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Lymphomes non Hodgkiniens
Les lymphomes non hodgkiniens de l’enfant et de l’adolescent regroupent plusieurs cancers des lymphocytes B ou T. Leur croissance est souvent rapide, mais ils sont généralement très sensibles aux traitements. Un diagnostic précis et une prise en charge spécialisée sans délai sont essentiels.
Le système lymphatique fait partie du système immunitaire. Il comprend les ganglions, les vaisseaux lymphatiques, la rate, le thymus, les amygdales et la moelle osseuse. Les lymphomes non hodgkiniens apparaissent lorsqu’un lymphocyte acquiert des anomalies qui entraînent sa multiplication incontrôlée.
Chez l’enfant, la grande majorité de ces lymphomes appartient à des formes agressives, différentes des nombreux lymphomes indolents rencontrés chez l’adulte. Leur classification repose sur l’aspect des cellules, leur immunophénotype et leurs caractéristiques génétiques ou moléculaires.
Une urgence diagnostique et thérapeutique
Certains lymphomes pédiatriques peuvent doubler rapidement de volume et provoquer une compression thoracique, abdominale ou neurologique. Le diagnostic, la prévention du syndrome de lyse tumorale et le traitement doivent être organisés sans délai dans une unité spécialisée.
Les principaux types de lymphomes
Lymphome B mature à croissance très rapide, souvent localisé dans l’abdomen en Europe. Il peut aussi atteindre la moelle osseuse ou le système nerveux central.
Lymphome B mature pouvant se développer dans les ganglions ou en dehors de ceux-ci. Il comprend notamment des formes médiastinales spécifiques chez l’adolescent.
Le plus souvent issu de lymphocytes T immatures et fréquemment situé dans le médiastin. Les formes B existent également. Son traitement est proche de celui des leucémies aiguës lymphoblastiques.
Lymphome généralement d’origine T, souvent associé à l’expression de CD30. Chez l’enfant, une anomalie du gène ALK est fréquente.
Lymphomes associés à un déficit immunitaire, lymphomes primitifs du système nerveux central, lymphomes cutanés ou autres entités rares nécessitent une expertise diagnostique spécifique.
Pour certaines maladies lymphoblastiques ou B matures, lymphome et leucémie représentent deux présentations d’une même entité. L’importance de l’atteinte médullaire contribue à la dénomination et à la stratégie.
Une classification pédiatrique spécifique
La distinction ancienne entre lymphomes « agressifs » et « indolents » ne décrit pas correctement la situation de l’enfant. Les principaux lymphomes pédiatriques sont agressifs, mais souvent très curables lorsqu’ils sont traités par un protocole adapté.
Pourquoi la maladie apparaît-elle ?
Dans la majorité des cas, aucune cause n’est identifiée. La maladie n’est pas due à l’alimentation, au mode de vie, à l’éducation ou à un événement psychologique.
Un risque accru existe chez certains enfants présentant un déficit immunitaire constitutionnel ou acquis, après une transplantation ou dans certaines maladies génétiques. Des infections virales peuvent intervenir dans des contextes particuliers. Ces situations ne représentent toutefois qu’une minorité des lymphomes pédiatriques.
Les symptômes
Les signes dépendent principalement du siège de la maladie et peuvent évoluer rapidement.
Douleurs, ventre augmenté de volume, masse, ballonnements, vomissements, constipation ou signes d’occlusion.
Toux persistante, essoufflement, douleur thoracique, gonflement du cou ou du visage lié à une compression des gros vaisseaux.
Ganglion qui augmente rapidement, obstruction nasale, gêne pour avaler ou augmentation du volume d’une amygdale.
Douleurs osseuses, lésions cutanées, maux de tête, faiblesse ou autres symptômes neurologiques selon la localisation.
Pâleur, fatigue, infections ou saignements peuvent apparaître lorsque la moelle osseuse est atteinte.
Fièvre, sueurs nocturnes, perte de poids ou altération de l’état général sont possibles mais non spécifiques.
Quand consulter en urgence
Une gêne respiratoire, un gonflement rapide du visage ou du cou, une douleur abdominale intense, des vomissements persistants, une faiblesse neurologique ou une altération rapide de l’état général nécessitent une évaluation urgente. En cas de masse thoracique suspectée, certaines anesthésies peuvent présenter un risque et doivent être planifiées par une équipe experte.
Le diagnostic
Le diagnostic repose sur l’analyse de cellules ou de tissu tumoral obtenus par biopsie, ponction d’un épanchement ou prélèvement médullaire selon la localisation. Les examens associent morphologie, immunophénotypage, cytogénétique et biologie moléculaire.
Le prélèvement doit être organisé rapidement, mais aussi dans de bonnes conditions afin de conserver suffisamment de matériel pour toutes les analyses. Une chirurgie étendue n’est généralement pas nécessaire pour établir le diagnostic.
Le bilan d’extension
Le bilan précise les territoires atteints et recherche une extension à la moelle osseuse ou au système nerveux central. Il peut associer scanner, IRM, TEP-TDM selon le sous-type, ponction lombaire et étude de la moelle osseuse. Le choix des examens dépend de l’entité suspectée et de l’état clinique.
Prévenir le syndrome de lyse tumorale
La destruction rapide des cellules tumorales peut libérer dans le sang de grandes quantités de potassium, phosphate et acide urique, avec un risque notamment rénal et cardiaque. Une hydratation, des médicaments préventifs et une surveillance biologique rapprochée sont mis en place avant et pendant le début du traitement.
Les traitements
La chimiothérapie constitue le traitement principal. Son intensité, sa durée et son organisation diffèrent fortement selon le type de lymphome, le stade, les organes atteints et la réponse. Les traitements pédiatriques sont protocolisés et doivent être administrés dans une équipe expérimentée.
Lymphomes B matures
Les lymphomes de Burkitt et diffus à grandes cellules B sont traités par des cures courtes et intensives. Le rituximab, anticorps dirigé contre CD20, est intégré au traitement de certaines formes B matures, notamment à haut risque.
Lymphomes lymphoblastiques
Le traitement est prolongé et proche de celui d’une leucémie aiguë lymphoblastique. Il comprend plusieurs phases successives et une prévention de l’atteinte du système nerveux central.
Lymphome anaplasique à grandes cellules
La chimiothérapie reste le traitement de première ligne. En cas de rechute ou de maladie réfractaire, des traitements ciblant CD30 ou ALK peuvent être discutés selon la situation et les protocoles.
La chirurgie
Elle sert surtout à obtenir le diagnostic ou à traiter une complication. Une exérèse large de la masse n’est généralement pas utile, car ces lymphomes sont très sensibles aux traitements médicaux.
La radiothérapie
Elle est devenue exceptionnelle en première ligne chez l’enfant. Elle peut être discutée dans quelques situations particulières, notamment pour certaines urgences ou maladies réfractaires.
Recherche et traitements innovants
Les recherches portent sur les anticorps ciblés, les inhibiteurs de voies moléculaires, les anticorps bispécifiques et les cellules CAR-T dans certaines maladies B réfractaires ou en rechute. Leur utilisation dépend des preuves disponibles, de l’autorisation et des critères des essais.
Pourquoi la durée varie-t-elle autant ?
Un lymphome B mature peut être traité par des séquences courtes et très intensives, tandis qu’un lymphome lymphoblastique nécessite un traitement prolongé. Le nom précis du lymphome est donc indispensable pour comprendre le calendrier proposé.
Le pronostic
Les progrès thérapeutiques ont permis d’obtenir des taux de guérison élevés. Les données américaines récentes rapportent une survie relative à cinq ans d’environ 90 % pour l’ensemble des lymphomes non hodgkiniens diagnostiqués avant 20 ans. Ce chiffre global ne prédit pas l’évolution individuelle.
Le pronostic dépend du sous-type, de l’extension, de certains marqueurs biologiques, de l’atteinte éventuelle du système nerveux central ou de la moelle osseuse et, surtout, de la réponse au traitement. Certaines formes localisées guérissent très fréquemment, tandis que les maladies réfractaires ou en rechute restent plus difficiles à traiter.
Un chiffre moyen à interpréter avec prudence
Les lymphomes non hodgkiniens regroupent plusieurs maladies traitées différemment. L’équipe médicale peut expliquer le pronostic à partir du diagnostic précis et de la réponse observée.
En cas de rechute ou de maladie réfractaire
Une nouvelle caractérisation de la maladie peut être nécessaire. La stratégie dépend du sous-type, du site et du délai de rechute ainsi que des traitements déjà reçus. Elle peut associer chimiothérapie de rattrapage, anticorps ciblés, thérapie dirigée contre une anomalie moléculaire, autogreffe ou allogreffe de cellules souches et essai clinique.
Le suivi après les traitements
Le suivi recherche une éventuelle rechute et les effets tardifs. Il repose sur les consultations, l’examen clinique, les analyses biologiques et des examens d’imagerie adaptés au risque et aux symptômes.
La surveillance dépend des médicaments reçus, de leur dose cumulée et des complications survenues pendant le traitement.
Après certaines chimiothérapies ou immunothérapies, la récupération immunitaire et les vaccinations sont discutées avec l’équipe.
Les risques dépendent des traitements et justifient une information et un suivi individualisés.
Scolarité, activité physique adaptée, nutrition, soutien psychologique et accompagnement social sont intégrés selon les besoins.
La prise en charge à Gustave Roussy
Le Département de Cancérologie de l’Enfant et de l’Adolescent coordonne une prise en charge multidisciplinaire avec les équipes d’hématologie, d’anatomopathologie, de biologie, d’imagerie, de soins intensifs, de chirurgie partenaire, de pharmacie et de soins de support. Les patients accueillis ont entre 0 et 25 ans.
Le dossier est discuté en réunion de concertation pluridisciplinaire. En raison de la rapidité d’évolution possible, l’organisation des prélèvements, la prévention des complications et le début du traitement sont coordonnés sans délai.
Points clés
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Plusieurs maladies différentes
Burkitt, lymphomes B diffus à grandes cellules, lymphoblastiques et anaplasiques à grandes cellules sont les principales formes pédiatriques.
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Une prise en charge urgente
La croissance rapide expose à des complications, mais s’accompagne souvent d’une forte sensibilité à la chimiothérapie.
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Un diagnostic biologique précis
Le tissu ou les cellules tumorales sont analysés par plusieurs techniques complémentaires.
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La chimiothérapie au premier plan
La chirurgie large et la radiothérapie ont une place très limitée en première ligne.
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Des traitements adaptés au sous-type
Les lymphomes B matures reçoivent des cures courtes et intensives, tandis que les lymphomes lymphoblastiques ont un traitement prolongé.
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Un suivi à long terme
Il accompagne la rémission, la récupération immunitaire et la prévention des effets tardifs.