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1er centre de lutte contre le cancer en Europe, 3 000 professionnels mobilisés

28/05/2015

ASCO 2015 : la recherche clinique hexagonale à l’honneur

Le congrès mondial de cancérologie qui s’ouvre le 29 mai à Chicago confirme l’importance des traitements faisant appel à l’immunothérapie et le rôle croissant des combinaisons de molécules ciblées. Les médecins-chercheurs français sont très présents dans cet incontournable rendez-vous annuel des oncologues. 

"L’immunothérapie est en train de changer la pratique de l’oncologie. Cette thérapie occupe désormais une position centrale dans l’arsenal thérapeutique des praticiens". Pour la  présidente de l’Institut national du cancer (INCa) Agnès Buzyn, l’édition 2015 du congrès de l’American Society of Clinical Oncology (ASCO), qui s’ouvre le 29 mai à Chicago, confirme la montée en puissance de cette nouvelle famille de traitements. "Ils apportent une véritable rupture dans la prise en charge des patients. De plus, leurs effets sont durables dans le temps", ajoute Agnès Buzyn. 

La mobilisation des cellules tueuses du système immunitaire pour détruire sélectivement les cellules tumorales est une opération très délicate qui s’est longtemps heurtée à des obstacles insurmontables. "Notre  système immunitaire est une machine très sensible équipée d’un accélérateur et d’un frein. Nous pouvons agir sur ces deux leviers. La grande difficulté consiste à trouver le bon équilibre de façon à lever le verrou de la réponse immunitaire sans déclencher une réaction auto-immune incontrôlée", poursuit François Sigaux, directeur de la recherche et de l’innovation à l’INCa. 

La première molécule exploitant cet effet de stimulation du système immunitaire (nivolumab) est désormais homologuée dans la prise en charge du mélanome métastatique. "Des essais prometteurs sont en cours dans les carcinomes hépatocellulaires, certaines formes du cancer du poumon et les cancers de l’œsophage", indique François Sigaux. Le docteur Andrea Varga de Gustave Roussy doit présenter lundi prochain les résultats d’un essai d’un autre anticorps monoclonal hautement sélectif (pembrolizumab) dans des patientes atteintes d’un cancer avancé de l’ovaire.

Cerner la cellule cancéreuse 

De leur côté, les thérapies ciblées poursuivent leur marche en avant et sont de plus en plus souvent associées entre elles ou avec un anticorps monoclonal, de façon à cerner la cellule cancéreuse. "Nous possédons désormais des traitements associant deux ou trois molécules ciblées prescrites en première ligne utilisées dans des stades de plus en plus précoces de la maladie. Ces bi ou trithérapies rappellent la stratégie mise en place pour lutter contre le VIH", remarque Agnès Buzyn. L’effet synergique de ces traitements combinés dans les tumeurs solides sera présenté le 30 mai matin par le docteur Antoine Hollebecque, médecin au Département d’Innovations Thérapeutiques et Essais Précoces (Ditep) de Gustave Roussy, dirigé par le professeur Jean-Charles Soria. 

Au cours de cette cinquante et unième édition du plus important congrès mondial de cancérologie, le docteur Eric Angevin de Gustave Roussy doit également présenter une étude concernant le mésothélium (cancer de la plèvre). "C’est une avancée majeure car nous ne disposons toujours pas de thérapies efficaces contre ces tumeurs", précise François Sigaux. 
Pendant les quatre jours du congrès,  près de 4 800 communications vont être annoncées. Comme l’an passé, les oncologues français occupent la seconde place dans le palmarès, avec 442 communications associant un chercheur ou un médecin français. Loin derrière les Etats-Unis, en tête du classement avec plus de 30% du total des publications, mais devant l’Allemagne (408 communications), l’Italie (363) et le Royaume-Uni (340). Pour leur part, les médecins-chercheurs de Gustave Roussy sont présents dans 56 communications dont 22 orales. "Cette forte présence des oncologues français confirme la qualité et le dynamisme de la recherche clinique hexagonale", conclut la présidente de l’INCa.

Alain Perez