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Cancer du foie
Responsable :
Pr Michel Ducreux
Contact :
Tél. : +33 (0)1 42 11 57 99
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Comprendre la maladie
Environ 11 658 nouveaux cas de cancer du foie sont diagnostiqués chaque année en France, principalement chez des hommes. On distingue deux grands types de cancers du foie :
- Dans 90% des cas, le cancer du foie apparaît sous la forme d’un carcinome hépatocellulaire, ou hépatocarcinome. Ce type de cancer prend le plus souvent naissance dans les cellules qui forment la majeure partie du foie. Le carcinome hépatocellulaire a principalement pour origine la cirrhose du foie, dont les principales causes sont la surconsommation d’alcool, les virus de l’hépatite B et C, ou l'accumulation de graisse dans les cellules du foie (20% des cas). Le développement d’une cirrhose s’échelonne sur plusieurs années et constitue un véritable état précancéreux.
- Le cancer du foie peut également apparaître dans les cellules qui tapissent les canaux biliaires à l’intérieur du foie. Il s’agit alors d’un cancer des voies biliaires ou d’un cholangiocarcinome.
Qu’est-ce que le foie ?
Le foie est un organe essentiel situé dans la partie supérieure droite de l’abdomen. C’est l’un des plus grands organes du corps humain et il joue un rôle central dans de nombreuses fonctions vitales. Il filtre le sang pour éliminer les toxines, transforme les nutriments issus de la digestion pour fournir de l’énergie et produit la bile, indispensable à la digestion des graisses.
Le foie participe également à la défense immunitaire et stocke des réserves importantes comme le sucre, certaines vitamines et des minéraux. Il possède une capacité remarquable à se régénérer, ce qui lui permet de réparer une partie de ses tissus lorsqu’il est endommagé.
Même s’il est robuste, le foie peut être fragilisé par des infections, une consommation excessive d’alcool, une surcharge en graisses ou certains médicaments. Prendre soin de son foie est essentiel pour préserver l’équilibre général de l’organisme.
Le cancer du foie en chiffres
-
11 658
nouveaux cas en France chaque année.
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75 %
des nouveaux cas sont diagnostiqués chez des hommes.
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73 ans
d’âge médian au diagnostic chez les femmes.
-
70 ans
d’âge médian au diagnostic chez les hommes.
Prévention et facteurs de risque
Lorsqu’un cancer du foie apparaît, il survient souvent sur un organe déjà fragilisé. Les principales causes sont les hépatites virales, l’accumulation de graisses dans le foie ou encore la cirrhose, quelle qu’en soit l’origine. Lorsque la cirrhose est connue et suivie, un dépistage régulier par échographie permet de détecter plus tôt d’éventuelles anomalies et d’envisager plus facilement un traitement curatif.
La consommation excessive d’alcool est l’un des facteurs de risque majeurs des cancers du foie. L’alcool entraîne une inflammation progressive qui peut évoluer vers une cirrhose. Réduire ou arrêter la consommation d’alcool est l’une des mesures les plus efficaces pour protéger le foie et limiter l’évolution vers des complications graves.
Le surpoids, l’obésité et certaines habitudes alimentaires favorisent la stéatose hépatique, c’est‑à‑dire l’accumulation de graisses dans le foie. Cette situation peut rester silencieuse pendant longtemps avant de provoquer une inflammation ou une fibrose. Une alimentation équilibrée et une activité physique régulière contribuent à réduire ce risque.
Les hépatites B et C sont des infections virales qui peuvent entraîner une inflammation chronique du foie et favoriser l’apparition d’une cirrhose ou d’un cancer du foie. La vaccination contre l’hépatite B, le dépistage et la prise en charge précoce des infections permettent de réduire significativement ces risques.
Certains médicaments, compléments ou produits chimiques peuvent être toxiques pour le foie lorsqu’ils sont utilisés de manière prolongée ou inadaptée. La prévention repose sur un usage raisonné des traitements, le respect des doses prescrites et la vigilance face à l’automédication.
Le risque de maladies du foie augmente avec l’âge, en raison de l’exposition prolongée aux différents facteurs toxiques ou infectieux au cours de la vie. Certaines personnes présentent également des prédispositions génétiques ou des maladies auto‑immunes qui rendent leur foie plus vulnérable.
Symptômes
Le cancer du foie provoque souvent peu de symptômes au début, ce qui explique qu’il puisse être découvert tardivement. Lorsque les symptômes apparaissent, ils sont liés à l’altération progressive du fonctionnement du foie et à l’évolution de la maladie.
Ces symptômes incluent :
- Douleurs abdominales : Une douleur ou une gêne persistante dans la partie supérieure droite de l’abdomen peut être un signe d’atteinte du foie.
- Perte d’appétit et amaigrissement : Une diminution progressive de l’appétit, parfois associée à une perte de poids involontaire, est fréquente.
- Fatigue inhabituelle : Une sensation de fatigue persistante peut apparaître, liée au dysfonctionnement du foie.
- Nausées ou troubles digestifs : Des nausées, une digestion difficile ou une sensation de ballonnement peuvent accompagner la maladie.
- Augmentation du volume de l’abdomen : L’accumulation de liquide dans l’abdomen (ascite) peut entraîner un gonflement visible.
- Jaunisse : Une coloration jaune de la peau et des yeux peut survenir lorsque le foie n’arrive plus à éliminer correctement la bilirubine.
- Démangeaisons : Elles peuvent être liées à l’accumulation de substances que le foie n’élimine plus efficacement.
Instadiag
Le parcours InstaDiag foie
Afin d’optimiser le diagnostic des cancers du foie et d’accélérer la prise en charge thérapeutique des patients concernés, Gustave Roussy a développé le parcours InstaDiag foie. L’Institut a été sélectionné par l’INCa comme centre pilote pour la mise en place de ce parcours dans le cadre d’un projet d’amélioration des parcours de soins des cancers à mauvais pronostic.
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Prise en charge
Gustave Roussy assure le diagnostic et le traitement des cancers du foie, mais accueille également les patients ayant déjà un diagnostic établi.
L’ensemble des disciplines impliquées dans la prise en charge du carcinome hépatocellulaire sont présentes à Gustave Roussy. Des équipes expertes en chirurgie hépatique, radiologie interventionnelle, radiothérapie et oncologie digestive ont à leur disposition des plateaux techniques de dernière génération (PET-scan, IRM, salle hybride, chirurgie robotique, …), et peuvent proposer à chaque patient le traitement le plus adapté.
Les décisions sur les modalités de traitement sont prises lors de réunions pluridisciplinaires (RCP). Ces réunions font intervenir plusieurs médecins de disciplines différentes : oncologues digestifs, chirurgiens hépatiques, radiothérapeutes et radiologues interventionnels qui disposent d’un plateau technique de dernière génération. Un compte rendu de RCP est rendu pour chaque patient.
Traitements
Le pronostic du carcinome hépatocellulaire n’est pas seulement lié à l’étendue de la tumeur, mais aussi à la gravité de la cirrhose. À Gustave Roussy, différents traitements peuvent être mis en œuvre pour le soigner.
La résection chirurgicale est une opération chirurgicale qui consiste en une exérèse complète de la partie du foie dans laquelle la tumeur s’est développée. Cette intervention ne peut se faire qu’en cas de lésion unique et en l’absence de complications liées à la cirrhose, et nécessite une bonne fonction hépatique chez le patient. La chirurgie mini-invasive par voie cœlioscopique ou robot-assistée est aujourd’hui proposée à la majorité des patients à Gustave Roussy afin d’améliorer les suites post-opératoires.
Le recours à la chirurgie robotique à Gustave Roussy permet aujourd’hui d’élargir les indications à travers la meilleure dextérité du geste et la visualisation 3D.
La destruction tumorale percutanée constitue une alternative à la chirurgie. Elle consiste en une technique mini-invasive guidée par l’imagerie qui détruit la tumeur par la chaleur (radiofréquence) ou par le froid (cryothérapie), permettant de diminuer très nettement les risques de complication. L’intervention se fait à travers la peau et est réalisée sous anesthésie générale par un radiologue interventionnel spécialisé dans les traitements assistés par imagerie médicale.
La chimio-embolisation ou la radio-embolisation sont des traitements dits « loco-régionaux ». Ils s’adressent aux patients ayant un carcinome hépatocellulaire limité au foie. Ils consistent à injecter dans l’artère hépatique des particules, de plus ou moins gros diamètre, radioactives ou contenant un médicament de chimiothérapie.
Gustave Roussy est pionnier dans les traitements loco-régionaux avec une équipe de radiologie interventionnelle [notes : lien vers traitements à ajouter] experte et mondialement reconnue. L’accès à tous ces traitements mais aussi à toutes les innovations est garanti grâce à un plateau technique unique en Europe, réunissant immunothérapie intra-tumorale, immunothérapie intra-artérielle hépatique, guidage robot-assisté, combinaisons thérapeutiques multimodales, etc.
Aussi appelée greffe du foie, la transplantation hépatique a l’avantage de traiter à la fois la cirrhose et le carcinome hépatocellulaire. Néanmoins, ce traitement ne peut être proposé qu’à une minorité de patients (moins de 5%) en raison de l’âge, des comorbidités, des critères restrictifs de l’étendue de la tumeur et de la pénurie de greffons. La greffe de foie étant très centralisée en France, sa réalisation est restreinte à deux centres en Île-de-France avec lesquels Gustave Roussy collabore étroitement.
D’autres types de traitements du carcinome hépatocellulaire sont réalisés à Gustave Roussy. Il s’agit cependant de traitements visant à ralentir la progression de la tumeur si une intervention chirurgicale ou une destruction percutanée n’est pas possible, ou dans l'attente d'une greffe de foie.
La radiothérapie stéréotaxique peut être indiquée notamment pour des patients avec une maladie localisée mais dont la taille et/ou la fonction hépatique ne permettent pas la réalisation de traitements à visée curative.
Les thérapies ciblées sont des traitements à base de médicaments qui agissent sur des mécanismes spécifiques aux cellules cancéreuses. Actuellement, le principal médicament de thérapie ciblée autorisé à être utilisé dans le traitement du carcinome hépatocellulaire est le bevacizumab associé à l’immunothérapie. Il ralentit la progression du cancer en agissant sur la vitesse de croissance des cellules cancéreuses et en empêchant le développement des vaisseaux sanguins qui alimentent la tumeur. D’autres molécules sont en cours d’évaluation dans le cadre d’essais cliniques.
L’efficacité de l’immunothérapie est désormais bien démontrée pour le carcinome hépatocellulaire avancé et elle a obtenu une autorisation de mise sur le marché dans cette indication. Il s’agit d’un traitement généralement bien toléré, y compris en cas de maladie chronique du foie souvent associée à la tumeur. L’immunothérapie n’agit pas directement sur les cellules cancéreuses comme le fait la chimiothérapie classique, mais agit indirectement en stimulant les défenses immunitaires du malade dirigées contre ses propres cellules tumorales.
Recherche
Selon les caractéristiques et le stade du cancer, Gustave Roussy peut proposer aux patients de participer à des protocoles de recherche clinique. Les innovations thérapeutiques de ces protocoles permettent aux patients d’accéder aux nouvelles molécules et à une médecine de précision via la caractérisation moléculaire de chaque tumeur. Si elle est adaptée, l’orientation vers un essai thérapeutique sera évoquée avec les patients lors de leur prise en charge par leur oncologue référent, leur permettant d’accéder à des traitements innovants.
Rejoindre un essai clinique
De nombreux essais cliniques sont ouverts aux patients atteints cancers. Participer à un essai thérapeutique permet d'accéder à un traitement innovant, tout en contribuant au développement de nouvelles thérapies.
Responsable du comité gastro-digestif
Pr Michel Ducreux
Contact
Tél. : +33 (0)1 42 11 57 99
avis.digestif@gustaveroussy.fr
Questions fréquentes
Le cancer du foie correspond à la présence de cellules anormales qui se développent au sein du tissu hépatique. Le type le plus fréquent est le carcinome hépatocellulaire, qui apparaît le plus souvent sur un foie déjà fragilisé, notamment en cas de cirrhose ou d’hépatite virale chronique.
Le cancer du foie peut rester silencieux longtemps. Lorsque des signes apparaissent, ils peuvent inclure des douleurs dans la partie supérieure droite de l’abdomen, une fatigue inhabituelle, une perte d’appétit, un amaigrissement, un gonflement de l’abdomen ou une jaunisse. Ces symptômes ne sont pas spécifiques et doivent conduire à consulter un médecin pour un avis adapté.
Le diagnostic repose généralement sur l’imagerie, en particulier l’échographie, le scanner ou l’IRM. Ces examens permettent d’identifier une lésion suspecte. Des analyses sanguines peuvent compléter l’évaluation. Dans certains cas, une biopsie est nécessaire pour confirmer la nature de la tumeur.
La prévention repose surtout sur la protection du foie : vaccination contre l’hépatite B, dépistage et traitement des hépatites virales, réduction de la consommation d’alcool, maintien d’un poids stable et limitation des facteurs toxiques. Chez les personnes atteintes de cirrhose, un suivi régulier par échographie tous les six mois permet de détecter la maladie plus tôt.