Avec 5 845 actes de chirurgie du sein réalisés en 2025, dont près de la moitié (49 %) en ambulatoire, Gustave Roussy figure en tête des établissements français pour cette activité. L'Institut occupe également la première place pour la reconstruction mammaire, avec 583 actes recensés sur la même année. Il se classe aussi premier pour chacune des principales techniques de reconstruction du sein, par prothèse, par lambeau DIEP et par lipofilling, ainsi que pour les interventions de symétrisation du sein.
Ces résultats sont issus de Visuchir, un outil développé par l'Assurance maladie avec l'Agence technique de l'information sur l'hospitalisation (ATIH), à partir des données du PMSI. Ils reposent sur l'analyse des actes chirurgicaux codés dans l'ensemble des établissements publics et privés français. Ils ne correspondent pas à un nombre de patientes, mais à un nombre d'actes réalisés.

Les chiffres traduisent surtout une évolution des pratiques. Entre 2021 et 2025, l'activité de chirurgie du sein à Gustave Roussy a progressé de 27 %, et la reconstruction mammaire de 28 %. Certaines techniques progressent beaucoup plus : les reconstructions par lambeau DIEP ont augmenté de 87 % et le lipofilling de 121 % sur la période.
Autre enseignement : la chirurgie conservatrice poursuit sa progression. Lorsqu'elle est possible, elle permet de retirer la tumeur tout en préservant le sein. À Gustave Roussy, ces interventions ont augmenté de 23 % entre 2021 et 2025.
« La personnalisation des traitements permet d'adapter les soins à chaque patiente, pour lui donner les meilleures chances de guérison tout en limitant les séquelles et en préservant sa qualité de vie. C'est tout le sens d'une reconstruction intégrée au parcours de soins, du diagnostic à l'après-cancer. Cela repose sur un travail commun entre toutes les spécialités », souligne la Dr Barbara Pistilli, cheffe du comité de sénologie de Gustave Roussy.
Longtemps considérée comme une étape secondaire, la reconstruction mammaire est aujourd'hui pensée dès la décision thérapeutique. Lorsqu'elle est réalisée au cours de la même intervention que la chirurgie du cancer, on parle de reconstruction immédiate. Gustave Roussy a été précurseur dans ce domaine, et la reconstruction immédiate y est systématiquement proposée lorsque cela est médicalement possible. En 2025, plus d'une femme sur deux a bénéficié d'une reconstruction immédiate à Gustave Roussy (56 %), contre une sur trois en moyenne en France (32,4 % en 2024, selon l'INCa1). Elles font appel à une prothèse, à un lambeau ou à une injection de graisse (lipofilling).
Le service de chirurgie plastique, oncologique et reconstructrice de Gustave Roussy développe également des approches toujours moins invasives, notamment la chirurgie endoscopique et la chirurgie robot-assistée pour certaines reconstructions, avec l'objectif de limiter les cicatrices tout en maintenant la même exigence de sécurité.
« Aujourd'hui, chaque geste oncologique sur le sein s'accompagne d'une réflexion sur la reconstruction, pour préserver ou restaurer l'intégrité corporelle et psychique des femmes. Notre objectif est de proposer des techniques complémentaires, pour une reconstruction sur mesure, adaptée aux attentes et aux besoins de chaque patiente. Cette première place est avant tout celle des équipes de Gustave Roussy, qui travaillent ensemble chaque jour pour offrir aux patientes les meilleurs soins », explique le Dr Nicolas Leymarie, chef du service de chirurgie plastique, oncologique et reconstructrice.
Ces résultats sont aussi ceux de tout un parcours de soins. Dès le diagnostic, radiologues, anatomopathologistes et généticiens posent les bases de la stratégie thérapeutique. Oncologues médicaux, radiothérapeutes et anesthésistes interviennent à chaque étape du traitement, aux côtés des chirurgiens. Infirmiers, manipulateurs, assistantes médicales et équipes de coordination assurent chaque jour la continuité et la qualité de la prise en charge.
Toutes ces équipes partagent une même ambition : proposer aux femmes atteintes d'un cancer du sein des traitements toujours plus efficaces, et plus attentifs à leur corps, à leur image et à leur vie après la maladie.