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94805 Villejuif Cedex - France

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GUSTAVE ROUSSY
1er centre de lutte contre le cancer en Europe, 3 000 professionnels mobilisés

11/05/2017

Cancers ORL : retrouver une voix, un visage, une vie

Centre de référence national pour les cancers ORL rares, Gustave Roussy a acquis une expertise de premier plan sur ces pathologies variées, graves et complexes. Son département ORL prend en charge environ 1 200 nouveaux patients par an.

En France, les cancers ORL se placent en 5e position des cancers les plus fréquents. Ils nécessitent souvent des traitements lourds, qui mettent en jeu des fonctions essentielles comme la déglutition ou la parole et impactent fortement la vie sociale des patients. À l'origine de ces cancers, on retrouve le plus souvent deux facteurs de risque majeurs : une consommation excessive d'alcool et le tabagisme… et pire encore, l'effet synergique de ces deux cancérogènes. Depuis une vingtaine d'années, on voit aussi de plus en plus de cancers chez des personnes qui ne boivent pas et ne fument pas, des cancers de l'oropharynx, la partie haute des voies aérodigestives, liés au papillomavirus humain (HPV), également connu pour être à l'origine de cancers du col de l'utérus.

Une expertise reconnue

90% des cancers ORL sont des carcinomes épidermoïdes, les 10% restants se répartissant en une variété de cancers rares. "Prendre en charge un grand nombre de patients permet à Gustave Roussy de voir régulièrement des cas atypiques et de savoir comment les traiter", explique le Dr Ingrid Breuskin, responsable du comité de pathologie cervico-faciale de l'Institut. Gustave Roussy est d'ailleurs centre de référence du Réseau d'Expertise Français sur les Cancers ORL Rares (REFCOR).

Les experts de l'Institut sont ainsi amenés à étudier les dossiers, voire à prendre en charge des patients de toute la métropole, d'Outre-Mer ou de l'étranger. "Nous sommes aussi parmi les rares centres à avoir à notre disposition toutes les spécialités de la cancérologie : l'oncologie médicale, la radiothérapie et la chirurgie ORL. C'est une vraie force de notre comité", ajoute le Dr Breuskin. Grâce à cette expertise, pour la 10e année consécutive, Gustave Roussy occupe la première place du classement des hôpitaux et des cliniques du magazine Le Point pour la spécialité Cancers ORL.

La chirurgie mini-invasive, au service du patient

Depuis 2013, Gustave Roussy s'est aussi fait une spécialité des chirurgies de la base du crâne par voie endonasale, une intervention que très peu de centres en France pratiquent. Les tumeurs situées à la frontière entre le cerveau et les sinus représentent 3% des cancers ORL. Auparavant, pour les opérer, il était nécessaire d'ouvrir le visage, avec les séquelles esthétiques qu'on imagine et les risques d'infection.

Aujourd'hui, l'endoscopie permet d'introduire les instruments par le nez et la neuronavigation et les caméras et écrans haute définition d'intervenir avec précision en réduisant ces risques. "Cette nouvelle technique nous a amenés à revoir la chaîne de prise en charge : ces patients, qui ne présentent aucun signe extérieur de leur opération, ont en fait subi une chirurgie lourde et nécessitent des mesures particulières en soins intensifs et en réanimation", détaille le Dr Antoine Moya-Plana de Gustave Roussy.

"Il faut veiller à ne pas altérer les structures sensibles : cerveau, œil, nerf optique lors de l'opération. C'est pourquoi j'ai formé un binôme avec le Pr Damien Bresson, neurochirurgien. À force de travailler toujours ensemble, nous coordonnons parfaitement nos gestes et pouvons intervenir à quatre mains sur le patient." Prochainement, l'utilisation du robot Da Vinci Xi multipliera encore les possibilités d'interventions. Le Dr Philippe Gorphe, spécialiste de ce robot, va mener quant à lui un essai clinique sur l'utilité de la fluorescence au bloc opératoire afin de mieux repérer les contours de la tumeur et réaliser des chirurgies plus précises.

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Progrès thérapeutique et immunothérapie

En matière de traitements médicamenteux, les cancers ORL n'avaient pas connu de progrès majeurs depuis 2008 avec l'introduction du cetuximab en combinaison avec la chimiothérapie. Mais depuis quelques années, la recherche clinique s'est tournée vers l'immunothérapie, qui a récement montré sa supériorité par rapport à la chimiothérapie. Des essais de combinaisons d'immunothérapie, parfois avec la chimiothérapie, sont en cours à l'Institut. "Gustave Roussy est aussi spécialiste d'un grand concept d'essai, les "windows of opportunity" : lorsqu'on dispose d'un délai suffisant avant une chirurgie, on peut proposer aux patients des molécules nouvelles dont on peut attendre des signaux de réponse positifs tout en maîtrisant la tolérance – évitant tout effet secondaire qui retarderait l'opération," explique le Dr Caroline Even, oncologue médicale.

En tant que centre référent pour le réseau REFCOR, et grâce à son département d'innovation thérapeutique et essais précoces (DITEP), Gustave Roussy peut aussi proposer à ces patients atteints de cancers rares, comme ceux des glandes salivaires, l'accès à des traitements ciblés.

Anatomopathologiste, un métier peu connu

Pour un traitement optimal, il faut évidemment une connaissance aussi fine que possible de la tumeur de chaque patient. C'est pourquoi l'anatomopathologie tient une place importante à toutes les étapes de la prise en charge : diagnostic à partir des échantillons prélevés par biopsie, analyse de la pièce chirurgicale retirée, après l'intervention et parfois en extemporané, et suivi en cas de récidive ou d'apparition de métastases.

Le Dr Odile Casiraghi, est l'anatomopathologiste référente pour les cancers ORL à Gustave Roussy. "Nous sommes mal connus du public, travaillons souvent seuls face à notre microscope, mais nous avons besoin de discuter avec d'autres pour étudier des cas complexes. Je fais partie de plusieurs groupes d'experts en ORL avec qui nous échangeons régulièrement. Nous disposons pour cela de microscopes permettant à 12 médecins d'examiner simultanément un échantillon, ainsi que du réseau REFCOR." À Gustave Roussy, toutes les données des patients sont informatisées, ce qui facilite le travail de synthèse pour aboutir à un diagnostic précis (antécédents, examens cliniques et d’imagerie, analyses biologiques, …).

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