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GUSTAVE ROUSSY
1er centre de lutte contre le cancer en Europe, 3 000 professionnels mobilisés

Lundi 16 novembre 2020

La recherche pédiatrique en oncologie va recevoir 1,3 million de dollars pour évaluer une thérapie ciblée chez des enfants atteints de neuroblastome

Gustave Roussy et le Children's Hospital of Philadelphia vont bénéficier de cette subvention pour soutenir l'essai clinique de phase 3 développé par le Children's Oncology Group et l'International Society of Paediatric Oncology Europe Neuroblastoma Group. Il s’agit de la toute première collaboration entre des consortiums nord-américains et européens dans le champ thérapeutique du neuroblastome.

Gustave Roussy et le Children's Hospital of Philadelphia (CHOP), reçoivent un financement d'un groupe d'associations caritatives qui soutiennent des projets de recherche clinique sur le neuroblastome et qui sont fédérés par Solving Kids' Cancer UK et Solving Kids' Cancer (US). Cette subvention permettra de financer les essais cliniques de phase 3 développés en parallèle sur les continents européen et américain par le Children's Oncology Group (COG) et par l’International Society of Paediatric Oncology Europe Neuroblastoma Group (SIOPEN). Il s'agit de la toute première collaboration entre les consortiums nord-américain et européen de cancérologie pédiatrique dans le champ thérapeutique du neuroblastome. Partagée entre Gustave Roussy et le CHOP, la subvention sera répartie sur les quatre prochaines années.

Band of Parents, Joining Against Cancer in Kids (J-A-C-K), la Ronan Thompson Foundation, Wade's Army et Zoé4life font partie des organisations caritatives partenaires qui abondent les fonds pour cette recherche.
Dominique Valteau-Couanet, MD, PhD, chef du département de cancérologie de l’enfant et de l’adolescent de Gustave Roussy et Yael Mossé, MD, médecin-chercheur spécialiste du neuroblastome au centre de cancérologie du CHOP, co-dirigeront cette collaboration entre le COG et la SIOPEN.

Cet essai international à fort impact sociétal en oncologie pédiatrique bénéficiera aussi en France du financement par un programme hospitalier de recherche Clinique (PHRC) et sera promu en Europe par Gustave Roussy.

« Cette passionnante collaboration est une étape importante dans le développement de meilleurs traitements pour les enfants atteints de neuroblastome », déclare le Dr Mossé. « Un seul nouveau médicament a été approuvé par la FDA pour le neuroblastome au cours des 30 dernières années. Nous espérons que cette collaboration entre les chercheurs nord-américains et européens permettra aux enfants de bénéficier de thérapies plus ciblées dès le diagnostic ».

« Cette collaboration va nous permettre d'évaluer une thérapie ciblée en combinaison avec la séquence thérapeutique de référence développée par le COG et la SIOPEN chez des enfants atteints de neuroblastome de haut risque et de démontrer l'impact de cette thérapie ciblée dans la maladie », ajoute le Dr Valteau-Couanet. « Cette collaboration est le résultat d'une relation de confiance développée entre nos deux groupes au cours de la dernière décennie. Cet essai est la première étape d'une collaboration qui permettra de répondre à des questions qui ne pourraient pas être résolues autrement ».

Le neuroblastome est le cancer pédiatrique le plus fréquemment diagnostiqué chez les enfants en bas âge, environ 90 % des enfants atteints étant diagnostiqués avant l'âge de cinq ans. En Amérique du Nord et en Europe, 1 500 enfants sont diagnostiqués chaque année impliquant une prise en charge lourde. Malheureusement, moins de la moitié des enfants atteints par cette maladie à haut risque vivent au-delà de cinq ans après le diagnostic, et ceux qui survivent présentent souvent des effets secondaires du traitement tout au long de leur vie, notamment une perte d’audition, des troubles de la fertilitéet la survenue de cancers secondaires.

Afin de mettre au point une séquence thérapeutique plus efficace et induisant moins d’effets secondaires, les essais cliniques développés au sein du COG et de la SIOPEN cibleront les anomalies de l'oncogène ALK, qui sont retrouvées chez environ 14 % des patients atteints d'un neuroblastome nouvellement diagnostiqué. Ces anomalies de l’oncogène ALK ont aussi récemment été identifiées  lors de certaines rechutes de la maladie. Dans le cadre d’un partenariat avec Pfizer Pharmaceuticals et le consortium New Approaches to Neuroblastoma Therapy (NANT), les chercheurs du CHOP dirigés par le laboratoire de Yael Mossé ont évalué un inhibiteur de ALK très spécifique et puissant, le lorlatinib, médicament actuellement utilisé pour traiter le cancer du poumon chez les adultes. Ce médicament qui inhibe le pouvoir oncogène de ces anomalies de ALK pourrait être aussi efficace chez les enfants atteints de neuroblastome.

Dans le cadre des essais cliniques de phase 3 réalisés en parallèle au sein du COG en Amérique du Nord et dans SIOPEN en Europe, les médecins-chercheurs espèrent que l’ajout du lorlatinib aux schémas thérapeutiques de référence de chaque continent améliorera sensiblement la survie des patients atteints d'un neuroblastome à haut risque nouvellement diagnostiqué et dont la tumeur comporte une mutation du gène ALK. Les données européennes et américaines seront fusionnées dans le cadre de cette collaboration baptisée TITAN (Transatlantic Integration Targeting ALK in Neuroblastoma) dont l’objectif est d'accélérer l'approbation du lorlatinib si le médicament s’avère efficace.

« C'est une étape importante dans la recherche clinique pour les enfants atteints de neuroblastome », précise Andy Pearson, MD, président du conseil scientifique de Solving Kids' Cancer UK, « la recherche dans les cancers pédiatriques étant largement sous-financée par rapport au cancer de l'adulte, il y a urgence à développer de nouveaux traitements pour les cancers de l'enfant les plus difficiles à soigner, comme le neuroblastome. Cet essai va permettre d'accélérer la découverte d'un nouveau traitement et de poser les bases de futures collaborations ».

 

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