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Villejuif, 19 Janvier 2021

Un nouveau pas franchi vers une future indication de l’immunothérapie pour certaines patientes atteintes d’un cancer du sein triple négatif métastatique

L’étude SAFIR 02 Breast-Immuno publiée récemment dans la prestigieuse revue Nature Medicine démontre que certaines patientes atteintes d’un cancer du sein triple négatif (CSTN métastatique) pourraient bénéficier de l’immunothérapie anti-PDL1. C’est la première fois qu’une immunothérapie administrée en monothérapie démontre son efficacité chez ces patientes indépendamment de la présence du récepteur PD-L1 sur les cellules cancéreuses. Les résultats laissent également entrevoir des pistes prometteuses pour disposer d’un nouveau test qui permettrait d’identifier les patientes répondant le mieux à ce potentiel nouveau traitement.

L’hétérogénéité des cancers du sein reste un défi entier pour les chercheurs.

Chaque année, environ 500 000 patientes décèdent de cancer du sein dans le monde. Lorsqu’un cancer du sein est diagnostiqué au stade de métastases, les survies à 5 ans sont d’environ 20 %, contre 90 % au stade localisé. La nature des cancers diagnostiqués est aussi un déterminant important du pronostic. Les cancers dits «triple négatifs» sont souvent plus agressifs et les options thérapeutiques disponibles aujourd’hui contre ces cancers ne sont pas suffisamment efficaces. L’étude SAFIR 02 Immuno avait pour objectif d’évaluer l’efficacité d’une immunothérapie par anticorps anti-PDL1 (le durvalumab) après 6 à 8 cycles de chimiothérapie chez les patientes présentant un cancer du sein métastatique.

L’efficacité de l’immunothérapie en monothérapie suggérée pour la première fois sur toutes les patientes présentant un CSTN

Une analyse en sous-groupes met en évidence une survie globale médiane de 21 mois sous immunothérapie (durvalumab) en monothérapie, contre 14 mois sous chimiothérapie de maintenance chez les femmes atteintes d’un CSTN métastatique. Cette augmentation de la survie globale médiane de 7 mois est observée sans distinction du niveau d’expression de PD-L1 à la surface des cellules tumorales.

L’immunothérapie est à présent une alternative de traitement reconnue et efficace dans un certain nombre de cancers, mais, dans le cancer du sein, des avancées restent à faire pour voir émerger une indication.

« Cette étude est une avancée majeure et confirme les bénéfices de notre approche singulière et segmentée des patientes avec un CTSN qui pourraient bénéficier à l’avenir d’un nouveau standard de traitement », se félicite le Pr Fabrice André, investigateur principal de l’étude, directeur de la recherche de Gustave Roussy, Villejuif.

« Les résultats de l’essai SAFIR02 ouvrent enfin des perspectives encourageantes pour certaines patientes », commente Nancy Abou-Zeid, directrice scientifique de la Fondation ARC.

Une piste intéressante au sujet d’un nouveau potentiel biomarqueur.

Cette étude a permis d’explorer de potentiels biomarqueurs prédictifs afin d’identifier à l’avance les patientes qui pourraient bénéficier d’un traitement de maintenance par durvalumab. Les auteurs suggèrent que le gène codant pour la protéine CD274 pourrait être le « meilleur candidat » dans ce cadre.

« Ce résultat préliminaire reste toutefois à interpréter avec précaution et à valider dans de nouvelles études à mettre en place », précise le Pr André.

À propos de l’étude SAFIR 02 Breast

L’étude SAFIR 02 Breast est une étude randomisée, comparative, de phase II.

Cette étude, promue par Unicancer et réalisée avec le soutien de la Fondation ARC pour la recherche sur le cancer et du laboratoire AstraZeneca, vise à démontrer que l’approche personnalisée, consistant à mettre en place un traitement adapté au profil moléculaire de la tumeur, apporte un bénéfice clinique à la patiente en retardant l’évolution de la maladie, ceci en comparaison à une chimiothérapie standard. Cependant, toutes les patientes de l’étude ne pouvant pas bénéficier d’un tel guidage thérapeutique, une extension du projet a vu le jour, l’étude SAFIR 02 Breast-Immuno, afin d’évaluer l’intérêt pour les patientes d’un traitement par immunothérapie, le durvalumab, un anticorps ciblant la protéine PD-L1.

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