assez peu de symptômes : il est donc la plupart du temps découvert fortuitement à l’occasion d’une consultation ou d’examens médicaux. Néanmoins, dans certains cas ou à un stade avancé, des symptômes peuvent se manifester, tels que :
- Besoins fréquents et/ou urgents d’uriner.
- Difficulté à uriner (besoin de pousser, miction difficile à commencer ou à arrêter, jet d’urine faible ou qui s’interrompt).
- Sensation de ne pas avoir complètement vidé sa vessie après avoir uriné.
- Brûlure ou douleur en urinant.
- Présence de sang dans l’urine ou le sperme.
Sentir une anomalie dans la bourse n’est pas synonyme de cancer
Juste au-dessus du testicule se trouve l’épididyme, un petit organe qui est souvent le siège d’un kyste, donc d’une petite boule qui inquiète beaucoup les hommes et qui n’est absolument pas grave.
Au moindre doute, lorsque vous palpez quelque chose d’anormal, n’hésitez pas à prendre rendez-vous chez votre médecin généraliste en priorité. Il n’y a aucune honte à cela.
Au moindre doute, votre médecin généraliste vous prescrira une échographie. Il s’agit d’un examen indolore qui permettra de savoir avec certitude s’il s’agit d’une anomalie du testicule ou d’une anomalie de l’épididyme.
Prise en charge
Le comité urologique de Gustave Roussy prend en charge les patients atteints de tous les types de cancer de la prostate.
La prise en charge (diagnostic et traitement) du cancer de la prostate nécessite le travail conjoint de plusieurs médecins de diverses disciplines : chimiothérapeutes, chirurgiens, radiothérapeutes, radiologues, anatomo-pathologistes, en collaboration avec les médecins de ville. Chaque décision majeure est prise au cours de réunions de concertation pluridisciplinaires (RCP). Dans certains cas, la présence du patient à une réunion peut être requise.
Un accueil thérapeutique en un jour
À Gustave Roussy, un accueil thérapeutique rapide est proposé aux patients qui viennent pour un premier rendez-vous après un diagnostic de cancer de la prostate localisé. Cette première visite regroupe en une demi-journée la rencontre avec un urologue-oncologue et un radiothérapeute, ainsi qu’une réunion de concertation pluridisciplinaire, permettant d'obtenir dans la journée une stratégie de traitement adaptée (radiothérapie externe, curiethérapie, chirurgie, hormonothérapie, surveillance active) et établie en concertation avec les patients.
Si un traitement est le plus souvent nécessaire, celui-ci est rarement urgent, du fait de la lenteur d’évolution du cancer de la prostate. Le patient peut dans certains cas avoir le choix entre plusieurs types de traitements. Il est donc important de prendre le temps de comprendre les différents traitements et leurs effets secondaires. C'est un des objectifs de la consultation d'accueil.
Traitements et essais cliniques
La prise en charge thérapeutique du cancer de la prostate dépend de l’avancée de la maladie.
Lorsque la tumeur est limitée à la prostate, les traitements reposent sur :
La chirurgie.
Le traitement chirurgical du cancer de la prostate consiste à enlever la prostate et les vésicules séminales (prostatectomie radicale). Si la chirurgie est nécessaire, elle pourra être pratiquée dans certains cas à Gustave Roussy ou à l'hôpital Bicêtre, partenaire de Gustave Roussy.
La radiothérapie externe.
Des rayons sont envoyés par un appareil de précision à l'extérieur du corps, par des faisceaux d'irradiation convergeant dans la prostate. Elle s'effectue sous forme de courtes séances chaque jour, pour une durée totale de traitement de 7 à 8 semaines.
La radiothérapie hypofractionnée, technique en plein développement permettant de limiter le nombre de séances de radiothérapie, est également possible à Gustave Roussy.
La curiethérapie (radiothérapie interne).
Deux techniques de curiethérapie sont actuellement proposées à Gustave Roussy :
Le traitement classique par petits grains radioactifs implantés de manière permanente dans la prostate à l'aide d'aiguilles sous anesthésie générale
Le traitement par haut débit, qui consiste à introduire temporairement des cathéters dans la prostate, dans lesquels une microsource d'iridium-192 délivre des doses radioactives très élevées. Ce traitement est généralement prévu en deux séances, préalablement à une radiothérapie externe.
Les traitements par médicaments.
Ils reposent sur :
L'hormonothérapie dite conventionnelle (analogues de la LH-RH : administrés par injection tous les 3 mois ou anti-androgènes périphériques administrés par la bouche) ou de nouvelle génération.
La chimiothérapie (seule ou combinée), administrée le plus souvent par voie veineuse.
Le patient en rechute biochimique isolée (réascension du taux de PSA) après chirurgie est traité soit par une radiothérapie de rattrapage sur la loge de prostatectomie, soit par une hormonothérapie : différents essais thérapeutiques sont en cours à ce sujet et pourraient vous être proposés.
Après radiothérapie externe et après curiethérapie, un patient en rechute biochimique est traité en fonction de la vitesse de la réascension du taux de PSA : une hormonothérapie ou une simple surveillance peuvent être proposées.
Les métastases correspondent à des cellules tumorales fabriquées au niveau de la prostate et qui sont allées se loger dans d'autres organes en étant véhiculées soit par le sang soit par les canaux lymphatiques.
Le plus souvent, les métastases de cancer de la prostate se situent au niveau des ganglions lymphatiques et de l'os. Le traitement initial des métastases du cancer de la prostate repose sur un traitement hormonal qui a pour objectif premier de faire baisser le taux de testostérone (hormone mâle) dans le sang.
Ce traitement hormonal repose soit sur des injections de médicaments par voie sous-cutanée ou intramusculaire (tous les mois ou tous les trois mois), soit sur une intervention chirurgicale portant sur les testicules. Un traitement sous forme de comprimés anti-hormonaux (les anti-androgènes périphériques) peut être associé.
Quand la maladie résiste au traitement hormonal, plusieurs mesures vont être discutées :
Soit une modification du traitement hormonal.
Soit une chimiothérapie utilisant le docétaxel, au besoin renforcée par l'Estramustine.
Soit l'utilisation d'un traitement à visée osseuse sous forme de perfusion intraveineuse mensuelle (acide zolédronique).
Par ailleurs, de nombreux médicaments prometteurs sont disponibles dans cette situation, dans le cadre d'essais cliniques menés à Gustave Roussy.
Rejoindre un essai clinique
De nombreux essais cliniques sont ouverts aux patients atteints cancers. Participer à un essai thérapeutique permet d'accéder à un traitement innovant, tout en contribuant au développement de nouvelles thérapies.
Recherche
Le cancer de la prostate fait l'objet de nombreux travaux de recherche à Gustave Roussy, qui ont permis de mettre au point ces dernières années des traitements de plus en plus efficaces. Des essais cliniques visent à évaluer d’autres traitements et techniques innovants, ainsi que différents schémas d'administration.
Cette recherche sur le cancer de la prostate s'organise aujourd’hui autour de trois axes :
- Prévoir comment la tumeur va réagir à la chimiothérapie et élucider les mécanismes de résistance pour éviter les métastases et améliorer les traitements.
- Identifier les caractéristiques de la tumeur de chaque patient pour un traitement personnalisé.
- Développer des thérapies moins toxiques et moins invalidantes, mais tout aussi efficaces, pour améliorer la qualité de vie du patient.
Contacts
Responsable du comité urologique
Pr Pierre Blanchard
Contact
Tél. : +33 (0)1 42 11 47 99
Questions fréquentes
Au stade précoce, le cancer de la prostate ne provoque souvent aucun symptôme. À un stade plus avancé, certains signes peuvent apparaître : difficultés à uriner, besoin fréquent d'uriner, douleurs osseuses ou sang dans les urines. Ces symptômes ne sont pas spécifiques au cancer et peuvent aussi être liés à d'autres pathologies prostatiques bénignes.
Le dépistage repose principalement sur deux examens : le dosage du PSA (antigène prostatique spécifique) par une prise de sang, et le toucher rectal réalisé par un médecin. Ces examens permettent de détecter d'éventuelles anomalies et d'orienter vers des investigations complémentaires si nécessaire.
Non. La grande majorité des cancers de la prostate évoluent lentement et ne menacent pas le pronostic vital, surtout lorsqu'ils sont détectés tôt. Dans certains cas, une simple surveillance active peut être proposée, sans traitement immédiat. D'autres formes, plus agressives, nécessitent en revanche une prise en charge rapide.
Plusieurs options thérapeutiques existent, adaptées au stade de la maladie et au profil de chaque patient : surveillance active, chirurgie (prostatectomie), radiothérapie, hormonothérapie, ou encore des traitements focaux. À Gustave Roussy, chaque situation est discutée en réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP) pour proposer la prise en charge la plus adaptée.
Il n'existe pas de prévention absolue, mais certains facteurs modifiables peuvent réduire le risque : une alimentation équilibrée, une activité physique régulière et la limitation de la consommation d'alcool. Pour les hommes à risque génétique, un accompagnement personnalisé est possible, notamment via le programme Interception de Gustave Roussy.