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Tumeurs du foie pédiatriques
Les tumeurs primitives du foie sont rares chez l’enfant et l’adolescent. Les principales formes malignes sont l’hépatoblastome, surtout diagnostiqué chez le jeune enfant, et le carcinome hépatocellulaire, plus fréquent chez l’enfant plus âgé ou l’adolescent. Leur prise en charge associe une expertise oncologique, radiologique, chirurgicale et parfois une transplantation hépatique.
Les cancers primitifs du foie représentent environ 1 % des cancers pédiatriques. L’hépatoblastome est le plus fréquent et survient habituellement avant l’âge de 4 ans. Le carcinome hépatocellulaire concerne plus souvent l’enfant plus âgé ou l’adolescent. D’autres tumeurs existent, notamment le sarcome embryonnaire indifférencié, le carcinome fibrolamellaire, les tumeurs rhabdoïdes, les tumeurs vasculaires et les rhabdomyosarcomes des voies biliaires.
L’objectif central est une exérèse complète
Pour les principales tumeurs malignes du foie, la guérison dépend fortement de la possibilité de retirer toute la maladie, par résection partielle du foie ou, dans certaines situations sélectionnées, par transplantation hépatique.
Les principaux types de tumeurs
Cancer hépatique pédiatrique le plus fréquent, touchant surtout le nourrisson et le jeune enfant. Il est généralement associé à une augmentation de l’alpha-fœtoprotéine.
Cancer plus fréquent chez l’enfant plus âgé ou l’adolescent. Il peut survenir sur un foie sain ou être favorisé par une maladie hépatique chronique ou une prédisposition.
Forme distincte touchant surtout les adolescents et jeunes adultes. L’AFP est souvent normale et la chirurgie complète est déterminante.
Tumeur mésenchymateuse rare, souvent diagnostiquée entre 6 et 10 ans, traitée par chirurgie et chimiothérapie.
Certaines sont bénignes, d’autres intermédiaires ou malignes. Leur classification et leur traitement diffèrent fortement.
Hamartome mésenchymateux, adénome, hyperplasie nodulaire focale et autres lésions nécessitent une caractérisation spécialisée, mais pas toujours un traitement.
Toutes les masses du foie ne sont pas cancéreuses
L’imagerie, les marqueurs sanguins et parfois la biopsie permettent de distinguer les tumeurs malignes des lésions bénignes ou intermédiaires. Une masse hépatique ne doit pas être traitée avant que sa nature ait été suffisamment précisée.
Les symptômes
La manifestation la plus fréquente est une augmentation du volume de l’abdomen ou une masse découverte par les parents ou le médecin. Certains enfants, en particulier avec un hépatoblastome, restent longtemps en bon état général.
Ventre augmenté de volume ou masse sous les côtes à droite.
Douleur abdominale, nausées, vomissements, gêne digestive ou constipation si la tumeur est volumineuse.
Perte d’appétit, amaigrissement, fatigue ou fièvre peuvent survenir.
Coloration jaune de la peau et des yeux, urines foncées ou selles décolorées en cas d’obstacle biliaire ou d’atteinte hépatique.
Exceptionnellement, une sécrétion de bêta-HCG peut provoquer des signes de puberté précoce, surtout chez le garçon.
Une douleur brutale, un malaise ou une pâleur peuvent exceptionnellement révéler un saignement tumoral.
Quand consulter rapidement
Une douleur abdominale brutale, un ventre qui augmente rapidement, un malaise, une pâleur importante, une jaunisse, des vomissements persistants ou une gêne respiratoire nécessitent une évaluation médicale rapide.
Le diagnostic
Les marqueurs sanguins
L’alpha-fœtoprotéine, ou AFP, est le principal marqueur des hépatoblastomes et de certains carcinomes hépatocellulaires. Son interprétation doit tenir compte de l’âge, car elle est physiologiquement élevée chez le nourrisson. Son évolution sous traitement aide à évaluer la réponse. Une AFP normale n’exclut pas une tumeur du foie.
L’imagerie et la classification PRETEXT
L’échographie repère la masse et étudie les vaisseaux. Une IRM hépatique ou un scanner précise son extension dans les différentes parties du foie et ses rapports avec les veines hépatiques, la veine porte, la veine cave et les voies biliaires. Le scanner du thorax recherche des métastases pulmonaires. La classification PRETEXT décrit l’extension avant traitement et aide à planifier la chirurgie.
La biopsie
Une biopsie est nécessaire dans de nombreuses situations pour confirmer le diagnostic et réaliser les analyses histologiques et moléculaires. Elle peut être évitée dans quelques présentations très caractéristiques ou lorsque la tumeur est retirée d’emblée, selon la stratégie du protocole et la discussion multidisciplinaire.
L’AFP n’est pas un diagnostic à elle seule
Une AFP élevée oriente fortement vers certaines tumeurs, mais doit toujours être interprétée avec l’âge, l’imagerie et, lorsque cela est nécessaire, l’anatomopathologie.
Les facteurs de risque et les prédispositions
Dans la majorité des cas, aucune cause précise n’est retrouvée. Certains syndromes ou situations augmentent toutefois le risque d’hépatoblastome, notamment le syndrome de Beckwith-Wiedemann, l’hémihyperplasie, la polypose adénomateuse familiale et la prématurité avec très faible poids de naissance. Certaines maladies métaboliques ou hépatiques chroniques augmentent le risque de carcinome hépatocellulaire.
Quand proposer une consultation de génétique ?
Elle est discutée en présence d’une malformation, d’une croissance asymétrique, d’antécédents familiaux, d’une polypose, d’une tumeur inhabituelle ou d’autres éléments évoquant une prédisposition. Le résultat peut modifier la surveillance de l’enfant et parfois celle de sa famille.
Les traitements
La stratégie dépend du type exact de tumeur, du groupe de risque, de l’extension PRETEXT, des métastases, de l’AFP et de la possibilité d’une résection complète. Elle doit être définie très tôt avec une équipe de chirurgie hépatique et, si nécessaire, de transplantation.
Le traitement de l’hépatoblastome
La grande majorité des hépatoblastomes reçoit une chimiothérapie à base de cisplatine avant la chirurgie. Cette phase traite la maladie à distance et peut rendre la tumeur opérable. La chirurgie retire ensuite la partie du foie atteinte. Une chimiothérapie complémentaire est administrée selon le groupe de risque et la réponse. Une chirurgie d’emblée reste possible pour quelques petites tumeurs complètement résécables.
La chirurgie et la transplantation
La chirurgie doit préserver un volume de foie fonctionnel ainsi que son apport sanguin et son drainage. Pour une tumeur confinée au foie mais impossible à retirer par hépatectomie partielle, une transplantation peut offrir une possibilité de guérison. Son indication doit être anticipée afin d’éviter des gestes qui compromettraient la greffe.
Les métastases pulmonaires
Dans l’hépatoblastome, les métastases pulmonaires peuvent disparaître sous chimiothérapie. Les nodules persistants peuvent nécessiter une résection complète avant la transplantation ou dans le cadre du traitement curatif. La stratégie dépend de leur nombre, de leur localisation et de la réponse.
Le carcinome hépatocellulaire
Le carcinome hépatocellulaire pédiatrique est généralement moins sensible à la chimiothérapie que l’hépatoblastome. Une chirurgie complète constitue l’objectif principal. La transplantation peut être discutée dans certaines formes non résécables confinées au foie, mais ses indications diffèrent de celles de l’hépatoblastome. Pour une maladie métastatique ou non résécable, les options sont limitées et un essai clinique est recherché lorsqu’il est adapté.
Les autres tumeurs
Le sarcome embryonnaire indifférencié associe généralement chimiothérapie et chirurgie. Les tumeurs vasculaires, rhabdoïdes, biliaires ou bénignes relèvent de stratégies spécifiques qui ne doivent pas être assimilées au traitement de l’hépatoblastome.
La radiothérapie n’est pas un traitement habituel de l’hépatoblastome
Sa place est exceptionnelle. Elle ne doit pas être présentée comme un complément standard d’une chirurgie incomplète. Les situations complexes sont discutées au cas par cas avec les équipes expertes.
Le pronostic
localisés guérissent lorsque la chirurgie complète est possible. Les formes métastatiques, certaines histologies et les tumeurs qui restent non résécables malgré la chimiothérapie sont plus difficiles à traiter. Le carcinome hépatocellulaire et le carcinome fibrolamellaire ont globalement un pronostic moins favorable lorsque la chirurgie complète n’est pas réalisable.
Recherche et étude PHITT
PHITT est la grande étude internationale consacrée aux hépatoblastomes et carcinomes hépatocellulaires pédiatriques. Elle a harmonisé la stratification du risque et évalué des stratégies visant à réduire la toxicité dans les formes de faible risque et à renforcer le traitement dans les formes à haut risque.
Le recrutement de PHITT est terminé. Un consensus international publié en juin 2025 fournit des orientations thérapeutiques intermédiaires dans l’attente des principaux résultats et d’une prochaine étude prospective.
Le suivi et les effets à long terme
Le suivi recherche une récidive, surveille l’AFP lorsque ce marqueur était élevé et accompagne les effets tardifs. Il est adapté à la tumeur, aux médicaments, à la chirurgie et à une éventuelle transplantation.
Le cisplatine peut provoquer une baisse auditive nécessitant des audiogrammes réguliers.
La fonction rénale et les électrolytes sont surveillés pendant et après certaines chimiothérapies.
Une surveillance cardiaque est adaptée à l’exposition éventuelle aux anthracyclines.
Fonction hépatique, régénération du foie restant et complications biliaires ou vasculaires sont suivies.
Le suivi associe surveillance du greffon, traitement immunosuppresseur et prévention des infections.
Nutrition, croissance, scolarité, activité physique, soutien psychologique et accompagnement social sont intégrés au parcours.
La prise en charge à Gustave Roussy
Le Département de Cancérologie de l’Enfant et de l’Adolescent coordonne la prise en charge avec les équipes d’imagerie, d’anatomopathologie, de biologie, de génétique, de chirurgie hépatique, de transplantation et de soins de support. La stratégie est discutée en réunion de concertation pluridisciplinaire spécialisée.
Les interventions hépatiques complexes et les transplantations sont organisées avec des établissements partenaires experts. La coordination précoce évite de retarder une chirurgie ou une inscription dans un parcours de greffe lorsque celle-ci est indiquée.
Points clés
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Des tumeurs rares
L’hépatoblastome touche surtout le jeune enfant, le carcinome hépatocellulaire davantage les plus âgés.
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L’AFP est un marqueur essentiel mais non absolu
Elle doit être interprétée selon l’âge et avec l’imagerie.
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PRETEXT guide la stratégie
Cette classification décrit l’extension dans le foie avant traitement.
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La chirurgie complète est déterminante
Résection partielle ou transplantation sont discutées précocement.
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Le cisplatine est central dans l’hépatoblastome
Le traitement est adapté au groupe de risque et à la réponse.
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PHITT a harmonisé la recherche mondiale
L’étude ne recrutait plus au 13 mai 2026 et les résultats principaux restent attendus.