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GUSTAVE ROUSSY
1er centre de lutte contre le cancer en Europe, 3 000 professionnels mobilisés

20/01/2021

Vaccin Covid-19 : recommandations aux patients

Recommandations mises à jour le 20 janvier 2021

Plusieurs compagnies pharmaceutiques ont accompli la prouesse de développer un vaccin contre la Covid-19. A ce jour, un seul est pour l’instant largement distribué en France, celui de Pfizer-BioNTech, mais son équivalent, celui de Moderna, va être très rapidement déployé sur l’ensemble du territoire national français.

Gustave Roussy recommande à ses patients de se faire vacciner.

Nous vous invitons à lire avec attention nos recommandations ci-dessous et à prendre rendez-vous dans un centre de vaccination proche de chez vous, selon la chronologie permise par les pouvoirs publics :

  • Soit en ligne sur des platesformes telles que DOCTOLIB, Keldoc ou Maiia
  • Soit par téléphone au 0 800 009 110

La liste des centres est également disponible sur www.sante.fr

Qui est prioritaire ?

Depuis le 18 janvier 2021, la vaccination est notamment accessible en priorité aux "patients atteints de cancers et de maladies hématologiques malignes en cours de traitement par chimiothérapie", jugés à très haut risque de développer une forme grave de Covid-19 (voir les critères de priorité annoncés par le gouvernement au 14 janvier).

Ces patients prioritaires devront avoir une prescription médicale de leur médecin traitant pour bénéficier de la vaccination sans critère d’âge.

Pour les personnes atteintes de cancer non éligibles aux critères de priorité, la vaccination reste vivement recommandée, selon la chronologie établie à l’échelle nationale. 

Pourquoi se faire vacciner quand on a un cancer ?

Comme pour l’ensemble de la population, la vaccination est le seul moyen, à ce jour, de stopper l’évolution du virus, de vous protéger et de protéger vos proches de l’infection.

Les patients souffrant d’une maladie cancéreuse font partie des groupes à risque de développer des complications sévères au Covid-19, notamment en cas de tumeurs malignes bronchiques, métastatiques ou hématologiques.

Par ailleurs, une infection au Covid-19 risque d’entrainer un retard dans les traitements réalisés avec une perte de chance sur l’efficacité attendue.

Qui peut se faire vacciner contre la Covid-19 ?

Tout patient souffrant ou ayant contracté une maladie cancéreuse, sera éligible (en fonction de la chronologie imposée par les pouvoirs publics) à une vaccination anti-Covid-19.

Certaines contre-indications sont reconnues et développées dans un paragraphe spécifique de ce document.

Des précautions d’administration sont toutefois nécessaires en fonction du moment de votre traitement ou encore du traitement en particulier.

Quand se faire vacciner ?

Dans l’idéal, avant de débuter un traitement anticancéreux.

En cas de traitement systémique (chimiothérapie, immunothérapie, thérapie ciblée) :

Si le traitement a déjà été démarré, il convient d’éviter de réaliser une administration du vaccin le jour de l’administration du traitement anti-cancéreux, au risque de réduire l’efficacité du vaccin. Il est donc conseiller de le réaliser en « intercure » (entre deux injections) en cas de traitement systémique.

En cas de traitement par des médicaments agissant sur les cellules B (anti-CD19, anti-CD20, CAR-T cells) :

L’administration du vaccin se fera plutôt soit avant le démarrage soit 6 mois après la fin des traitements, en raison d’une sous-efficacité potentielle du vaccin.

En cas de radiothérapie :

Aucune donnée n’est à ce jour disponible, mais aucun élément ne semble empêcher l’administration du vaccin, en respectant l’administration à distance (en intercure) en cas d’administration d’un traitement de type chimiothérapie ou immunothérapie associé à la radiothérapie.

En cas de chirurgie :

Il sera proposé de réaliser l’injection à distance du geste, en fonction de l’évolution post opératoire.

En cas de greffe de cellules souches :

Il est recommandé de réaliser la vaccination 6 mois après la greffe.

En cas de complications :

Dans le cas d’une complication infectieuse, d’un état général altéré, d’une hospitalisation dans un contexte de complication aigue, il est recommandé de reporter l’administration du vaccin à la résolution des complications.

En cas d'hormonothérapie :

Rien ne semble empêcher l'administration du vaccin. 

En cas de rémission du cancer :

Il n’existe aucune limitation à la réalisation du vaccin.

Nos équipes sont à votre écoute en cas de doute.

Combien de temps le vaccin protège-t-il ?

Les données actuelles montrent une protection d’au moins 4 mois. L’évolution des données permettra d’affiner cette information.

Dans tous les cas, la poursuite des mesures de protection (port du masque sur le nez et la bouche, lavage régulier des mains au soluté hydro-alcoolique, respect des distances et mesures d’hygiène habituelles) doit être maintenue jusqu’à la sortie de l’épidémie.

La protection est effective 7 jours après l’administration du vaccin.

Y a-t-il des contre-indications à la vaccination ?

Certaines situations imposent une vigilance plus particulière amenant à éviter de vacciner dans l’état actuel des connaissances :

  • Une allergie connue sévère
  • Une infection à Covid-19 dans les 3 derniers mois.
  • Une autre vaccination dans les 14 derniers jours.
  • Une infection en cours ou de la fièvre (T°c > 38°c dans les 48 dernières heures).
  • Grossesse ou allaitement en cours

Quelles sont les limitations liées aux allergies ?

Vaccin Covid-19   limitations

Dans le contexte plus spécifique d’une maladie cancéreuse :

  • Une hémopathie maligne type leucémie aigue en cours de traitement
  • Une allogreffe de cellules souches hématopoïétiques dans les 6 derniers mois
  • En cas de traitement par des médicaments agissant sur les cellules B (anti-CD19, anti CD20, CAR-T cells), l’administration du vaccin se fera plutôt soit avant le démarrage soit 6 mois après la fin des traitements.

Y a-t-il des effets indésirables ?

Comme avec tous les vaccins, il peut y avoir des effets indésirables après l’injection.

Les réactions les plus fréquentes sont des réactions locales avec lourdeur du bras du côté injecté. Moins fréquemment on retrouve de la fatigue, des maux de tête, des douleurs musculaires ou articulaires, quelques frissons et un peu de fièvre. Ces troubles disparaissent rapidement.

D’autres effets plus rares comme l’apparition de ganglions (lymphadénopathie), insomnies, ou des malaises ont pu être rapportés.

Enfin des réactions très rares de paralysie faciale et de réactions allergiques sévères ont été rapportées.

La paralysie de Bell est la plus fréquente des paralysies faciales. De survenue brutale, elle est extrêmement rare et bénigne. La plupart du temps, elle disparaît très rapidement avec des anti-inflammatoires. Selon l'avis émis le 21 décembre 2020 par l'EMA, 4 cas de paralysie faciale sur un total de 22 000 personnes vaccinées dans le monde ont été signalés. En revanche, il n'existe pas, pour l'heure, de base claire permettant de conclure à une relation causale. La fréquence observée de la paralysie de Bell dans le groupe vacciné est similaire à celle constatée dans la population générale.

A ce jour sur Gustave Roussy, aucune réaction sévère n’a été enregistrée. Seules des lourdeurs du bras, côté vaccination, ont été rapportées.

La liste des effets indésirables et leur fréquence est rapportée dans le tableau joint.

effets indésirables

Comment se passe l’injection du vaccin ?

Le choix du vaccin administré (Pfizer ou Moderna) appartient au centre de vaccination, de manière à ce que les deux doses injectées soient toujours de la même nature.

Votre médecin généraliste ou votre oncologue peuvent répondre à vos questions.

L’administration se fait dans l’épaule au niveau du muscle deltoïde, de préférence du côté non dominant. Le produit n’étant pas visqueux, l’injection est quasiment indolore en dehors de la sensation de piqûre.

Il est recommandé de rester 15 minutes au calme après la vaccination pour s’assurer de l’absence de réaction avant de reprendre les activités habituelles.

Nos équipes restent bien évidemment à votre écoute si vous aviez des questions spécifiques en lien avec votre maladie ou traitement.

Comment fonctionne le vaccin ?

En savoir plus 

Comment fonctionne le vaccin ?

Comment fonctionne le vaccin ?

Les vaccins disponibles 

Deux vaccins sont disponibles contre la Covid-19 : ceux à ARN messager, Pfizer-BioNTech et Moderna. Celui d'Astrazeneca pourrait être autorisé par l'Europe avant la fin du mois de janvier.

Les laboratoires Pfizer/BioNTech sont les grands vainqueurs de la course au vaccin contre la Covid-19. "Comirnaty", le vaccin qu'ils ont mis au point, est le tout premier à avoir obtenu une autorisation de mise sur le marché conditionnelle en Europe.

Les différences entre les vaccins

  • Le mode d'action : les vaccins de Pfizer/BioNTech et de Moderna (mRNA-1273) utilisent la même technologie dite à ARNm. Le vaccin AstraZeneca (AZD1222) emploie quant à lui un vecteur adénoviral. Il utilise un autre virus (un adénovirus de chimpanzé) recombiné pour exprimer la protéine Spike du Sars-CoV-2.
  • L'efficacité : Pfizer/BioNTech revendique une performance de 95% alors que Moderna garantit 94,1%. La performance de celui d'AstraZeneca est estimée en moyenne à 70,4%.
  • Le mode de conservation : COMIRNATY® nécessite une conservation à -70°C (plus ou moins 10 degrés) pendant le transport tandis que celui de Moderna peut être conservé "pendant 6 mois à - 20°C, y compris jusqu'à 30 jours dans des conditions normales de réfrigération (soit de 2 à 8°C) après décongélation" indiquait le laboratoire dans un communiqué de novembre 2020. Celui d'AstraZeneca  peut être conservé, transporté et manipulé dans des conditions réfrigérées classiques (entre 2 et 8 °C) pendant au moins six mois.
  • La composition : le vaccin du laboratoire Moderna est plus concentré puisqu'il renferme 100 µg d'ARNm dans 0,5 ml de solution saline contre 30 µg dans 0,3 ml de solution saline pour celui de Pfizer. 
  • L'intervalle entre les deux injections : 21 jours pour Pfizer/BioNTech contre 28 jours d'écart pour Moderna et AstraZeneca.