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GUSTAVE ROUSSY
1er centre de lutte contre le cancer en Europe, 3 000 professionnels mobilisés

Nos experts témoignent

Ulrick Birba,
Technicien principal du laboratoire de thérapie cellulaireUlrick Birba

Dans le laboratoire de thérapie cellulaire de Gustave Roussy, organisation, minutie et rigueur sont primordiales. Utilisée principalement pour traiter les cancers hématologiques (leucémies, lymphomes…), la thérapie cellulaire intervient surtout dans la greffe de cellules souches dites hématopoïétiques qui donnent naissance à toutes les cellules sanguines, globules rouges, plaquettes et globules blancs impliqués dans les fonctions immunitaires.

Technicien principal, Ulrick Birba nous fait découvrir son métier et le laboratoire de thérapie cellualire à travers une journée-type :

9 h : Ulrick et l’équipe de thérapie cellulaire se répartissent sur les deux entités du laboratoire : la zone de production, et le contrôle de qualité. Au programme d’aujourd’hui : la décongélation de greffons, la congélation de prélèvements de cellules souches et l’envoi de cellules hors Gustave Roussy sur des sites pharmaceutique pour production de cellules CAR-T. "Mon rôle consiste à vérifier que tout se passe correctement, dans les délais imposés, conformément au planning d’organisation", précise Ulrick.

Après un BTS bio-analyses et contrôles et une licence de biochimie-biologie cellulaire, Ulrick a travaillé sur les cellules souches de modèles murins dans un laboratoire de recherche fondamentale de la Pitié-Salpêtrière. Il a rejoint notre Institut il y a cinq ans. "C'est ici, à Gustave Roussy, que j’ai tout appris sur la thérapie cellulaire."

"Le parcours des prélèvements est millimétré !"

10 h : Nisha, technicienne, entre dans la zone atmosphère contrôlée (ZAC), pour préparer la décongélation prévue pour l’après-midi. "La ZAC comprend des salles à pressions différentes pour éviter l’introduction, la production et la rétention des particules en particulier infectieuses à l’intérieur de la pièce. Tous les matins, je vérifie les paramètres de cette zone pour garantir l’absence de contamination des prélèvements mais aussi la sécurité de l’équipe". Avant d’y entrer, les techniciens s’habillent en « cosmonautes » :  ils ne gardent que leur sous-vêtement et y ajoute un pyjama, combinaison bleue intégrale, charlotte, masque, gants, et même chaussures spéciales. Dans la ZAC, tout est stérile et les techniciens travaillent sous des postes de sécurité microbiologique qui conservent la stérilité durant la manipulation. "Chaque protocole est réglementé par l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament qui vérifie les conditions sanitaires et expérimentales avant de nous donner le feu vert pour un projet", explique Ulrick qui se consacre ensuite à quelques tâches administratives.

"Je dois rester disponible, réactif au moindre aléa du laboratoire" 

D'Ulrick, ses collègues techniciens disent qu’il est "toujours calme, zen… il résout les problèmes sans jamais stresser !"

13 h 30 : C’est au tour de Christophe, technicien, d’entrer dans la ZAC. Ulrick prépare avec minutie le dossier composé d’éléments dont Christophe aura besoin au cours de la manipulation. Avant de congeler les cellules souches d’un patient, Christophe transmet un échantillon à la zone de contrôle qualité. Des résultats partiels, provenant  notamment  compteur de cellule permettent à Ulrick alors de calculer le nombre de poches à préparer pour la congélation. Il prépare également la machine cryogénique. "Contrairement à ce que l’on peut penser, le technicien de laboratoire n’utilise pas tant de machines , c’est un métier manuel qui nécessite d’être méticuleux. La ZAC est un endroit bruyant, aux pressions différentes, ce qui peut vite provoquer une fatigue du manipulateur. C’est mon rôle de m’assurer qu’ils opèrent dans des conditions idéales". Une fois les poches congelées à -115°C, deux techniciens vont les déposer dans une cuve de congélation à azote au deuxième sous-sol de l’Institut. Au même moment, les résultat définitifs du contrôle qualité tombent grâce à de la cytométrie en flux, indiquent à Ulrick le nombre précis de cellules souches présentes dans le prélèvement de cytaphérèse

14 h 30 : Nisha retourne dans la ZAC avec une poche remontée du -2. Il faut décongeler le prélèvement et laver les cellules pour les débarrasser du cryoprotecteur nécessaire à leur survie pendant la congélation. Le prélèvement pourra ensuite être apporté aux infirmières pour l’injection au patient.

17 h : Ulrick se rend dans la chambre d’un patient pour récupérer une poche de de prélèvement cellulaire. "Je ne côtoie pas souvent les patients, mais c’est vraiment pour eux que je travaille. Et quand certains se rappellent de moi, ça fait très plaisir." Il emballe soigneusement la poche et l’envoie à l’étranger, où les lymphocytes T pourront être modifiés en cellules CAR-T, médicament d’immunothérapie.

Les membres de l’équipe du laboratoire se doivent d’être polyvalents. "Nous n’avons ni aide de laboratoire, ni secrétaire. Nous devons donc nous entraider mutuellement pour ne laisser passer aucune erreur." Au laboratoire comme sur les terrains de volley-ball, qu’il pratique depuis une quinzaine d’années, Ulrick s’applique à entretenir un esprit d’équipe très fort, dans une ambiance dynamique et sans pression.

Avant de terminer sa journée, Ulrick établit le programme de demain… qui ne laissera aucune place à l'erreur.

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