Bienvenue sur le nouveau site de Gustave Roussy
Un nouveau site pensé pour vous offrir une expérience plus simple, plus claire et plus intuitive. Patients, aidants, professionnels, donateurs : retrouvez plus facilement les informations, les actualités et les services.
Sarcomes des parties molles (TMM)
Les sarcomes des parties molles sont des cancers rares qui se développent dans les tissus de soutien de l’organisme, notamment les muscles, la graisse, les tissus fibreux, les vaisseaux ou les gaines des nerfs. Chez l’enfant et l’adolescent, ils regroupent de nombreuses maladies dont le diagnostic, le comportement et la sensibilité aux traitements diffèrent profondément.
Les sarcomes des parties molles représentent environ 6 % des cancers de l’enfant. Le rhabdomyosarcome est le plus fréquent entre 0 et 14 ans. Les autres formes, souvent regroupées sous le nom de sarcomes non rhabdomyosarcomateux, constituent un ensemble très hétérogène.
Une masse qui augmente doit être explorée
La plupart des masses des tissus mous de l’enfant sont bénignes. Une masse persistante, profonde, dure, peu mobile, douloureuse ou qui augmente de volume doit néanmoins conduire à une imagerie et à un avis spécialisé.
Les principaux types
Le sarcome des tissus mous le plus fréquent chez l’enfant. Son traitement associe généralement chimiothérapie et contrôle local.
Tumeur définie par une fusion SS18::SSX. Malgré son nom, elle ne naît pas nécessairement d’une articulation.
Tumeur du nourrisson souvent associée à une fusion NTRK, fréquemment ETV6::NTRK3.
Tumeur pouvant comporter une fusion ALK, ROS1 ou une autre anomalie de kinase.
Sarcome développé à partir de l’enveloppe d’un nerf, parfois associé à une neurofibromatose de type 1.
Sarcome rare, souvent associé à une perte de SMARCB1 ou INI1.
Angiosarcome et hémangioendothéliome épithélioïde sont des entités distinctes et très rares.
Liposarcome, léiomyosarcome, sarcome à cellules claires et sarcomes indifférenciés nécessitent une expertise dédiée.
Pourquoi la maladie apparaît-elle ?
Dans la majorité des cas, aucune cause n’est identifiée. La maladie n’est pas liée à l’alimentation, au mode de vie ou à un événement psychologique. Certaines prédispositions, comme le syndrome de Li-Fraumeni ou la neurofibromatose de type 1, augmentent le risque. Une radiothérapie antérieure peut également jouer un rôle plusieurs années plus tard.
Les symptômes
Le signe le plus fréquent est une masse qui augmente de volume, parfois sans douleur. Les manifestations dépendent ensuite de la localisation et des structures comprimées.
Masse, douleur, gêne pour bouger ou compression d’un nerf.
Obstruction, saignement, trouble visuel, auditif ou de la déglutition.
Toux, douleur, essoufflement ou masse de la paroi.
Douleur, constipation, troubles urinaires ou masse profonde.
Nodule persistant, lésion qui augmente, change d’aspect ou saigne.
Fatigue, fièvre ou perte de poids sont possibles mais non spécifiques.
Quand consulter rapidement
Une masse qui grossit rapidement, une faiblesse d’un membre, des signes neurologiques, une gêne respiratoire, une obstruction urinaire ou digestive ou des saignements importants nécessitent une évaluation rapide.
Le diagnostic
L’imagerie avant la biopsie
L’échographie peut orienter l’évaluation d’une masse superficielle. L’IRM est l’examen de référence pour une masse profonde et analyse ses rapports avec les muscles, nerfs, vaisseaux et articulations. Le scanner et parfois la TEP-TDM complètent le bilan selon le site et le sous-type.
Une biopsie planifiée
La biopsie doit être organisée avec l’équipe qui réalisera la chirurgie. Son trajet doit pouvoir être inclus dans la future résection. Une exérèse non planifiée peut imposer une reprise plus large et compromettre le contrôle local.
L’analyse moléculaire
Le diagnostic associe morphologie, immunohistochimie et, si nécessaire, analyses de l’ADN et de l’ARN. Le séquençage de l’ARN détecte notamment des fusions de gènes. Ces résultats peuvent confirmer une entité, préciser son risque ou identifier une cible thérapeutique.
Un prélèvement de qualité est indispensable
La biopsie doit fournir suffisamment de tissu pour le diagnostic et les analyses moléculaires. Sauf urgence exceptionnelle, le traitement débute après une caractérisation suffisante de la tumeur.
Le bilan d’extension et le pronostic
Le bilan recherche une extension locale, ganglionnaire ou métastatique. Les poumons constituent un site fréquent pour plusieurs sarcomes, mais les examens nécessaires varient selon l’entité. Le pronostic dépend du diagnostic précis, du grade, de la taille, du site, de la possibilité d’une exérèse complète et de la présence de métastases.
Les traitements
La stratégie est discutée en réunion de concertation pluridisciplinaire spécialisée et dépend du sous-type, de l’âge, de la localisation, du grade, de l’extension et des conséquences fonctionnelles attendues.
La chirurgie
Elle est le traitement principal de nombreux sarcomes localisés. L’objectif est une exérèse en un seul bloc avec des marges adaptées, sans rupture tumorale, suivie si nécessaire d’une reconstruction.
La chimiothérapie
Sa place varie fortement. Elle est essentielle dans le rhabdomyosarcome, mais plusieurs autres sarcomes sont peu sensibles. Elle peut être proposée dans certaines formes à haut risque, métastatiques ou en rechute.
La radiothérapie
Elle peut compléter la chirurgie lorsque le risque local est élevé ou être utilisée si une exérèse complète est impossible. Les techniques modernes cherchent à limiter l’exposition des tissus sains.
Les thérapies ciblées
Des inhibiteurs de TRK peuvent être utilisés dans certaines tumeurs porteuses d’une fusion NTRK. Des inhibiteurs d’ALK peuvent être proposés dans certaines tumeurs myofibroblastiques inflammatoires ALK positives.
Une anomalie moléculaire ne suffit pas toujours
Une cible doit être interprétée avec le diagnostic, le stade et les données cliniques. Une thérapie ciblée n’est pas automatiquement indiquée dès qu’une anomalie est détectée.
En cas de rechute ou de maladie métastatique
Une nouvelle biopsie et une nouvelle analyse moléculaire peuvent être discutées. La stratégie peut associer chirurgie de certaines lésions, radiothérapie, chimiothérapie, thérapie ciblée ou essai clinique. Elle est individualisée selon le sous-type, le délai de rechute et les traitements déjà reçus.
Recherche et médecine de précision
La recherche vise à mieux classer ces tumeurs rares, identifier des biomarqueurs et orienter les patients vers des traitements adaptés. À Gustave Roussy, le projet TargetSWITCH étudie la diversité moléculaire des sarcomes épithélioïdes. L’essai académique EZHiSWITCH évalue le valemetostat dans plusieurs tumeurs présentant une perte de SMARCB1 ou SMARCA4, dont certains sarcomes épithélioïdes.
Un essai n’est pas un standard
Les médicaments expérimentaux sont proposés uniquement aux patients répondant aux critères du protocole, après information et consentement. Leur bénéfice et leurs risques sont encore évalués.
Le suivi à long terme
Le suivi recherche une récidive et surveille les conséquences de la tumeur et des traitements. Il est adapté au sous-type, au site, à la chirurgie, à la radiothérapie et aux médicaments reçus.
Rééducation, appareillage et suivi chirurgical accompagnent la récupération.
Une chirurgie ou une irradiation peut modifier la croissance d’un membre ou des tissus.
La surveillance dépend des chimiothérapies reçues.
Raideur, fibrose, troubles de croissance et risque de second cancer sont surveillés.
Reconstruction, soutien psychologique et accompagnement social peuvent être nécessaires.
Scolarité, études, activité physique adaptée, douleur et nutrition sont intégrées au parcours.
La prise en charge à Gustave Roussy
Gustave Roussy est l’un des centres coordonnateurs du réseau national NETSARC+. Le diagnostic peut faire l’objet d’une relecture experte et le dossier est discuté en RCP sarcome. Pour les enfants et adolescents, le Département de Cancérologie de l’Enfant et de l’Adolescent coordonne le parcours avec les équipes d’imagerie, d’anatomopathologie, de biologie moléculaire, de chirurgie, de radiothérapie et de soins de support.
-
Des maladies très différentes
Le nom précis et le profil moléculaire déterminent la stratégie.
-
Une masse qui augmente doit être explorée
La douleur n’est pas toujours présente.
-
Une biopsie planifiée
Son trajet influence la future chirurgie.
-
La chirurgie est souvent centrale
Chimiothérapie et radiothérapie ont une place variable
-
La biologie moléculaire transforme le diagnostic
Les fusions NTRK, ALK, ROS1 ou SS18::SSX peuvent confirmer une entité ou guider un traitement.
-
Une expertise nationale
Le diagnostic et la stratégie sont discutés dans NETSARC+.