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1er centre de lutte contre le cancer en Europe, 3 000 professionnels mobilisés

Le 16 septembre 2020

Des travaux montrent que le traitement par hormone de croissance chez les enfants guéris d’un cancer n’augmente pas le risque de survenue d’une seconde tumeur.

Des équipes de l’hôpital Bicêtre AP-HP, de l’Inserm, de Gustave Roussy et de l'Université Paris-Saclay ont étudié l’influence d’un traitement par hormone de croissance sur le risque de survenue d’une seconde tumeur chez 2 852 adultes guéris d’un cancer dans l’enfance.
Les données confirment que le traitement par hormone de croissance chez ces enfants présentant un déficit en hormone de croissance n’augmente pas le risque de survenue d’un second cancer.
Cette étude apporte donc des données rassurantes sur le devenir à long terme de ces enfants guéris d’un cancer et traités par hormone de croissance pour leur permettre d’atteindre une taille adulte normale.
Les résultats de cette étude ont été publiés dans la revue European Journal of Endocrinology en septembre 2020.

 
Le déficit en hormone de croissance est une complication habituelle de la radiothérapie cérébrale. Les enfants traités par radiothérapie ont besoin d’un traitement par hormone de croissance pour atteindre une taille adulte normale, mais des craintes avaient été rapportées sur une éventuelle augmentation du risque d’apparition d’une autre tumeur à l’âge adulte causée par ce traitement par hormone de croissance.
 
Des chercheurs de l'unité 1018 du "Centre de recherche en Epidémiologie et Santé des Populations (CESP)" (Inserm/Université Paris-Saclay/Gustave Roussy) et de l’hôpital Bicêtre AP-HP, ont analysé les données d'une cohorte française, Euro2k, qui réunit 2 852 survivants d'un cancer pédiatrique diagnostiqué avant l'âge de 18 ans avant 1986. Parmi eux, 196 avaient été traités dans l’enfance par hormone de croissance.
 
L'équipe de recherche a étudié l’influence du traitement par hormone de croissance sur la survenue des secondes tumeurs avec un recul de 26 ans en tenant compte des doses de radiation reçues par l’ensemble des organes du corps. Celles-ci ont été obtenues grâce à une reconstitution de la radiothérapie reçue pour chaque enfant.  
 
Dans cette cohorte, 374 survivants ont développé une seconde tumeur, dont 40 ayant reçu un traitement par hormone de croissance dans l’enfance. L’analyse des données montre que le traitement par hormone de croissance n’est pas associé à un risque accru de secondes tumeurs. Néanmoins, ces chercheurs ont trouvé chez les survivants ayant reçu un traitement par hormone de croissance pendant plus de 4 ans, une légère augmentation du risque (x2) de méningiome, une tumeur bénigne des méninges favorisée par des fortes doses de radiothérapie.  Ce léger excès de risque de méningiome chez les survivants ayant reçu plus de 4 ans de traitement par hormone de croissance n’est cependant pas significatif et il n’y a pas d’évidence que ce soit le traitement par hormone de croissance qui en soit responsable.
 
"Cette étude apporte des informations sur le devenir à long terme des enfants que nous traitons par hormone de croissance pour un déficit en hormone de croissance secondaire au traitement de leur cancer. Ces nouvelles données nous permettent d’aborder sereinement le traitement par hormone de croissance chez ces enfants guéris d’un cancer, lorsqu’il est nécessaire et de rassurer les familles concernant l’absence d’augmentation du risque de secondes tumeurs lors de ce traitement." conclut le Dr Cécile Thomas-Teinturier, pédiatre-endocrinologue à l’hôpital Bicêtre AP-HP et premier auteur de l’étude.

 Source :

Influence of growth hormone therapy on the occurrence of second neoplasms in survivors of childhood cancer.
Cécile Thomas-Teinturier, Isabelle Oliver-Petit, Helene Pacquement, Brice Fresneau, Rodrigue Sétchéou Allodji, Cristina Veres, Stephanie Bolle, Delphine Berchery, Charlotte Demoor-Goldschmidt, Nadia Haddy, Ibrahima Diallo, Florent de Vathaire.
 
European Journal of Endocrinology 2020
https://doi.org/10.1530/EJE-20-0369

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