L'été invite aux vacances, aux promenades et aux longues journées passées en extérieur. Mais profiter du soleil ne doit pas faire oublier les risques liés aux rayonnements ultraviolets (UV), premiers responsables du vieillissement prématuré de la peau et des cancers cutanés. Bien choisir sa crème solaire, l'appliquer correctement et adopter les bons réflexes restent les meilleurs alliés pour profiter de l'été en protégeant sa peau. Le point sur les bons gestes aves la Dr Djaouida Belkadi-Sadou, dermatologue à Gustave Roussy.
Contrairement à une idée largement répandue, la crème solaire ne constitue pas la première protection contre les rayonnements ultraviolets (UV). Elle vient en complément des vêtements et des autres mesures dites comportementales
Il est recommandé de :
Cette stratégie « les vêtements d'abord, la crème ensuite » offre une protection plus fiable, limite les oublis de réapplication et réduit l'exposition directe aux UV, notamment entre 11 h et 16 h, période où leur intensité est maximale.
Les UV qui atteignent notre peau sont de deux types, les UVA et les UVB car la couche d’ozone absorbe 100% des UVC.
C'est pourquoi il est essentiel de choisir une crème solaire anti-UVA et anti-UVB, avec un facteur de protection solaire (SPF) 50+, quel que soit le type de peau.
Le SPF (Sun Protection Factor) mesure uniquement la protection contre les UVB.
À titre d'exemple :
L'écart paraît faible en pourcentage, mais il correspond à une diminution importante de la quantité de rayonnements qui atteignent la peau. Lors d'expositions répétées ou prolongées, cette différence devient significative.
En revanche, aucune crème solaire ne bloque 100 % des UVB.
Le SPF ne renseigne donc en rien sur la protection contre les UVA. Pour s'assurer que le produit protège également contre ces rayonnements, il faut vérifier la présence de la mention « large spectre » ou du logo UVA entouré d'un cercle, qui garantit une protection conforme aux recommandations européennes.
Les crèmes solaires utilisent deux grandes familles de filtres.
Les deux types de filtres sont efficaces lorsqu'ils sont correctement formulés et utilisés. Le choix dépend surtout de la tolérance cutanée et des préférences de chacun.
Chez l’enfant, les recommandations privilégient généralement les crèmes solaires à base de filtres minéraux pour leur profil de tolérance plus doux avec une pénétration cutanée faible.

Une crème solaire mal appliquée perd une grande partie de son efficacité. Quelques règles simples à respecter :
Les indices SPF sont déterminés en laboratoire avec une quantité standardisée de 2 mg de produit par cm² de peau.
En pratique, la plupart des personnes appliquent deux à quatre fois moins de crème que la quantité utilisée lors des tests. Une crème SPF 50 appliquée en couche trop fine peut ainsi offrir une protection nettement inférieure à celle indiquée sur son emballage.
Avec le temps, la couche protectrice s'altère sous l'effet de plusieurs facteurs : les rayonnements UV, la transpiration, les frottements des vêtements ou de la serviette, ainsi que la baignade.
Même les produits dits résistants à l'eau ne conservent leur efficacité que pendant une durée limitée, évaluée selon des protocoles normalisés. Il est donc indispensable de réappliquer la crème après chaque baignade, même lorsque le produit est annoncé comme waterproof.
La mélanine confère une protection naturelle contre les UV, en particulier les UVB. Toutefois, cette protection est partielle et demeure insuffisante pour prévenir l'ensemble des effets délétères du soleil, notamment ceux liés aux UVA et à la lumière visible.
Si le risque global de cancer cutané est plus faible chez les personnes à phototype foncé, les troubles pigmentaires y sont plus fréquents et souvent plus sévères. La photoprotection reste donc indispensable, y compris pour les peaux foncées.
Certaines chimiothérapies, thérapies ciblées, immunothérapies ou radiothérapies peuvent rendre la peau plus sensible au soleil (photosensibilisation). Les cicatrices récentes et les zones ayant reçu une radiothérapie nécessitent également une protection renforcée.
Avant l'été, il est recommandé d'en parler avec son équipe soignante ou son oncologue afin de connaître les précautions adaptées à sa situation et aux traitements reçus.
La protection solaire fait pleinement partie des mesures permettant de préserver la santé de la peau, pendant les traitements comme après.
L'utilisation des crèmes solaires n'entraîne pas un déficit en vitamine D. De plus, on estime qu'une quinzaine de minutes par jour d'exposition solaire sont suffisantes pour éviter les carences. Si besoin, une supplémentation orale simple peut être proposé en cas de carence avérée en vitamine D.
L'exposition solaire volontaire sans protection n’est pas recommandée comme stratégie visant à préserver un statut vitaminique satisfaisant.