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Cancer du rein
Responsable
Pr Pierre Blanchard
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Gustave Roussy prend en charge les cancers du rein à tous les stades de la maladie et mène des recherches pour développer de nouveaux traitements et mieux sélectionner les patients pour des stratégies thérapeutiques personnalisées.
Comprendre la maladie
Un cancer du rein survient lors de la multiplication incontrôlée de cellules rénales. Dans la plupart des cas, le cancer se développe à partir du parenchyme, le tissu qui assure la fonction d’épuration rénale, et est appelé carcinome à cellules rénales. Le type le plus fréquent est le carcinome à cellules claires, qui est une tumeur souvent vascularisée et inflammatoire. D'autres tumeurs malignes du rein sont beaucoup plus rares : les tumeurs papillaires, les carcinomes à cellules chromophobes, les tumeurs de Bellini, etc.
Souvent asymptomatique au diagnostic, le cancer du rein peut n'être découvert que par hasard, au cours d'examens réalisés dans un autre cadre. Dans un tiers des cas, le diagnostic est posé à un stade avancé, quand des métastases sont déjà présentes. Il est rarement héréditaire (2% des cas). Parmi les anomalies génétiques rapportées figure celle du gène VHL (maladie de von Hippel-Lindau), qui est indirectement impliqué dans le contrôle de la vascularisation des tumeurs.
Qu’est-ce que c’est, les reins ?
Les reins sont deux organes en forme de haricot situés de part et d’autre de la colonne vertébrale. Leur rôle principal est de filtrer le sang pour éliminer les déchets et les substances toxiques, qui sont ensuite évacués dans les urines.
Ils participent aussi à l’équilibre de l’organisme en régulant la quantité d’eau, certains minéraux et la composition du sang, tout en produisant des hormones utiles au bon fonctionnement du corps.
Le cancer du rein en chiffres
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17 141
nouveaux cas en France chaque année.
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67 %
des nouveaux cas sont diagnostiqués chez des hommes.
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65 ans
âge moyen au diagnostic.
Chiffres : Institut national du cancer - 2023.
Prévention et facteurs de risque
Le cancer du rein apparaît le plus souvent sans cause unique clairement identifiée. Plusieurs facteurs peuvent cependant augmenter le risque de développer une tumeur au niveau du rein, notamment en altérant progressivement le fonctionnement des cellules rénales. Identifier ces facteurs permet, dans certains cas, d’agir en prévention ou de proposer une surveillance adaptée.
Le tabagisme est l’un des principaux facteurs de risque du cancer du rein. Les substances toxiques présentes dans la fumée sont filtrées par les reins, ce qui peut favoriser à long terme des altérations cellulaires et augmenter le risque de tumeur.
Un excès de poids est associé à un risque plus élevé de cancer du rein. Il peut entraîner des modifications hormonales et métaboliques qui influencent le fonctionnement des cellules rénales.
L’hypertension est un facteur de risque reconnu. Elle peut fragiliser les vaisseaux sanguins des reins et perturber leur fonctionnement sur le long terme.
Certaines formes de cancer du rein peuvent être liées à une prédisposition génétique ou à des antécédents familiaux. Dans ces situations, un suivi médical spécifique peut être proposé afin de détecter précocement d’éventuelles anomalies.
Le risque de cancer du rein augmente avec l’âge. Certaines maladies chroniques du rein peuvent également favoriser l’apparition de lésions au fil du temps, justifiant une surveillance adaptée.
Symptômes
Le cancer du rein provoque le plus souvent peu de symptômes au début, ce qui peut retarder son diagnostic. Lorsqu’ils apparaissent, ils sont liés au développement de la tumeur au sein du rein ou à ses conséquences sur l’organisme. Ces symptômes incluent :
- Sang dans les urines (hématurie) : La présence de sang dans les urines, visible ou détectée par un examen, est le signe le plus fréquent. Elle peut être intermittente et indolore, mais nécessite toujours une consultation médicale.
- Douleur dans le bas du dos ou sur le côté : Une douleur persistante au niveau des lombaires, souvent localisée d’un seul côté, peut parfois traduire une atteinte du rein.
- Masse ou tuméfaction abdominale : Dans certains cas, une masse peut être ressentie dans l’abdomen ou le flanc, liée à l’augmentation de volume du rein.
- Fatigue persistante : Une fatigue durable peut apparaître, notamment en lien avec une altération de l’état général ou une anémie.
- Perte d’appétit et amaigrissement : Une diminution de l’appétit associée à une perte de poids involontaire peut être observée au cours de l’évolution de la maladie.
- Fièvre inexpliquée : Une fièvre prolongée sans cause infectieuse identifiée peut être un signe d’appel.
- Hypertension ou anomalies biologiques : Le cancer du rein peut parfois entraîner une élévation de la tension artérielle ou des perturbations du bilan sanguin.
Ces symptômes ne sont pas spécifiques du cancer du rein et peuvent parfois être liés à d’autres maladies, y compris bénignes. Leur apparition doit toutefois conduire à consulter afin de réaliser des examens complémentaires.
Diagnostic
Quel que soit le signe révélateur, le diagnostic est confirmé par des examens cliniques et radiologiques. L'examen clinique est le plus souvent normal. Il peut parfois mettre en évidence une masse dans la région lombaire, régulière ou bosselée, plus ou moins mobile, correspondant à la tumeur.
Le diagnostic est principalement suspecté sur les examens radiologiques :
- Échographie abdominale.
- Scanner abdominal et pelvien.
- Parfois IRM, scanner thoracique et/ou cérébral, voire scintigraphie osseuse.
Le diagnostic sera finalement confirmé par l'analyse anatomo-pathologique de la tumeur, soit après chirurgie, soit parfois après biopsie. C'est cette analyse qui permettra également de préciser le type du cancer et son grade d’agressivité.
À l'issue du diagnostic, il est possible de donner un stade d'extension du cancer. La classification la plus utilisée est la classification TNM, T pour tumeur, N pour ganglion (node en anglais), et M pour métastases.
Prise en charge
La prise en charge globale du cancer du rein nécessite le travail conjoint de plusieurs médecins de diverses disciplines : oncologues médicaux, chirurgiens, oncologues radiothérapeutes, radiologues, anatomo-pathologistes, en collaboration avec les médecins de ville. Chaque décision majeure est prise au cours de réunions de concertation pluridisciplinaires (RCP).
Traitements
Le traitement du cancer du rein localisé repose essentiellement sur la chirurgie par néphrectomie : cette intervention consiste à retirer une partie ou la totalité du rein atteint, en visant à préserver autant que possible la fonction rénale. Dans certains cas particuliers, les cancers localisés peuvent être pris en charge par radiologie interventionnelle (ablation percutanée) ou par radiothérapie stéréotaxique. Dans certaines situations à haut risque de rechute, une immunothérapie complémentaire peut être proposée après la chirurgie.
En cas de métastases, la prise en charge repose sur des traitements médicamenteux. Il s’agit notamment de thérapies ciblées spécifiques, comme les traitements anti angiogéniques, qui freinent la croissance tumorale en bloquant la formation de nouveaux vaisseaux sanguins, ainsi que des immunothérapies, qui visent à stimuler la réponse du système immunitaire contre les cellules cancéreuses. Ces traitements ont le plus souvent pour objectif de ralentir et de contrôler l’évolution de la maladie, et peuvent parfois mener à des réponses durables.
Recherche
De nombreuses équipes de recherche de Gustave Roussy travaillent en collaboration avec les oncologues en charge des cancers du rein, afin de mieux comprendre les mécanismes de développement des cancers, les mécanismes d'action des traitements, les phénomènes d'échappement du cancer aux traitements pour pouvoir continuer à améliorer nos stratégies thérapeutiques.
Des essais cliniques sur le cancer du rein permettent par ailleurs d’accéder à des traitements innovants, tels que les anti-angiogéniques.
Rejoindre un essai clinique
De nombreux essais cliniques sont ouverts aux patients atteints cancers. Participer à un essai thérapeutique permet d'accéder à un traitement innovant, tout en contribuant au développement de nouvelles thérapies.
Contacts
Responsable du comité génito-urinaire
Pr Pierre Blanchard
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Questions fréquentes
Le cancer du rein est associé à plusieurs facteurs, dont le tabagisme, le surpoids ou l’obésité, et l’hypertension artérielle. Certains cas sont également liés à des antécédents familiaux ou à des prédispositions génétiques. Dans la majorité des situations, aucune cause unique n’est identifiée.
Le cancer du rein évolue souvent sans symptômes au début. Lorsqu’ils apparaissent, les signes les plus fréquents incluent la présence de sang dans les urines, une douleur persistante dans le bas du dos ou sur le côté, une fatigue inhabituelle, une perte de poids inexpliquée ou, plus rarement, une masse abdominale. Ces symptômes doivent conduire à consulter un médecin.
Le diagnostic est suspecté principalement sur des examens d’imagerie, en particulier un scanner de l’abdomen, qui permet d’identifier et de localiser la tumeur. Un scanner du thorax est généralement réalisé pour rechercher une extension éventuelle de la maladie. Une confirmation microscopique est indispensable, dans le cadre d’une biopsie ou parfois d’une chirurgie d’emblée.
Le traitement dépend du stade de la maladie. Lorsque le cancer est localisé, la chirurgie est le traitement de référence, avec l’ablation partielle ou totale du rein. En cas de formes avancées, des traitements médicamenteux peuvent être proposés, notamment des thérapies ciblées et des immunothérapies, afin de contrôler l’évolution de la maladie.